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Twitter suspend des comptes affiliés au Hezbollah

Nohad Topalian à Beyrouth

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Cette photo prise le 25 août montre les dégâts dans un centre des médias du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, après que deux drones se sont écrasés à proximité de son bâtiment plus tôt dans la journée, avec des photos de l'ancien et actuel chef suprême iranien, Rouhollah Khomeini et Ali Khamenei, près d'un terminal informatique. [Anwar Amro/AFP]

La suspension par Twitter de comptes affiliés à Al-Manar TV, une chaîne dirigée par le Hezbollah, a pour but de priver la milice libanaise et ses soutiens iraniens d'une plateforme de diffusion de la propagande et d'incitation à la violence, ont indiqué des observateurs.

Al-Manar TV a annoncé le 2 novembre que la plupart de ses comptes Twitter avaient été suspendus, affirmant que le réseau social avait cédé à des « pressions politiques ».

« Twitter a suspendu la plupart des pages d'Al-Manar sur sa plateforme sans avertissement préalable », a écrit la chaîne sur son site internet.

Cette suspension « a concerné des comptes d'actualités et de logiciels », a fait savoir Al-Manar, ajoutant que ses comptes « ont plus d'un million de followers ».

La suspension a touché le compte principal de la chaîne en arabe, ainsi que ceux en français, anglais et espagnol, mais les comptes Twitter de certaines émissions de télévision semblent toujours fonctionner, a rapporté l'AFP.

« La politique de Twitter est de supprimer ou de clôturer tous les comptes qu'il identifie comme appartenant à, étant exploités par ou étant affiliés directement à une organisation terroriste étrangère désignée », a déclaré dans un communiqué le 1er novembre Carlos Monje Jr, directeur des politiques publiques et de la philanthropie de Twitter pour les États-Unis et le Canada.

Ainsi, tous les comptes affiliés au Hezbollah, que le Département d'État américain a désigné comme organisation terroriste en 1995, « seront clôturés », a-t-il indiqué.

« Une mesure à fort impact »

Al-Manar TV, qui diffuse depuis Beyrouth, a été lancée en 1991 avec l'aide de fonds iraniens. Le gouvernement américain a classé Al-Manar TV comme une entité « terroriste mondiale spécialement désignée » en 2006. La chaîne est interdite dans plusieurs pays.

Cette chaîne satellite et ses comptes sur les réseaux sociaux servent de principale plateforme médiatique au Hezbollah.

La suspension par Twitter des comptes liés au Hezbollah « est une mesure à fort impact », a déclaré Hassan Qutb, directeur du Centre libanais de recherche et de conseil.

« Cela empêche le parti d'utiliser les réseaux sociaux pour faire l'apologie de son projet, diffuser ses idées et répandre des rumeurs », a-t-il continué.

Beaucoup d'émissions d'Al-Manar TV montrent des scènes de combat des conflits dans lesquels le Hezbollah est impliqué et glorifient les combattants tués de la milice comme des martyrs, a-t-il expliqué.

L'objectif du Hezbollah est « de donner aux jeunes générations le désir de s'impliquer, d'être honorées et glorifiées au cas où elles seraient tuées sur le champ de bataille », a indiqué Qutb.

Le Hezbollah « utilise ses médias pour promouvoir le projet iranien dans la région sur les plans religieux, culturel, politique et sécuritaire, car il fait partie de ce projet », a-t-il ajouté.

L'apologie de la doctrine de Wilayat al-Faqih (Tutelle du Juriste), qui appelle à l'allégeance au guide suprême iranien Ali Khamenei, « est un objectif fondamental des médias du Hezbollah sur toutes ses plateformes », a-t-il déclaré.

« Semer la confusion et la peur »

Al-Manar TV et ses comptes de réseaux sociaux diffusent un nombre sans fin d'émissions qui soulignent le rôle de l'Iran dans la région, a rapporté Qutb.

Les réseaux sociaux peuvent être un outil efficace pour encourager le dialogue et créer des liens, mais ils peuvent aussi jouer un rôle dangereux pour alimenter la haine, a-t-il noté.

Dans ce cas, cela signifie promouvoir des projets soutenus par l'Iran et répandre des rumeurs sans fondement pour aggraver les divisions entre les différents groupes sociaux, religieux et politiques, a-t-il déclaré.

Al-Manar TV « diffuse de fausses informations pour semer la confusion, la peur et l'anxiété chez les Libanais, et susciter la sédition et la confrontation », a-t-il poursuivi.

« Le Hezbollah, et le régime iranien en particulier, attachent une grande importance aux médias », a expliqué l'écrivain politique Asaad Bishara à Al-Mashareq.

L'Iran a alloué des sommes énormes à la création de chaînes satellitaires qui diffusent en arabe et sont destinées au public en Irak, dans la péninsule arabique et au Yémen, a-t-il indiqué.

Al-Manar, l'organe de presse officiel du Hezbollah, est l'endroit où toutes les directives de la milice et toute la propagande iranienne pour la région sont produites et diffusées, a-t-il déclaré.

La décision de Twitter converge avec la décision américaine de bloquer le Hezbollah, car elle coupe les branches médiatiques de la milice, a-t-il indiqué, ajoutant que la suspension des comptes des réseaux sociaux de la milice « frappe le cœur du Hezbollah ».

« Une couverture pour la propagande iranienne »

Le bastion du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth est devenu une base pour de nombreuses chaînes satellitaires qui diffusent au Yémen et dans la péninsule arabique, a fait savoir Bishara.

Les programmes qui y sont produits servent à saper la stabilité et à inciter à la rébellion contre les autorités de ces pays, a-t-il précisé.

Al-Manar et d'autres médias affiliés au Hezbollah et à l'Iran sont « des institutions politiques qui promeuvent une ligne politique et cachent de nombreuses choses », a déclaré Diana Moukalled, journaliste à Beyrouth.

« Les médias du Hezbollah et ceux qui lui sont fidèles jouent un rôle dans l'occultation des faits liés au rôle du Hezbollah en Syrie et au Liban, dans la promotion du programme de l'Iran et dans la dissimulation de ses actions », a-t-elle affirmé à Al-Mashareq.

Al-Manar TV et ses comptes de réseaux sociaux « servent de porte-parole pour le parti et le projet iranien », a-t-elle déclaré, concluant qu'il s'agit « fondamentalement d' une couverture pour la propagande iranienne ».

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Le problème avec Twitter et Facebook est qu’ils appartiennent au renseignement américain. Ils affirment qu’ils suppriment les images et les messages qui incitent à la violence et à la haine, mais ce n’est pas vrai. Ils ne font que promouvoir le sionisme et toute institution médiatique qui s’opposera à cette politique sera considérée comme terroriste et tous ses messages seront supprimés. Quant à vous en tant que site d’information, nous savons qui vous soutient et quelle logique vous adoptez. Quoi qu'il en soit, tout est clair et les gens peuvent voir.

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