Politique

Le Hezbollah ressent la pression des sanctions, indiquent des analystes

Nohad Topalian à Beyrouth

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Des partisans du Hezbollah regardent Hassan Nasrallah prononcer un discours sur un grand écran lors des célébrations marquant le 40e anniversaire de la révolution iranienne, le 6 février dans les quartiers sud de Beyrouth. [Anwar Amro/AFP]

Dans un récent discours, le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a reconnu les difficultés financières de son parti causées par les sanctions des États-Unis et des pays du Golfe et le fait que son parti a été désigné comme groupe terroriste, ont rapporté des politiciens et des analystes.

Dans son discours du 8 mars, le leader du Hezbollah a également anticipé que, suite à la décision de la Grande-Bretagne d'interdire le groupe, d'autres sanctions et mesures punitives seront prises contre le parti et ses alliés.

Le discours de Nasrallah « est un aveu clair que les sanctions américaines ont réussi à faire pression sur le parti et tous ceux dans son orbite », a déclaré le député libanais Wehbe Qatisha, du mouvement République forte.

« Le Hezbollah sait que les sanctions américaines lui imposent un blocus qui a commencé à avoir un effet sur [le parti] et sa direction, et que les conséquences des sanctions imposées à l'Iran le touchent de plusieurs façons », a-t-il indiqué.

Nasrallah s'attend à d'autres sanctions financières pour le Hezbollah, a poursuivi Qatisha, et prévoit que le parti sera ajouté aux listes de terroristes d'autres pays, ce qui limiterait sa taille et son influence.

Le leader du Hezbollah « sait très bien que l'argent est un élément essentiel pour son rôle militaire et politique, et que le fait d'assécher ses sources financières diminuera son rôle et ses actions au Liban et dans la région », a-t-il déclaré.

Le Hezbollah en difficulté financière

« Nasrallah a parlé à plusieurs reprises par le passé des sanctions financières et des mesures prises contre son parti et les individus dans son orbite », a fait savoir à Al-Mashareq le militant politique Luqman Salim.

« Mais c'est la première fois qu'il parle ouvertement de difficulté financière », a-t-il indiqué.

« C'est un changement fondamental par rapport à l'accent d'habitude mis sur la victoire, et cette annonce a coïncidé avec un discours du président iranien Hassan Rohani, dans lequel il a parlé des jours difficiles qui attendent l'Iran », a rapporté Salim.

L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l'Iran, a lui aussi déclaré que les difficultés économiques des Iraniens sont le problème le plus important et le plus urgent du pays, dans un message diffusé le 21 mars par la télévision publique.

L'Iran a fait face à des difficultés économiques accrues au cours des douze derniers mois, et le renouvellement des sanctions américaines a ébranlé son économie.

« Ces derniers mois, la vie des gens est devenue plus difficile », a déclaré Khamenei.

Le fait que Nasrallah avoue qu'il est sous pression constitue une « défaite idéologique » pour la milice, a affirmé Salim.

Le Hezbollah « sait ce qui lui est reproché », a-t-il poursuivi, et il comprend qu'il est désormais surveillé par des pays qui jusqu'à présent fermaient les yeux sur ses activités.

Les sanctions imposées au Hezbollah « ont commencé à avoir un impact, selon les personnes impliquées », comme le prouvent les références répétées des responsables iraniens et les discours de Nasrallah, a déclaré le politologue Elias al-Zoghbi.

« Cet aveu confirme que l'Iran est confronté à une crise économique et financière qui touchera sans aucun doute son influence politique et de sécurité », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Les sanctions affaiblissent l'influence du Hezbollah et de l'Iran

Les sanctions récentes contre le Hezbollah et l'Iran affaibliront l'influence de l'Iran en Syrie, au Liban, au Yémen et en Irak, a indiqué al-Zoghbi, ajoutant cependant que « l'aveu de Nasrallah a une autre facette ».

Nasrallah utilise l'impact négatif que les sanctions ont sur le Hezbollah pour faire pression sur les affiliés importants d'autres régions afin qu'ils augmentent leurs contributions financières, a fait savoir al-Zoghbi.

Ce message est principalement destiné aux affilés du Hezbollah en Afrique et en Amérique du Sud, a-t-il expliqué, ajoutant que l'appel de Nasrallah au « djihad monétaire » est « de l'extorsion flagrante » et a pour but de renforcer sa position financière face aux sanctions.

Les dons faits aux Hezbollah qui ne transitent pas par des agences étatiques et des systèmes financiers mondiaux « constitueraient de la contrebande et du blanchiment d'argent », a-t-il prévenu.

Pour surveiller et bloquer ces activités, a ajouté al-Zoghbi, le Liban doit être soumis à un contrôle international plus rigoureux.

« Nasrallah comprend à quel point sa situation est devenue difficile, et que beaucoup de pays, dont d'autres États arabes, vont désigner les branches militaire et politique de son parti comme groupes terroristes », a-t-il conclu.

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4 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire

"Ils planifient et Allah planifie. Et Allah est le meilleur des planificateurs. "Vous ne profiterez pas de votre vie, lâches, en serrant le nœud coulant sur plus de la moitié de la population du pays. Votre malice vous retournera au cou, et cela se produira très bientôt.

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[Illisible] pour que vous et les autres commenciez à réfléchir et à analyser si le Hezbollah ressent les sanctions ou non. Vous devez vous soucier de votre femme et de vos enfants et laisser le Hezbollah tranquille. Pourquoi le parti n’a-t-il jamais demandé l’aide de l’Amérique, de l’Arabie saoudite, du Qatar, de la Grande-Bretagne ou d’Israël?! Soulagez-vous et prenez soin de vos affaires. Si vous vous en souvenez, lors de la guerre de juillet, le Hezbollah était assiégé par le monde entier et n’était affecté ni par des sanctions ni par des pressions; il est plutôt sorti victorieux contre l’Amérique et ses alliés. Le fait que le parti soit maintenant plus fort que jamais exaspère Israël. Cependant, vous et les autres ne comprenez tout simplement pas.

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C'est une grosse farce mettant en vedette l'Amérique, l'Iran et le Hezbollah. Cela sera prouvé dans les prochains jours et vous connaîtrez l'objectif de l'imposition de sanctions.

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Les vainqueurs ont des rêves et les perdants ont des illusions.

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