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La pollution fluviale force les réfugiés syriens à déménager

Nohad Topalian à Beyrouth

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Les eaux usées des camps de réfugiés improvisés sur les rives du Qasimiyeh libanais ont entraîné la pollution des eaux. [Photo fournie par l'Autorité fluviale de la Litani]

Près de 2000 réfugiés syriens vivant dans des camps non officiels le long du fleuve Qasimiyeh dans le sud du Liban ont été contraints de trouver d'autres logements, car l'Autorité fluviale de la Litani a commencé à fermer leurs campements.

L'autorité a pris cette décision après que la pollution de l'eau a atteint un niveau record en raison de l'évacuation dans le fleuve des eaux usées non traitées provenant des camps improvisés.

Cette fermeture des camps de réfugiés syriens a commencé à la mi-février et est encore en cours le long du Qasimiyeh, qui forme la partie sud du fleuve Litani.

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Les réfugiés syriens sont contraints de déménager vers des camps improvisés le long du Qasimiyeh au Liban à cause la forte pollution de l'eau. [Photo fournie par l'Autorité fluviale de la Litani]

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Le drainage des eaux usées des camps de réfugiés non officiels le long du Qasimiyeh a causé une pollution élevée. [Photo fournie par l'Autorité fluviale de la Litani]

Sami Alawiyeh, président de l'Autorité fluviale de la Litani, a déclaré à Al-Mashareq que l'autorité avait pris cette décision « après avoir constaté que 26 000 latrines des camps de réfugiés syriens non officiels déversaient leurs eaux usées dans la rivière ».

L'évacuation des eaux usées a augmenté la pollution de la rivière, a-t-il rapporté, précisant que les villes et les villages le long de la rivière y déversent également leurs eaux usées.

Les réfugiés sont sans abri

L'évacuation des camps non officiels de Qasimiyeh, Sarafand et Saksakiyeh a laissé un grand nombre de réfugiés sans abri ; parmi eux, Qassem Mohammed Qassem et sa famille de huit personnes.

« Le camp près du Qasimiyeh, dans la région de Zahrani, a accueilli ma famille et mes jeunes enfants », a-t-il raconté à Al-Mashareq. « Nous y avons vécu pendant des années. »

« Mais à la mi-mars, nous avons perdu notre logement, et nous vivons en ce moment avec une autre famille dans une pièce dans le village », a-t-il rapporté.

« Nous avons quitté le camp lorsque l'Autorité fluviale de la Litani nous l'a demandé », a fait savoir Qassem. « Je sais que nous vivions à côté d'une eau polluée, mais nous ne sommes pas responsables de ce qui est arrivé. »

« Nous avons été obligés par les circonstances de notre déplacement de vivre dans un camp près du fleuve », a déclaré à Al-Mashareq la réfugiée Barea al-Khalil Ahmed. « Nous savions que nous vivions dans un environnement pollué. »

« Quand l'autorité a fermé notre camp, nous sommes restés pendant plusieurs jours sans abri, jusqu'à ce que mon mari loue une chambre dans laquelle nous nous sommes installés et que nous avons partagée avec une autre famille », a-t-elle indiqué.

Aider les réfugiés à déménager

« Près de 640 réfugiés syriens ont été chassés de camps et de campements non officiels proches de la Litani le 4 avril », a fait savoir Joy Yazbek, assistante principale à l'information du HCR.

Le HCR communique avec ces familles sur la durée pour évaluer leurs besoins, a-t-elle expliqué à Al-Mashareq.

L'agence « aide les réfugiés les plus vulnérables et ceux qui ont été touchés par les expulsions, pour les aider à trouver un autre logement », a-t-elle rapporté.

Pendant ce temps, les travailleurs humanitaires « font le nécessaire pour construire des réseaux d'égouts dans les camps non officiels et pour les relier aux stations d'épuration des eaux usées de la région où ils se trouvent », a-t-elle ajouté.

« Si un camp ne répond pas aux normes humanitaires de base, nous y intervenons en priorité et nous discutons avec les propriétaires terriens et les municipalités pour résoudre le problème », a fait savoir Yazbek.

Les agences comme le HCR « essaient toujours de se coordonner avec les autorités centrales et locales pour construire des installations d'assainissement de base afin de minimiser l'impact de ces camps sur l'environnement libanais », a-t-elle poursuivi.

Inondation d'eaux usées

« Quelque 4200 réfugiés syriens vivent dans des camps improvisés sur les rives du Qasimiyeh », a indiqué Alawiyeh. « Depuis que nous avons fermé les campements en mars, nous avons évacué 2000 réfugiés, un chiffre qui continue d'augmenter. »

D'après Alawiyeh, ces réfugiés travaillent dans le secteur agricole.

« Ils ont loué les terres aux propriétaires, y ont monté leurs tentes et ont canalisé leurs eaux usées jusqu'à la rivière », a-t-il raconté.

« L'autorité a prévenu les habitants du camp qu'ils devaient évacuer les campements, mais ils ne l'ont pas fait », a-t-il rapporté.

« Nous avons donc été contraints de les retirer des abords du canal d'irrigation du Qasimiyeh à Zahrani, de Sarafand et d'autres zones du sud du Liban, une fois que le fleuve a été inondé par des eaux usées », a-t-il ajouté.

La pollution de l'eau a nui aux résidents et aux projets d'irrigation, a-t-il affirmé, soulignant le fait que l'autorité « n'accuse pas les réfugiés pour cette pollution ».

Il revient à l'État et aux municipalités de gérer la situation, a-t-il déclaré.

« Le comité gouvernemental a soumis une recommandation demandant le déplacement des camps loin des rives de la Litani », a-t-il conclu, précisant que si cela avait été fait, « nous n'en serions pas arrivés là ».

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