Politique

Le nouveau commandant du CGRI va « défier la volonté internationale »

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Sur cette photo d'archive datée du 24 septembre 2018, le major général Hossein Salami, alors commandant adjoint du CGRI, assiste à des funérailles publiques. Salami a remplacé le major général Mohammad Ali Jafari, qui dirigeait le CGRI depuis 2007. [Atta Kenare/AFP]

La nomination du major général Hossein Salami au poste de commandant en chef du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) d'Iran représentera un sérieux défi à la volonté internationale, a déclaré un expert des affaires iraniennes à Al-Mashareq.

La promotion de ce vétéran intégriste de la guerre Iran-Irak à la tête du CGRI présage l'escalade de l'activité du CGRI en dehors de l'Iran, a-t-il affirmé.

Dimanche 21 avril, le leader suprême d'Iran, Ali Khamenei, a annoncé la nomination de Salami comme successeur du major général Mohammad Ali Jafari, qui était commandant en chef du CGRI depuis 2007.

Jafari dirigera désormais le Centre Baqiyatallah affilié au CGRI.

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Le major général Hossein Salami et le général de brigade Amir Ali Haji Zadah lors d'un exercice d'entraînement en Iran. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

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Des membres de la Brigade Baqir, affiliée au CGRI, en Syrie. Le nouveau commandant en chef du CGRI, le major général Hossein Salami, a joué un rôle majeur dans sa création. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

« La nomination du nouveau commandant en chef du CGRI représente un sérieux défi pour la volonté internationale et une escalade du côté iranien », a déclaré Fathi al-Sayed, chercheur au Centre Al-Sharq d'études régionales et stratégiques.

Cela indique que nous allons assister à une escalade dans les régions où les branches politiques et militaires du CGRI sont actives, a ajouté al-Sayed, spécialiste des questions iraniennes.

Salami, âgé de 58 ans, est l'un des commandants du CGRI les plus intégristes, et l'un des plus importants membres de la vieille garde, qui a combattu dans la guerre entre l'Iran et l'Irak, a-t-il précisé.

Figure essentielle dans la dissémination de l'idéologie du CGRI, il a endoctriné plusieurs générations d'officiers du CGRI en tant que directeur de l'École de commandement de l'armée (DAFUS), a poursuivi al-Sayed.

Certains des commandants les plus intégristes du CGRI sont issus de cette académie.

« Une déclaration de défi »

Salami a souvent fait des déclarations appelant à un plus grand contrôle du CGRI à l'étranger, et il a adopté une position dure contre les membres de la communauté internationale opposés au groupe, a fait savoir al-Sayed.

Après que les États-Unis eurent désigné le CGRI comme groupe terroriste, on s'attendait à ce que celui-ci renouvelle sa chaîne de commandement avec des officiers moins radicaux, a-t-il rapporté.

Mais la nomination de Salami représente une difficulté et une déclaration de défi, a-t-il ajouté, non seulement en Iran mais dans toutes les régions où le CGRI est influent, et surtout au Yémen, en Syrie et en Irak.

Le nouveau commandant en chef « est en parfait accord avec le major général Qassem Soleimani, commandant de la Force Qods du CGRI », a déclaré al-Sayed.

Ce changement de leadership résulte de la « nécessité de changement », d'après Khamenei, qui a déclaré que Jafari lui-même avait demandé ce changement, a rapporté l'AFP.

Créé peu après la révolution islamique de 1979, le CGRI compte environ 125 000 membres selon l'Institut international d'études stratégiques.

Le groupe reçoit ses ordres de Khamenei et dispose de ses propres forces terrestres, aériennes et maritimes qui travaillent en parallèle à l'armée régulière.

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