Sécurité

Le Liban se protège contre les attaques de « loups solitaires »

Par Junaïd Salman à Beyrouth

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L'armée libanaise montre une cache d'armes saisie pendant un raid dans Tripoli. [Photo fournie par la Direction du conseil de l'armée libanaise]

Les forces libanaises travaillent à protéger le pays contre les attaques de « loups solitaires » en créant des partenariats militaires, civils et internationaux pour les appréhender avant qu'ils ne puissent passer à l'attaque, indiquent des responsables militaires à Al-Mashareq.

« Le terrorisme est devenu la menace principale contre les peuples du monde », a affirmé Jean Kahwaji, commandant de l'armée libanaise devant une délégation d'attachés militaires internationaux le 18 janvier.

Les attaques menées par des « loups solitaires » sont particulièrement inquiétantes, a-t-il déclaré, car il est « difficile pour les agences de renseignements de les découvrir lors des phases de planification, quel que soit leur niveau de connaissances ou leurs compétences en sécurité ».

Les pays du monde doivent travailler ensemble pour combattre les attaques individuelles, a-t-il avancé.

Cela peut être fait en intensifiant les efforts visant à détruire les structures organisationnelles centrales des groupes terroristes, a-t-il précisé, et en combattant leur idéologie avec un discours opposé formulé par des figures importantes de la religion, de la culture et des médias.

La force militaire n'est pas suffisante pour remporter cette bataille, a déclaré Kahwaji, soulignant le besoin de protéger l'éducation et la culture de l'idéologie extrémiste et d'assécher les sources de financement qui permettent à ces groupes d'exister.

La coopération internationale entre les pays est nécessaire pour combattre efficacement le terrorisme, a-t-il ajouté, « car la menace qu'il représente dépasse les frontières géographiques et atteint les quatre coins du monde ».

À la mi-janvier, les forces libanaises ont arrêté une Syrienne de 18 ans portant des explosifs afin de commettre un attentat suicide au nom de « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL).

Cette fille, appelée Boushra Fattouh, a été arrêtée après une surveillance rapprochée et un contrôle de groupes terroristes et des cellules dormantes associées, a expliqué la Direction générale de la sûreté générale (DGSG) dans un communiqué du 17 janvier.

Empêcher les attaques potentielles

Les attaques potentielles de loups solitaires sont abordées sur deux fronts, a indiqué à Al-Mashareq l'expert en sécurité et en questions de sécurité Riad Kahwaji.

« Le premier comprend la coopération de renseignements entre les agences étatiques, et entre ces agences et leurs homologues dans les pays alliés pour identifier les suspects et les personnes impliquées dans des activités douteuses, et pour identifier les parties et les individus avec qui ils sont en contact et les pays où ils sont basés », a-t-il déclaré.

Le second consiste à « fournir aux enseignants des écoles des programmes de sensibilisation, afin de leur permettre de surveiller le comportement des étudiants et les changements dans leur comportement et pour informer leurs parents de tout changement. Il consiste également à fournir des programmes pédagogiques pour les parents », a-t-il fait savoir.

La lutte contre le terrorisme est avant tout une question de renseignements, a-t-il poursuivi.

La chute du nombre d'attaques terroristes et le recul de la menace à la frontière orientale prouvent le succès des forces libanaises dans la lutte contre le terrorisme « et leur capacité à contrer ses diverses tactiques », a-t-il affirmé.

« Le succès des opérations préventives des forces de sécurité , dont l'arrestation d'individus et l'infiltration de cellules terroristes préparant des attaques terroristes, ainsi que leur succès dans la traque de suspects et l'écoute de leurs communications, ont renforcé [leur] taux de succès », a-t-il expliqué.

Encourager la coopération du public

Les tactiques de « loups solitaires » peuvent prendre deux formes, a indiqué le général de brigade Khalil Helou, expert militaire et ancien officier de l'armée libanaise.

« La première comprend l'envoi d'un individu pour qu'il s'intègre dans une certaine communauté sans éveiller les soupçons jusqu'à ce qu'il reçoive un ordre de ses supérieurs », a-t-il décrit à Al-Mashareq.

« La seconde, que nous voyons aujourd'hui, implique l'envoi d'individus pour commettre des actes terroristes, comme des attentats à la bombe et des meurtres, sans aucun soutien logistique », a-t-il déclaré.

Les tactiques de « loups solitaires » sont les formes de terrorisme les plus difficiles à affronter, a-t-il ajouté, car les contacts entre l'individu et ses supérieurs sont presque inexistants, et l'individu agit seul, sans éveiller les soupçons.

Répondre à cette forme de terrorisme nécessite que la technologie utilisée par les agences soit constamment améliorée et mise à jour pour leur permettre de mener une surveillance plus efficace, a-t-il affirmé.

Les citoyens doivent être encouragés à coopérer avec les agences de sécurité et à signaler toute personne ou activité suspecte, a-t-il insisté, soulignant le besoin de coopération entre les agences libanaises de sécurité et les municipalités à cet égard.

Le rôle des écoles, des parents et des autorités religieuses dans l'éducation doit aussi être utilisé pour élever une génération ouverte d'esprit, a-t-il déclaré, ajoutant que c'est un processus à long terme et qu'il doit être maintenu.

Répondre à l'idéologie déviante

À l'époque actuelle, les groupes terroristes et les agresseurs individuels inventent de nouvelles façons « de tuer, d'attaquer et de blesser les gens » pour transmettre leur idéologie déviante, a expliqué à Al-Mashareq Dr Rajaa Makki, psychologue social.

Les actes de terrorisme visent les personnes que l'agresseur considère comme représentant une menace pour lui, a-t-elle fait savoir, ajoutant que selon cette perspective, les terroristes ne voient pas les civils comme des innocents, mais comme des façons de satisfaire leur haine.

Les terroristes sont poussés par la haine, a-t-elle déclaré, « ils utilisent donc la violence comme seul moyen pour faire passer les idées et les sentiments enfermés au plus profond d'eux-mêmes ». Ils « refusent de coexister avec les autres » ou de s'intégrer dans la communauté.

« Ils cherchent, selon leur point de vue, à atteindre l'idéal glorifié dans leurs imaginations à travers l'utilisation d'une force excessive, en pensant qu'exclure et abolir les autres les immortalisent », a-t-elle indiqué.

Cette forme de terrorisme est difficile à affronter, a confié Makki.

Il est donc vital de sensibiliser le public à ses dangers, de mettre en place des centres de traitement pour les personnes affichant des tendances violentes, de garantir que les enfants sont bien élevés, et de disséminer l'idée de l'amour fraternel dans la société, a-t-elle conclu.

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