Terrorisme

Des étudiants jordaniens veulent réprimer l'idéologie extrémiste

Par Mohammad Ghazal à Amman

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Un groupe d'étudiants de l'université de Jordanie ont lancé le 5 décembre une initiative visant à faire face au terrorisme et à l'extrémisme violent. [Photo fournie par l'université de Jordanie]

L'université de Jordanie a récemment lancé plusieurs initiatives qui ont pour but de propager des valeurs positives chez les jeunes du royaume et de réprimer le type d'idéologie extrémiste qui peut mener à des actes de violence.

Le 5 décembre, un groupe d'étudiants a lancé l'initiative « Athar » pour affronter l'extrémisme et faire renoncer au sectarisme et à l'obscurantisme chez les jeunes.

« Nous vivons dans une société modérée et centriste qui est très éloignée de l'extrémisme et du sectarisme, et où les valeurs de tolérance, de liberté et d'acceptation des autres contribuent à son succès », a déclaré Ahmad Majdoubeh, vice-président du corps enseignant des sciences humaines de l'université de Jordanie, lors de la cérémonie de lancement.

L'initiative Athar vise à décourager les jeunes Jordaniens de commettre des actes de violence, qui détruisent des vies innocentes et fracturent les sociétés, ont indiqué des étudiants.

Elle cherche aussi à « protéger les jeunes de la guerre des réseaux sociaux », a ajouté Mohammed al-Nashash, président de l'initiative et étudiant de l'université, notant que les extrémistes développent souvent leur idéologie corrosive en ligne.

L'initiative utilisera « une plateforme électronique » qui sera bientôt lancée pour répondre à l'idéologie et aux « sombres intentions » que les extrémistes tentent de répandre, en particulier chez les enfants et les jeunes, a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

Mi-novembre, le décanat des affaires étudiantes de l'université a mis en place une autre initiative, « Les jeunes contre l'extrémisme et le terrorisme », qui se concentre sur le rôle des étudiants dans la lutte et le renoncement au terrorisme.

Ce projet a pour but de s'en prendre à l'extrémisme violent, « qu'il soit idéologique, destructif ou de toute autre forme qui encourage la propagation des idées corrompues chez les jeunes », a indiqué le doyen des affaires étudiantes, Khaled al-Rawajfa.

Un calendrier sera établi pour l'implémentation de sous-initiatives sur une période d'un an, a-t-il expliqué à Al-Mashareq, pendant laquelle des jeunes se rencontreront dans un environnement qui s'adresse à leur génération.

Un autre objectif est d'attirer des étudiants remarquables qui ont eu d'excellents résultats au niveau régional et mondial, a-t-il poursuivi, et de les présenter à leurs pairs sur tous les campus, ce qui permettrait un échange d'idées et de talents.

Un rôle de société partagé

Les universités jouent un rôle capital dans l'opposition au terrorisme et la formation d'une génération d'individus cultivés et sages, a affirmé Hussain al-Khouzaïe, professeur de sociologie à l'université des sciences appliquées d'Al-Balqa.

« Nous encourageons les universités à jouer un plus grand rôle de sensibilisation chez la jeune génération, afin de contrecarrer les tentatives de lavage de cerveau par les groupes terroristes », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Des initiatives comme Athar et « Les jeunes contre l'extrémisme et le terrorisme » sont importantes pour le dialogue avec les jeunes et pour la sensibilisation, a-t-il indiqué

« La lutte contre le terrorisme n'est pas l'unique responsabilité des gouvernements et des familles, mais également celle des écoles et des universités », a-t-il ajouté.

« Il est très important que les jeunes ne soient pas oisifs », a-t-il affirmé, soulignant l'importance de les faire participer à un dialogue constructif pour faire face à l'obscurantisme, notamment en raison de leur forte utilisation des réseaux sociaux dans leurs interactions quotidiennes.

Concentration sur l'activité en ligne

« Nous sommes soumis quotidiennement à un flux d'idées et de concepts, et nous rencontrons des personnes ayant des modes de pensée différents », a indiqué Suzanna al-Qassous, étudiante en arts à l'université de Jordanie.

C'est pourquoi les initiatives qui sensibilisent les jeunes et les aident à être plus critiques sont si importantes, a-t-elle déclaré à Al-Mashareq, car sans cela ils peuvent devenir des cibles pour des groupes extrémistes.

« Ces initiatives ne sont pas seulement importantes pour les étudiants, mais aussi pour les universités, car cela les rapproche de leurs étudiants », a-t-elle affirmé.

Les jeunes Jordaniens passent beaucoup de temps sur internet, a expliqué Omar Shawqi, étudiant en sciences humaines à l'université de Jordanie, ajoutant qu'il est essentiel que les campagnes contre l'extrémisme se focalisent sur les espaces interactifs en ligne.

« Beaucoup d'entre nous sont exposés à un barrage d'informations, toutes n'étant pas vraies », a-t-il indiqué Al-Mashareq. « Certaines sont inventées, tandis que d'autres visent à corrompre l'esprit des jeunes. »

Des compagnes continues de sensibilisation et des interactions avec la jeunesse de toutes les couches de la société sont cruciales pour limiter l'idéologie extrémiste violente, a déclaré Shawqi.

L'espace numérique est la plupart du temps laissé sans surveillance par les parents, a-t-il ajouté, « et la sensibilisation chez les jeunes est donc la première ligne de défense lorsqu'il s'agit de répondre aux idées ou aux groupes extrémistes qui incitent à la violence et au chaos ».

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