Sécurité

Un rapport révèle que l'Iran arme les Houthis au Yémen via la Somalie

Par Abou Bakr al-Yamani à Sanaa

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Des partisans des Houthis soutenus par l'Iran (Ansarallah) se rassemblent le 1er août. Un rapport récent dévoile que l'Iran fait entrer des armes dans le pays depuis la Somalie. [Mohammed Huwais/AFP]

Un nouveau rapport a révélé que l'Iran ne respectait pas la résolution 2216 de l'ONU en faisant passer illégalement des armes à ses alliés au Yémen via la Somalie et d'autres pays, malgré des sanctions internationales interdisant ces transactions.

Dans un rapport publié le 30 novembre , des enquêteurs internationaux ont indiqué avoir trouvé un « pipeline d'armes » suspecté allant de l'Iran au Yémen en passant par la Somalie. Les Houthis soutenus par l'Iran (Ansarallah) combattent le gouvernement au Yémen.

L'Iran fait passer des armes en contrebande pour les Houthis au Yémen par la mer, les cargaisons d'armes arrivant initialement en Somalie, selon le rapport de l'organisation Conflict Armament Research (CAR).

Le CAR, basé en Grande-Bretagne et financé principalement par l'Union européenne, a déclaré avoir analysé des photos d'armes confisquées sur des boutres lors d'opérations d'inspection menées par le navire de guerre australien HMAS Darwin et la frégate française FS Provence.

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Un jeune yéménite nage et un cargo navigue au large de la ville portuaire d'Aden, le 11 avril. Les tensions ont éclaté dans le détroit de Bab el-Mandeb depuis que les Houthis ont attaqué un navire émirati en octobre. [Saleh al-Obeidi/AFP]

Le rapport était basé sur des inspections conduites en février et mars, au cours desquelles les deux vaisseaux ont saisi des armes transportées illégalement à bord de boutres dans la mer d'Arabie.

Les deux navires ont effectué ces inspections dans le cadre d'une mission internationale de surveillance de la navigation maritime qui n'est pas liée à la guerre au Yémen, a informé le rapport du CAR.

Le navire de guerre australien a saisi plus de 2 000 armes à bord d'un boutre à destination de la Somalie, dont des lance-roquettes fabriqués en Iran, a indiqué le rapport, tandis que la frégate française a saisi 2 000 fusils d'assaut « caractéristiques de la fabrication iranienne » et 64 fusils de précision fabriqués en Iran, parmi d'autres armes.

Dans le même temps, des forces des Émirats Arabes Unis ont signalé avoir récupéré un missile guidé antichars au Yémen, le CAR indiquant qu'il faisait partie du « même lot de production » que ceux trouvés sur le boutre, et « soutient les allégations selon lesquelles ces armes viennent d'Iran et que la cargaison du boutre était destinée au Yémen ».

Des sources du gouvernement français ont indiqué que le boutre allait en Somalie « pour une possible réexpédition vers le Yémen », a rapporté le CAR.

Des mitrailleuses dont les numéros de série appartiennent à la même séquence ont été trouvées à bord des deux boutres, a ajouté le rapport, « ce qui suggère que cet équipement provient du même lot ».

L'Iran fait passer des armes aux Houthis

Le rapport du CAR fournit une confirmation supplémentaire que « l'Iran est impliqué dans la rébellion et le coup d'État au Yémen », a déclaré à Al-Mashareq Abdoulsalam Mohammed, directeur du Centre d'études stratégiques d'Abaad.

Les actions du régime iranien « menacent les routes de transport pétrolier maritimes internationales et cherchent à menacer la sécurité de la région du Golfe », a-t-il affirmé.

Le rapport révèle « la source des armes des Houthis au Yémen, et en particulier la façon dont ils acquièrent les missiles antichars et anti-navires à guidage thermique qui ont ciblé des navires dans le détroit de Bab el-Mandeb », a-t-il précisé.

Les actions de l'Iran violent la résolution 2216 de l'ONU, adoptée en 2015 selon le chapitre VII de la Charte de l'ONU, a indiqué Mohammed, ajoutant que l'ingérence du régime dans le conflit au Yémen rend « le futur de la région incertain ».

L'Iran fait passer des armes illégalement vers le Yémen via la Somalie, a affirmé Mohammed, ajoutant que le Yémen possédait une longue côte qui ne peut pas être surveillée de près.

« Les armes sont débarquées sur plusieurs îles puis transportées par des bateaux de pêche, car la surveillance n'a lieu que dans les eaux régionales, où certaines cargaisons d'armes ont été saisies », a-t-il expliqué.

« Lorsque les armes sont transportées vers la Somalie, elles sont débarquées sur des zones louées contrôlées par des gangs, puis transportées en petits chargements [vers le Yémen] dans des bateaux de pêche, qui sont difficiles à inspecter », a-t-il déclaré.

« Grâce à des informations confirmées, des avions de la coalition ont attaqué certains de ces bateaux, mais la contrebande continue », a précisé Mohammed.

Les navires de guerre de la coalition inspectent d'ordinaire les navires de marchandise non militaires suspectés de faire du trafic d'armes, a-t-il indiqué, ajoutant que les vaisseaux iraniens présents dans les eaux régionales pourraient aider à la contrebande d'armes vers le Yémen.

Entrée par des ports non officiels

« Selon des rapports en circulation, les armes entrent par des ports non officiels dans la province de Shabwa et par des itinéraires de contrebande depuis Oman », a déclaré à Al-Mashareq le professionnel des médias Moussa al-Nimrani.

Certaines sont saisies en mer par la coalition ou les forces maritimes d'autres pays, et d'autres le sont à terre, sur des routes ou à des postes de contrôle, a-t-il détaillé, mais les cargaisons atteignent encore les Houthis.

Plusieurs armes liées à l'Iran ont été récupérées par les forces yéménites dans des positions perdues par les Houthis sur plusieurs fronts, a-t-il indiqué.

« Le Yémen a un long littoral qui va de la mer d'Arabie et de l'océan indien à l'est à la côte ouest de la mer Rouge, ainsi que de nombreuses îles éparpillées le long de ses côtes, fournissant une opportunité pour le trafic d'armes », a déclaré Adnan al-Houmaïri, expert en stratégie.

La dépendance des provinces côtières à la pêche a contribué au succès des activités de contrebande, qui sont un moyen de gagner sa vie malgré les difficultés économiques aggravées par le conflit en cours, a-t-il ajouté.

Le régime iranien « utilise tous les moyens illégaux pour remplir ses objectifs et apporter illégalement des armes à ses alliés coûte que coûte », a-t-il indiqué, « y compris en transportant les armes vers la Somalie, puis de là jusqu'au Yémen ».

Al-Houmaïri a appelé la communauté internationale à faire plus pour arrêter le trafic d'armes de l'Iran pour ses alliés au Yémen et à travailler à mettre fin à la guerre, qui aggrave les souffrances des Yéménites.

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5 COMMENTAIRE (S)
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O bâtards, toutes les frontières maritimes du Yémen sont contrôlées par les États agressifs. Comment alors les armes vont-elles venir? Ils peuvent provenir des biscuits de vos mères ou de vos sœurs, mercenaires sionistes! Nous nous battrons jusqu’au dernier homme et jusqu’à ce que nous vous défaisions. Nous sommes tous Ansarallah.

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L'Arabie Saoudite est le principal coupable de tout ce qui se passe dans la région. Si l'Arabie Saoudite s'arrête, la région se calmera progressivement et les pays ne s'ingéreront pas dans les affaires des autres.

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C'est plein de mensonges sans aucun sens. Dépêchez-vous et obtenez ce qui reste de la vache laiteuse avant que le cow-boy américain ne l'égorge!

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La guerre du Yémen est politique.

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Un site intéressant et fiable ; il signale des nouvelles avec des images des événements. Un travail très spécial.

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