Terrorisme

Le verdict sera bientôt prononcé dans le meurtre de l'ex Premier ministre libanais Hariri

Par l'AFP

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Une photo d'archive prise le 16 janvier 2014 montre l'extérieur du Tribunal spécial pour le Liban à La Haye. [Toussaint Kluiters/Pool/AFP]

Un tribunal soutenu par l'ONU rendra son verdict vendredi 7 août sur le meurtre en 2005 de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, mais des questions persisteront sur un procès long et couteux dont les suspects sont toujours en fuite.

Quatre membres présumés de la milice du Hezbollah sont jugés par contumace par le tribunal au Pays-Bas pour un énorme attentat-suicide à Beyrouth qui a tué le milliardaire sunnite Hariri et 21 autres personnes.

Le jugement rappelle un évènement qui a changé la face du Moyen-Orient, car le meurtre de Hariri a déclenché une vague de manifestations qui ont expulsé les forces syriennes du Liban après 30 ans.

« Même si le Liban a une longue histoire d’assassinats politiques, cet assassinat en particulier a constitué un véritable séisme en 2005 », indiqué à l’AFP Karim Bitar, professeur en relations internationales à Paris et Beyrouth, avant le verdict.

Le tribunal est considéré le premier tribunal international au monde créé pour examiner les crimes terroristes, et a coûté au moins 600 millions de dollars depuis son ouverture en 2009 suite à une résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU.

Mais le tribunal est confronté à des doutes sur sa crédibilité vu que le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah refuse de livrer les accusés, et l'affaire est fondée presque entièrement sur des enregistrements de téléphones mobiles.

A cause de la pandémie de coronavirus (COVID-19), le jugement « sera rendu depuis la salle d'audience avec une participation virtuelle partielle » vendredi à 9h GMT.

'Homicide volontaire'

Les quatre accusés sont jugés en 2014 sur des accusations comprenant « l'homicide volontaire » de Hariri et 21 autres, tentative d'homicide de 226 personnes blessées dans l'explosion, et complot pour commettre un acte terroriste.

Salim Ayyash, 56 ans, est accusé de diriger l'équipe qui a mené l'attentat, impliquant un camion rempli d'explosifs qui s'est explosé près du convoi de Hariri le 14 février 2005.

Assad Sabra, 43 ans, et Hussein Oneissi, 46 ans, auraient envoyé une fausse vidéo à la chaîne d'information Al-Jazeera revendiquant la responsabilité au nom d'un groupe constitué.

Hassan Habib Merhi, 54 ans, est accusé d'implication générale dans le complot.

Le cerveau présumé de l'explosion, le commandant du Hezbollah Mustafa Badreddine, a été impliqué par le tribunal est serait mort en combattant avec le régime syrien en mai 2016.

Les suspects survivants risquent s'ils sont reconnus coupables, lq perpétuité même si la peine sera prononcée à une date ultérieure.

« Si une personne condamnée est en liberté et n'est pas présente, la chambre de première instance émettra un mandat d'arrêt », a affirmé le porte-parole du tribunal.

L'accusation et la défense peuvent faire appel du jugement et de la peine, et si un accusé est éventuellement arrêté il peut demander un nouveau procès.

'Argument convaincant'

Les procureurs ont indiqué que lors du procès Hariri a été tué car il a été perçu comme étant une « grave menace » au contrôle syrien du pays.

Hariri était le Premier ministre sunnite libanais jusqu'à sa démission en 2004 pour le rôle de la Syrie en tant que partie influente.

L'affaire était « circonstancielle » mais « incontestable », ont indiqué les procureurs, reposant sur des enregistrements de téléphones mobiles montrant prétendument les suspects effectuant une surveillance intense de Hariri juste après sa résignation jusqu'à quelques minutes avant l'explosion.

Saad Hariri, qui est ensuite devenu Premier ministre comme son père, a appelé les partisans à montrer la « patience » et éviter les disputes sur les réseaux sociaux à propos du verdict.

Le Premier ministre libanais Hassan Diab a appelé les gens à éviter de « pêcher en eaux troubles » et a précisé que les autorités « doivent être prêtes à faire face aux retombées » du jugement.

Le verdict ne marquera pas la fin du travail du tribunal, qui a ouvert une deuxième affaire l'année dernière accusant le principal suspect Ayyash de terrorisme et meurtre d'attaques mortelles contre des politiciens en 2004 et 2005.

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