Diplomatie

Des « progrès significatifs » pour la trêve au Yémen, selon les Nations unies

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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L’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen Martin Griffiths (au centre) arrive pour une rencontre avec les responsables houthis dans la ville portuaire yéménite assiégée d’al-Hodeidah, le 29 janvier 2019. [Abdo Hyder/AFP]

L’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen Martin Griffiths a mis en garde sur le fait que la pandémie du nouveau coronavirus (COVID-19) et le ralentissement mondial de l’économie menacent encore plus spécifiquement le Yémen si une paix durable n’est pas trouvée.

S’exprimant jeudi 14 mai devant le Conseil de sécurité des Nations unies lors d’une réunion par visioconférence consacrée à la situation politique et humanitaire au Yémen, Griffiths a indiqué que les belligérants yéménites avaient réalisé des « progrès significatifs » sur la voie d’un cessez-le-feu.

Il a toutefois souligné que la paix s’inscrit dans un cadre plus large de mesures nécessaires, notamment des mesures humanitaires et économiques.

Les Nations unies ont présenté « une feuille de route réalisable », que « ceux qui possèdent les armes et le pouvoir » ont l’obligation de mettre en œuvre, a-t-il indiqué.

« Le peuple yéménite est à juste titre frustré par la lenteur du rythme de ces négociations », a-t-il ajouté. « Nous espérons voir ces négociations réussir rapidement. »

Par ailleurs, la Haute Commission d’urgence du Yémen pour la lutte contre le coronavirus a rapporté jeudi que le nombre de nouvelles infections s’établissait désormais à 85, dont douze décès.

Cette commission a ajouté que quinze nouveaux cas confirmés avaient été enregistrés, dont trois pour la première fois dans la province d’al-Daleh, sept à Aden, quatre à Lahj et un dans l’Hadramaout.

La capacité de tester le COVID-19 au Yémen est extrêmement limitée, et « il est impossible de connaître avec précision la diffusion du virus », a déclaré ce vendredi Médecins sans Frontières (MSF).

Nécessaire soutien au secteur de la santé

« La lutte pour le pouvoir qui se joue actuellement à Aden affecte grandement la capacité du secteur de la santé à répondre à la propagation du COVID-19 et à traiter les patients infectés par d’autres maladies qui présentent des symptômes similaires », a expliqué Mohammed Rubeid, le vice-directeur général du Bureau pour la santé et la population à Aden.

« Quelque 70 personnes meurent chaque jour d’autres fièvres épidémiques qui se propagent par suite des pluies torrentielles à Aden », a-t-il expliqué à Al-Mashareq. « Dans la plupart des cas, les familles des personnes décédées ne connaissent pas la cause de la mort. »

Rubeid a précisé le nécessaire soutien au secteur de la santé et a appelé toutes les parties à déposer les armes et à s’attacher plutôt à lutter contre cette pandémie.

Rapportant jeudi devant le Conseil de sécurité, le gouvernement du Yémen a demandé à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’intervenir de toute urgence et de faire pression sur les Houthis (Ansarallah) soutenus par l’Iran pour qu’ils partagent les informations dont ils disposent et révèlent en toute transparence les chiffres exacts des infections au coronavirus dans les régions qu’ils contrôlent.

« Cela permettra d’éviter la catastrophe qui couve et de protéger des millions de civils épuisés par la guerre », a déclaré le gouvernement.

Il a également exhorté les pays bailleurs de fonds et les organisations humanitaires à fournir une aide supplémentaire et un soutien médical d’urgence, y compris des tests précoces à grande échelle et la fourniture aux travailleurs sanitaires d’équipements de protection personnelle (EPP) et de respirateurs dans les hôpitaux.

« Le devoir des belligérants dans le nord et le sud [du Yémen] est de placer l’intérêt du peuple yéménite en premier en engageant des négociations », a déclaré le politologue Adel al-Shoujaa à Al-Mashareq.

Cela est crucial pour lutter contre le COVID-19, notamment à la lumière de la situation déplorable du secteur de la santé au Yémen et de l’absence de services médicaux, a-t-il expliqué.

« La paix est la meilleure chance du Yémen pour contenir le COVID-19, et nous espérons que les parties collaboreront avec l’envoyé spécial pour en faire une réalité », a conclu jeudi Ramesh Rajasingham, le vice-coordinateur pour l’aide humanitaire d’urgence.

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