Terrorisme

Hezbollah : d'autres pays pourraient suivre les mesures prises par l'Allemagne

Nohad Topalian à Beyrouth

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Un policier en faction devant la mosquée Al-Irschad à Berlin lors d'une opération lancée le 30 avril par la police et les forces spéciales contre des associations liées au Hezbollah à Brême, Berlin, Dortmund et Münster. [Odd Andersen/AFP]

Il est probable que suite à la récente décision de l'Allemagne d'imposer une interdiction totale de toutes les activités du Hezbollah libanais sur son sol, d'autres pays prennent des mesures similaires pour interdire la milice soutenue par l'Iran, ont déclaré des analystes politiques.

Comme l'ensemble de Union européenne, l'Allemagne n'avait jusqu'à présent mis hors la loi que l'aile militaire du Hezbollah, tout en tolérant son aile politique.

Dans un discours prononcé le 4 mai, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a dénoncé la démarche allemande et nié que le parti soit actif dans ce pays.

L'Allemagne « a le droit d'interdire toute activité sur son sol qu'elle juge illégale », a indiqué à Al-Mashareq Ali al-Amin, figure de l'opposition chiite.

D'autres pays avaient déjà pris cette mesure, et d'autres efforts européens et internationaux viendront désigner le Hezbollah comme un groupe terroriste, après une certaine réticence initiale à faire la distinction entre ses ailes politique et militaire.

« La désignation du Hezbollah par l'Allemagne n'a rien à voir avec le Liban, qui a une relation forte avec l'Allemagne », a déclaré al-Amin.

L'Allemagne participe à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) depuis 2006 et a également exprimé sa volonté d'aider le Liban à résoudre ses problèmes d'électricité, a-t-il noté.

Le Hezbollah nuit au Liban

L'arsenal d'armes illégales du Hezbollah, ainsi que son implication dans des conflits régionaux, « mettent en danger et aggravent les relations du Liban avec les États arabes et du Golfe et la communauté internationale », a déclaré al-Amin.

Cela exacerbe à son tour les crises financières et économiques du Liban, a-t-il ajouté.

À travers ses actions, qui incluent son contrôle des passages frontaliers illégaux, le Hezbollah « sape la souveraineté du Liban [...] et déclare sa soumission à l'Iran », a-t-il affirmé.

Le soutien de l'Iran au Hezbollah « découle de ses efforts pour consolider son influence dans la région », a-t-il poursuivi, notant qu'il a utilisé la milice pour mener des attaques.

La décision de l'Allemagne a frappé le Hezbollah et l'Iran « comme un coup de foudre », a déclaré Hassan Qutb, directeur du Centre libanais de recherche et de conseil, à Al-Mashareq.

La rapidité avec laquelle l'assistant spécial du président du Conseil de la choura iranienne, Hossein Amir Abdoullahian, a dénoncé la décision allemande, la qualifiant « d'erreur stratégique », souligne le rôle du Hezbollah en tant que membre du réseau régional iranien, a-t-il déclaré.

Cette décision allemande aura également des répercussions sur le Liban, a ajouté Qutb.

« La présence et la participation du parti au gouvernement place l'autorité libanaise dans une position délicate, à un moment où elle compte sur le soutien financier européen pour soulager la crise financière », a-t-il déclaré.

La défense du Hezbollah par Abdoullahian et son insinuation que les intérêts régionaux de l'Allemagne seront en danger « est une menace adressée à l'Allemagne visant à défendre l'intermédiaire de l'Iran dans la région », a-t-il expliqué.

D'autres pays suivront

En prenant la décision d'interdire toutes les activités du Hezbollah sur son sol, l'Allemagne « exerce sa souveraineté », a déclaré Naufal Daou, l'un des fondateurs de l'Assemblée pour la souveraineté du Liban.

L'Assemblée pour la souveraineté cherche à contrer l'influence du Hezbollah et à mobiliser l'opinion publique libanaise contre le parti.

L'Iran « voit en le Hezbollah l'un des bras exécutifs qui sert ses intérêts dans la région, et souhaite donc le défendre, même au détriment de son peuple », a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

L'Allemagne est arrivée à un point où elle ne pouvait plus permettre que sa sécurité nationale soit menacée, a-t-il indiqué, « alors elle a rejoint les nombreux pays qui ont désigné le parti comme groupe terroriste ».

Daou estime que d'autres pays européens suivront, dont la France.

En octobre 2018, la France a accusé le ministère iranien du Renseignement d'être derrière un complot déjoué visant à mener un attentat à la bombe contre un groupe d'opposition en exil près de Paris.

Suite à cet incident, le gouvernement français a annoncé qu'il gelait les avoirs de deux agents de renseignement iraniens présumés, ainsi que les biens appartenant au ministère iranien du Renseignement et de la Sécurité.

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1 COMMENTAIRE (S)
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Je n'interviens pas en politique.

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