Droits de l'Homme

Les Nations unies « horrifiées » après la mort d'un jeune détenu battu par des gardiens en Iran

AFP

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Le porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies Rupert Colville, vu ici en janvier 2016, a fait part ce vendredi 3 avril de son horreur après la mort d'un jeune détenu après qu'il eut été durement battu par ses gardiens dans la prison iranienne de Mahabad. [Fabrice Coffrini/AFP]

Les Nations unies ont exprimé ce vendredi 3 avril leur indignation après la mort d'un jeune délinquant en Iran battu par ses gardiens après que les prisonniers eurent protesté pour obtenir leur libération en raison de la pandémie du nouveau coronavirus (COVID-19).

Le bureau des droits de l'homme des Nations unies a expliqué qu'il avait reçu des informations selon lesquelles Daniel Zeinolabedini était décédé après avoir été battu à la suite d'une émeute à la prison de Mahabad, dans la province iranienne d'Azerbaïdjan occidental le 28 mars.

« Nous sommes horrifiés par la mort d'un jeune délinquant après qu'il eut été sévèrement battu par des gardiens », a déclaré le porte-parole Rupert Colville.

Il a expliqué que les détenus de la prison de Mahabad protestaient contre « leurs conditions de détention et leur non-libération temporaire par les autorités dans le contexte de la pandémie de COVID-19 ».

L'Iran, durement frappé par la pandémie, a libéré près de 100 000 prisonniers, soit près de 40 % de sa population carcérale totale, pour réduire la surpopulation.

Zeinolabedini, condamné à mort pour un meurtre qu'il aurait commis en septembre 2017 à l'âge de 17 ans, avait été placé en confinement solitaire et battu par des gardiens à Mahabad.

Il avait ensuite été transféré à la prison de Miandoab dans la même région, où il avait également subi des atteintes aux droits de l'homme, selon des informations fournies au bureau des doits de l'homme.

« Sa famille a indiqué qu'il les avait appelés le 31 mars pour leur raconter qu'il avait été sauvagement battu, qu'il respirait difficilement et qu'il avait désespérément besoin d'aide. Sa mort a été confirmée le 2 avril », a ajouté Colville.

Le bureau des droits de l'homme s'est dit « particulièrement choqué » par le cas de Zeinolabedini, car sa condamnation et sa peine de mort avaient été maintenues par la Cour suprême iranienne malgré le fait que les peines capitales pour des crimes commis par des mineurs soient strictement interdites par le droit international.

Colville a souligné que Zeinolabedini n'avait jamais cessé de clamer son innocence.

« Nous en appelons aux autorités iraniennes pour qu'elles diligent immédiatement une enquête indépendante et impartiale sur la mort de Zeinolabedini et qu'elles en tiennent les auteurs pour responsables », a-t-il ajouté.

« Nous sommes également préoccupés par le sort de six autres personnes qui auraient également été battues lors de l'émeute du 28 mars et emmenées à la prison de Miandoab », a-t-il ajouté, exhortant les autorités iraniennes à « prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger leurs vies ».

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