Droits de l'Homme

Amnesty International rapporte la mort de détenus iraniens lors de manifestations liées au COVID-19

AFP

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Un chauffeur de bus portant un masque de protection contre le nouveau coronavirus conduit un bus le 15 mars à Téhéran, la capitale iranienne. [STRINGER/AFP]

Jeudi 9 avril, Amnesty International a annoncé que plus de 30 prisonniers auraient été tués par les forces de sécurité iraniennes lors de manifestations déclenchées par leur inquiétude vis-à-vis du nouveau coronavirus (COVID-19).

Dans un communiqué, le groupe de défense des droits a indiqué que des milliers de détenus d'au moins huit prisons de la République islamique avaient manifesté ces derniers jours.

Citant des « sources crédibles », Amnesty a fait savoir que les autorités de plusieurs établissements avaient réagi par des tirs à balles réelles et de gaz lacrymogène, tuant quelque 35 détenus et en blessant des centaines d'autres.

L'organisation a également affirmé que les forces de sécurité avaient battu des manifestants dans au moins une prison.

Diana Eltahawy, directrice régionale adjointe d'Amnesty International pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, a qualifié « d'odieuse » la réaction des autorités iraniennes aux manifestations dans les prisons.

« Au lieu de répondre aux demandes légitimes des prisonniers d'être protégés contre le COVID-19, les autorités iraniennes ont une fois de plus eu recours à l'assassinat de personnes pour faire taire leurs préoccupations », a-t-elle déclaré.

Eltahawy a demandé « une enquête indépendante sur la torture et les décès en détention » et a exhorté les forces de sécurité en Iran à « s'abstenir de punir les prisonniers qui réclament leur droit à la santé ».

Émeutes et évasions

L'Iran, l'un des pays les plus touchés par la pandémie, a fait état jeudi de 117 nouveaux décès liés au COVID-19, ce qui porte son bilan global à 4110 morts. Il a également déclaré 1634 nouvelles infections, portant le total à 66 220 cas.

Certains pensent que les chiffres réels du pays pourraient être plus élevés.

Des informations ont également fait état de plusieurs émeutes et évasions de prison en Iran au cours des dernières semaines.

Le mois dernier, un porte-parole de la justice a déclaré que les autorités avaient temporairement libéré 100 000 détenus afin de tenter de contenir la propagation de la maladie.

Amnesty a rapporté des signalements de détenus testés positifs au COVID-19, et a déclaré que les prisonniers avaient organisé des grèves de la faim à cause du manque de mesures, y compris de tests et de quarantaine.

Le groupe de défense des droits a appelé l'Iran à libérer les prisonniers d'opinion, ainsi que les personnes en détention préventive et les personnes les plus menacées par le virus.

La semaine dernière, les Nations unies ont fait part de leur indignation après la mort d'un délinquant juvénile après que des gardiens l'ont battu dans une prison iranienne suite à une émeute.

Le bureau des droits de l'homme des Nations unies a déclaré que les détenus de la prison de Mahabad, dans la province de l'Azerbaïdjan occidental, protestaient contre « les conditions de détention et le refus des autorités à les libérer temporairement dans le contexte de la pandémie de COVID-19 ».

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