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Les systèmes financiers et judiciaires iraniens sont exposés à la corruption selon des experts

Junaid Salman à Beyrouth

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Les femmes iraniennes utilisent les guichets automatiques à Téhéran le 20 mai. [Atta Kenare/AFP]

Avec un régime centralisé puissant contrôlant l'Iran, les systèmes financiers et judiciaires du pays n'ont pas été en mesure de fonctionner comme il le fallait et sont exposés à la corruption, ont affirmé des experts à Al-Mashareq.

« Le secteur public domine l'économie iranienne, et les principaux secteurs sont contrôlés par l'état», a indiqué le conseiller économique Roger Melki à Al-Mashareq.

Ce niveau de contrôle de Ést problématique, a-t-il confié, notant que les agences gouvernementales contrôlent les grandes institutions, qui à leur tour contrôlent tout de l'industrie pétrolière à la construction automobile et les industries militaires et touristiques.

Doté d'une économie dirigé par l'État et gouverné par un régime religieux « freine l'économie et ligote la banque centrale», a-t-il souligné, ajoutant que les banques sont également soumises aux décisions et directives politiques.

L’échec « devient inévitable » dans les États où les dirigeants politiques ne soutiennent pas le concept de l'économie du marché, a affirmé Melki.

L'Iran voit les conflits éclatant au sujet de l'influence et plusieurs interventions dans l'économie « cela n'est pas fondé sur une vision et des données économiques», a-t-il remarqué.

Système bancaire vulnérable

Ces dernières années, plusieurs personnes ont exprimé leurs inquiétudes quant aux malfonctions dans le système bancaire iranien et le grand nombre de banques privés qui ont une incidence négative sur l'économie.

« Le secteur bancaire iranien n'est pas développé et n'est pas doté de l'infrastructure financière nécessaire pour exécuter son rôle à cause de l'isolation de l'Iran», a affirmé Shawki Ahwash, directeur de l'unité AML/CFT de la Banque Commerciale de l’Afrique du Nord.

Cela l'a rendu « vulnérable à la turbulence et incapable de satisfaire les demandes des clients», a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

« Le régime iranien a des options très limitées pour protéger son système financier et a échoué à arrêter ou à freiner l'effondrement rapide de l'économie », a affirmé l'expert en sciences politiques et stratégiques Abdoul-Mohsen al-Shammari.

Des centaines d'entités et d'individus ont été ciblés par des sanctions, y compris 50 banques et institutions financières iraniennes, a-t-il fait savoir à Al-Mashareq.

Sous les sanctions, les banques iraniennes ont également été exclus des services du réseau bancaire SWIFT .

Cela a « empêché les transferts électroniques de fonds d'atteindre les banques iraniennes à travers le système international de transfert de fonds établi entre les banques à travers le monde», a-t-il ajouté.

Dans des déclarations au site d'information officiel du parlement, ICANA, en mai, le député iranien Mahmoud Sadeghi a affirmé que certains conservateurs iraniens ont soutenu les busters de sanctions -- il s'agit de ceux qui aident la République islamique à contourner les sanctions américaines -- et ont légitimé les pratiques de corruption.

« Ces groupes croient qu'il est impossible de gérer les affaires du pays sans recourir à la corruption financière», a affirmé Sadeghi.

Système judiciaire corrompu

Le système judiciaire est typiquement à l'avant-garde de la lutte anti-corruption, a indiqué al-Shammari, « mais en Iran le système judiciaire est un outil pour la suppression de la dissidence et pour resserrer la prise des forces de sécurité sur tous ceux qui envisagent de se révolter contre le régime au pouvoir ».

Le système judiciaire iranien a alors servi comme « protecteur du régime iranien » dirigé par le chef suprême Ali Khamenei, a-t-il remarqué.

Dans des rapports publiés par les médias locaux, le député Sadeghi a révélé que le nombre de prisonnier en Iran « a été multiplié par 20 à présent comparé à 1979 ».

Cela a placé l'Iran près du fond sur l'Index de perception de la corruption (CPI) publié par Transparency International, qui l'a récemment classé 130 sur 160 pays, a-t-il souligné.

« Certains soulèvent la question: si le système judiciaire est corrompu, qui va tenir les corrompus responsables en Iran? » s'est interrogé al-Shammari, notant que le système judiciaire en Iran « protège tout le système politique ».

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