Terrorisme |

Explosion mortelle d'une voiture piégée au Caire

AFP

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Des passants et des membres des forces de sécurité égyptiennes se rassemblent autour d'une voiture calcinée, après un accident survenu juste avant minuit le 4 août, devant l'Institut national du cancer, dans le centre du Caire. [Aly Fahim/AFP]

Une énorme explosion qui a tué 20 personnes au Caire a été causée par une voiture roulant vite et remplie d'explosifs, ont fait savoir des responsables égyptiens lundi 5 août, alors que des témoins ont décrit le carnage.

La voiture roulait à contresens lorsqu'elle s'est encastrée dans trois autres véhicules dimanche soir juste avant minuit, déclenchant une énorme explosion juste devant l'Institut national du cancer du pays.

« Il y avait des hommes sans tête et des gens couverts de sang, ce qui les rendait méconnaissables », a déclaré Mohamed Fathy, un témoin.

« Certaines des têtes ont été brûlées au sol. »

Quatre des 20 personnes tuées n'ont toujours pas été identifiées, a fait savoir lundi le ministère de la Santé, et 47 autres ont été blessées.

Entre « trois et quatre personnes (parmi les blessés) sont dans un état critique dans l'unité de soins intensifs », a annoncé lors d'une conférence de presse Khaled Megahed, porte-parole du ministère de la Santé.

Il a précisé qu'ils souffraient de brûlures à divers degrés.

Des morceaux de corps ont été retrouvés sur les lieux, a-t-il ajouté.

« Incident terroriste »

Le président Abdel Fattah al-Sissi a qualifié l'explosion « d'incident terroriste » et a souligné que l'État est déterminé à « éliminer le terrorisme à la racine ».

Dans un message sur les réseaux sociaux, il a présenté ses condoléances aux familles des victimes et au peuple égyptien.

Le ministère de l'Intérieur a déclaré qu'une inspection technique avait révélé qu'une « certaine quantité d'explosifs se trouvait à l'intérieur de la voiture, ce qui a causé son explosion au moment de la collision ».

Un autre témoin, Mohammed, a raconté « qu'au début, on a senti une pression, une pression autour de nous et dans nos oreilles ».

« Au bout d'un moment, on a entendu une explosion, c'était très fort ; on a cru à un tremblement de terre. »

Les utilisateurs des réseaux sociaux ont affiché des images de voitures incendiées sur les lieux et de patients évacués de l'Institut du cancer, lequel a été gravement endommagé et en partie incendié par l'explosion.

Megahed a indiqué que 78 patients atteints de cancer de l'institut ont été transférés dans d'autres hôpitaux pour poursuivre leur traitement.

Le Premier ministre Moustafa Madbouli a chargé la principale entreprise de construction égyptienne de lancer immédiatement les travaux de réparation de l'Institut national du cancer, qui a été endommagé par l'explosion, a rapporté Ahram Online.

L'ambassade des États-Unis au Caire a indiqué dans une déclaration qu'elle condamnait fermement l'attentat.

« Nous soutenons l'Égypte dans sa lutte contre le terrorisme et nous présentons nos condoléances aux familles des victimes », peut-on lire dans la déclaration sur la page Facebook de l'ambassade.

Le ministère de l'Intérieur et la police ont déclaré qu'ils soupçonnaient le groupe Hasm d'être derrière cette attaque.

Hasm a vu le jour en 2016 et a revendiqué par le passé plusieurs attaques contre l'armée et la police égyptiennes, ainsi que contre des personnalités religieuses.

En février 2018, l'armée a lancé une offensive nationale contre les extrémistes, principalement dans le nord du Sinaï, où « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) dispose d'une présence importante.

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