Société

Les colonies de vacances des Houthis assombrissent l'avenir des enfants, indiquent des responsables

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Yahya al-Houthi, le « ministre de l'Éducation » des Houthis et frère du dirigeant des Houthis, Abdoul Malik al-Houthi, est assis au premier rang dans une colonie de vacances de Sanaa. [Photo tirée de la page Twitter d'Ali al-Bukhaiti]

Alors que les enfants passent en général leurs vacances dans des colonies pour pratiquer des sports, de l'artisanat et d'autres activités, les camps dans les parties du Yémen contrôlées par les Houthis (Ansarallah) ont été utilisés pour recruter et endoctriner des enfants et les former au combat.

Cela contraste fortement avec l'objectif et représente à la fois un danger pour les enfants et une menace pour la société, ont déclaré des responsables et des observateurs à Al-Mashareq.

Alors que certaines colonies de vacances des zones contrôlées par les Houthis sont ouvertes à tous les enfants, d'autres n'acceptent que les garçons capables de porter les armes, a fait savoir le ministre yéménite de l'Information Muammar al-Eryani dans un article publié par les médias locaux.

Il a mis en garde contre les dangers de ces soi-disant « colonies de vacances », indiquant que les garçons qui y participent subissent un lavage de cerveau, sont endoctrinés par l'idéologie extrémiste et formés à l'utilisation de tous types d'armes par le groupe soutenu par l'Iran.

Les familles de Sanaa, d'Hajja, de Saada, d'al-Jawf et de Mahweet sont particulièrement vulnérables au recrutement, a-t-il déclaré, car le taux d'analphabétisme est élevé dans ces zones et de nombreux résidents sont confrontés à des situations financières difficiles.

'Un très sérieux problème'

La création par les Houthis de colonies de vacances qui s'écartent de leur objectif est « un très sérieux problème qui aura des conséquences désastreuses pour l'avenir du Yémen », a affirmé à Al-Mashareq Nabil Abdoul-Hafeez, vice-ministre des Droits de l'homme.

Il y a 3 672 centres d'été dans les zones contrôlées par les Houthis, a-t-il fait savoir, et environ 250 000 garçons et filles les fréquentent pendant les vacances scolaires.

« Dès le premier jour du coup d'État, les Houthis ont clairement indiqué qu'ils avaient l'intention de contrôler l'éducation en nommant Yahya al-Houthi, frère du dirigeant des Houthis Abdoul Malik al-Houthi, au poste de ministre de l'Éducation », a-t-il rappelé.

Ils diffusent leur propre idéologie dans ces colonies et « préparent ainsi de nouvelles recrues pour leur projet sectaire qui ne sert que l'intérêt de l'Iran », a déclaré Abdoul-Hafeez.

« Le problème le plus grave est que les Houthis restent [au pouvoir] et contrôlent les zones les plus densément peuplées du Yémen », a déclaré Nadia Abdoullah, vice-ministre du secteur féminin au ministère de la Jeunesse et des Sports.

Une fois que les Houthis ont pris le contrôle de Sanaa, ils ont poursuivi leur endoctrinement idéologique, surtout dans les écoles et les colonies de vacances, a-t-elle indiqué à Al-Mashareq.

'Endoctrinement des masses'

Cela s'ajoute à « l'organisation de cours idéologiques et culturels pour le grand public afin d'inculquer leur idéologie sectaire à tous », a précisé Abdoullah, ajoutant que cela a prolongé la guerre en endoctrinant et mobilisant les masses.

Après que les Houthis ont perdu des dizaines de leurs combattants sur les champs de bataille, les milices se sont tournées vers les enfants, car ceux-ci sont facilement recrutés, endoctrinés et transformés en combattants, a expliqué Abdoul Rahman Barman, avocat et militant des droits de l'homme.

« Le gouvernement yéménite a le devoir d'informer les citoyens du danger de ces colonies par le biais d'émissions radio diffusées dans les zones contrôlées par les Houthis », a-t-il déclaré à Al-Mashareq, soulignant que c'est le moyen le plus efficace pour atteindre la population.

Les coupures d'électricité et le mauvais accès à Internet ont forcé les citoyens des zones rurales et des villes à se tourner vers la radio comme source d'actualités et d'information, a-t-il expliqué.

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