Sécurité

Yémen : des espions du CGRI tués dans une frappe aérienne à Taez

Par Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

image

Des morceaux d'un missile Qiam iranien montrés à Washington, DC, après que les États-Unis ont révélé des informations jusqu'ici tenues secrètes prouvant que l'Iran a violé la Résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies en fournissant des armes aux Houthis, le 14 décembre 2017. [Jim Watson/AFP]

De nouvelles preuves indiquent que le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a espionné pour le compte des Houthis (Ansarallah), en plus de fournir illégalement des armes à cette milice.

Dans un rapport du 16 février, le site d'actualités indépendant almawqea.net, basé à Sanaa, a dévoilé que six experts du CGRI avaient été tués lors d'une frappe de la coalition arabe dans la ville yéménite de Taez.

Ces experts du CGRI espionnaient le réseau de télécommunications pour le compte des Houthis, selon ce rapport, qui a également indiqué que les forces yéménites ont désamorcé plus de 30 engins explosifs équipés de caméras.

Toujours d'après ce rapport, les corps de ces experts iraniens ont été transportés vers la province d'Ibb, puis déplacés à Sanaa par les Houthis, soutenus par l'Iran.

Pendant ce temps, la force d'élite Qods du CGRI supervise la contrebande d'armes pour les Houthis par voie terrestre et maritime, a déclaré le politologue Yassin al-Tamimi à Al-Mashareq.

Ces actions sont menées avec l'aide d'un réseau de contrebandiers, de conspirateurs et de complices qui s'occupent des livraisons au Yémen, a-t-il précisé.

Ambitions géopolitiques et idéologiques

Certaines armes destinées aux Houthis sont transportées illégalement par bateau jusqu'aux côtes sud du Yémen, d'autres vers la côte de la mer Rouge, a indiqué al-Tamimi, où le régime iranien ambitionne de contrôler le détroit de Bab el-Mandeb.

« Les ambitions de l'Iran sont à la fois géopolitiques et idéologiques, et chacun de ces facteurs affecte l'autre », a-t-il déclaré, notant que le discours politique, médiatique et même religieux des Houthis a été grandement influencé par le CGRI.

« Au niveau géopolitique, l'Iran a prévu de permettre aux [Houthis] de prendre le contrôle de Bab el-Mandeb », a-t-il expliqué.

Cela donnerait à l'Iran une « carte importante » avec laquelle influencer la région et imposer ses plans, a-t-il ajouté.

Cela ne devrait pas être autorisé, a-t-il déclaré, exprimant l'espoir de voir la communauté internationale « agir sérieusement » pour garantir que l'Iran respecte les stipulations de la Résolution 2216 des Nations unies datant de 2015.

Cette résolution impose des sanctions, dont un gel général des avoirs, une interdiction de déplacement et un embargo sur les armes contre Abdoulmalik al-Huthi, le dirigeant des Houthis.

Elle appelle également toutes les parties à mettre fin immédiatement et sans condition aux violences, au retrait des Houthis de toutes les zones saisies pendant le conflit actuel, à la remise des armes saisies à l'armée et aux institutions de sécurité, et à la fin des actions tombant sous l'autorité du gouvernement légitime.

Infraction aux sanctions internationales

Malgré ces sanctions, la force Qods du CGRI s'efforce « d'alimenter le conflit en soutenant les Houthis avec des armes et en leur fournissant toutes sortes d'appuis », a indiqué à Al-Mashareq le politologue Waddah al-Jalil.

La force Qods fait passer en contrebande des armes au Yémen via plusieurs routes, a-t-il fait savoir, en particulier par « les îles érythréennes qu'elle utilise comme points de lancement pour atteindre les ports d'al-Hodeidah et de [l'île de] Kamran ».

Elle utilise également des zones isolées de la côte qui ne sont pas surveillées par les avions et les navires de la coalition arabe, a-t-il rapporté, ajoutant qu'il existe des routes de trafic terrestres par le désert et les ports entre la frontière omanaise et la province d'al-Bayda.

« Ces routes ont été léguées aux Houthis par [l'ancien président] Ali Abdoullah Saleh, qui possédait des dizaines de cellules de renseignements dans ces régions connaissant les routes de contrebande et sachant comment éviter les postes de contrôle », a-t-il poursuivi.

Le trafic d'armes de l'Iran en faveur des Houthis est mené par les plus hauts commandants de la force Qods, a indiqué le politologue Adnan al-Humairi.

L'Iran a plusieurs objectifs en soutenant des groupes ou des milices dans différents pays, a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

La contrebande d'armes de la force Qods, en particulier des missiles pour les Houthis, va à l'encontre de l'embargo sur les armes des Nations unies, a expliqué al-Humairi, appelant le Conseil de sécurité à s'acquitter de ses responsabilités pour maintenir la sécurité régionale et internationale.

Aimez-vous cet article?
3
3 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire

Les Houthis sont sur le chemin de la justice. Toutes ces analyses absurdes ne donneront aucun résultat. Bientôt, la famille royale saoudienne Al-Saud sera renversée à cause des crimes qu'elle a commis au Yémen. Même Trump l'a compris et en a fait un commentaire au roi Salman, le roi saoudien.

Répondre

La famille iranienne des Houthis et les milices iraniennes Houthis suscitent la peur, la panique et l'intimidation parmi les partisans du meurtrier Ali Abdoullah Saleh et les partisans de sa famille. La seule solution pour ces partisans est de porter des armes et de détruire et écraser la famille iranienne Houthi et les milices houthis iraniennes au Yémen en coopération avec leurs frères des forces yéménites légitimes, la résistance populaire yéménite et la grande coalition arabe au Yémen. Les mensonges et les tromperies de l'odieux régime clérical en Iran, et ses médias et sa protection par Poutine pour des milliards de dollars ne l'aideront pas à durer longtemps. De nombreux commandants de milices houthis ont été tués au Yémen. Pendant ce temps, les complots et les stratagèmes du régime iranien contre le Yémen et le peuple arabe du Yémen continuent avec l'armement des Houthis, d'al-Qaïda et de l'EIIS au Yémen, et la dépense de grosses sommes d'argent, et leurs tentatives de forger la monnaie yéménite, perpétuer le sectarisme et enflammer les haines sectaires au Yémen. Cela a fait du régime iranien une cible légitime pour plus d'un million de combattants arabes yéménites prêts à renverser le régime des mollahs et leur guide avec l'aide de la large résistance populaire iranienne en Iran.

Répondre

L'auteur de l'article a parlé plus qu'il ne le devrait. C'est le gouvernement saoudien qui est sur le point de s'effondrer.

Répondre