Droits de l'Homme

Le Yémen confronté à l'augmentation de la pauvreté, de la faim et de la maladie

Par Faisal Darem à Sanaa

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Des personnes atteintes du choléra reçoivent un traitement dans un hôpital improvisé de Sanaa. [Faisal Darem/Al-Mashareq]

Alors que la guerre se prolonge au Yémen, provoquant un risque de montée de la pauvreté, de la faim et de la maladie, la population a un besoin de plus en plus urgent d'aide humanitaire, indiquent des responsables locaux et internationaux à Al-Mashareq.

La population civile est confrontée à un grave manque de nourriture et de médicaments, pendant une épidémie de choléra qui a tué près de 1 000 personnes et en a touché des centaines d'autres, les infrastructures de santé débordées ayant du mal à répondre à la situation.

Des milliers de vies sont en danger, car l'accès au port d'al-Hodeida sur la mer Rouge est menacé, les Houthis (Ansarallah) contrôlant le port et entravant l'arrivée de l'aide, et le port étant entouré de forces yéménites et de la coalition.

« L'humanité perd face à la politique », a déploré la semaine dernière Jamie McGoldrick, coordinateur humanitaire de l'ONU au Yémen. « Nous avons des difficultés à cause du manque de ressources. Il nous faut des résultats immédiatement. »

La situation humanitaire au Yémen est devenue désastreuse, a indiqué à Al-Mashareq Mohammed al-Masuri, ministre adjoint de la Planification et de la Coopération internationale.

« La famine menace la majorité de la population, selon des indicateurs internationaux », a-t-il déclaré, ajoutant que le secteur de la santé s'était également effondré.

Déficit d'aide humanitaire

Le Yémen a un besoin urgent d'aide, car moins de 30 % de l'aide internationale promise cette année a été livrée, a déclaré Zaid al-Alaya, agent d'informations publiques du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) de l'ONU.

« Le Yémen est confronté à une pénurie d'aide alimentaire dont 17 millions de Yéménites ont besoin, car dix provinces yéménites sont au bord de la famine », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

À cause de l'épidémie de choléra, a-t-il poursuivi, l'ONU a dû rediriger des fonds pour la lutte contre la maladie, qui étaient à l'origine destinés à l'aide alimentaire.

Entre-temps, « le taux de mortalité chez les personnes atteintes de maladies chroniques a atteint son niveau le plus élevé depuis ces derniers jours à cause du manque de médicaments », a fait savoir Nasser al-Arjali, ministre adjoint de la Santé publique et de la Population.

Ceux qui souffrent de maladies chroniques, comme l'insuffisance rénale, le diabète ou le cancer ont du mal à obtenir les médicaments qu'il leur faut à cause de la guerre, a-t-il indiqué à Al-Mashareq, ajoutant que beaucoup d'entre eux ont besoin d'une intervention urgente.

L'arrêt de l'activité économique et la suspension des exportations de pétrole ont mené à une chute des revenus de l'État et une dévaluation de la monnaie, a expliqué l'économiste Abdoul Jalil Hassan à Al-Mashareq.

Cela a exacerbé les souffrances humaines du pays, a-t-il ajouté.

Hassan a fait remarquer que les convois d'aide qui arrivent au port d'al-Hodeidah subissent des délais et des complications à cause des milices houthies qui contrôlent le port.

Les Houthis pillent l'aide

Les Houthis et leurs alliés pillent l'aide destinée aux civils qui arrive dans les ports qu'ils contrôlent, a fait savoir à Al-Mashareq Abdoul Raqeeb Saif Fateh, ministre de l'administration locale et directeur du Haut Comité pour l'Aide.

Ils ont « immobilisé et pillé plus de 63 bateaux d'aide fournis par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) aux ports d'al-Hodeidah et d'al-Salif », a-t-il déclaré.

Ils ont également saisi plus de 550 convois d'aide à l'entrée des provinces sous leur contrôle, aggravant la situation humanitaire et « créant des obstacles directs ou indirects » pour les organisations humanitaires, a-t-il ajouté.

Les milices se sont interposées dans les plans d'aide en dirigeant l'aide vers certaines provinces, a-t-il poursuivi, décrivant cela comme « le plus grand obstacle aux efforts d'aide ».

« Les milices armées bloquent l'aide venant de certaines entités », a-t-il précisé, y compris le Centre de travail d'aide et humanitaire du roi Salmane et le Croissant-Rouge des Émirats Arabes Unis, violant ainsi les lois et résolutions internationales.

Les milices alliées aux Houthis ont également pillé les convois d'aide du Programme alimentaire mondial, notamment ceux à destination de la province de Taïz, a-t-il fait savoir.

« Les milices armées poursuivent également leurs attaques contre des convois d'aide envoyés à al-Bayda, al-Mahwit et Hajjah », a-t-il rapporté, notant que la semaine dernière, les Houthis ont fait sauter trois convois d'aide se déplaçant vers al-Bayda.

Dans le même temps, une partie de l'aide distribuée par les Houthis et leurs alliés dans les provinces qu'ils contrôlent n'arrive pas aux destinataires voulus, a déclaré le président du Centre médiatique d'études et d'économie, Moustafa Nasr.

« L'autorité de fait dans ces provinces contrôle la distribution de cette aide, d'une façon ou d'une autre », a indiqué Nasr dans un communiqué. « Une partie de cette aide a été découverte à la vente sur le marché noir. »

« Le contrôle des Houthis de la distribution de cette aide en réduit grandement la quantité, qui est déjà sous le niveau désiré », a-t-il conclu.

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2 COMMENTAIRE (S)
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L'économie est importante et la santé est importante. Il n'y a de dieu qu'Allah!

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Sous la guerre, l'assistance doit se faire avec un organisme neutre qui sera formée par l'ONU et le Conseil de sécurité.

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