Sécurité

L'Arabie saoudite évalue le travail d'éradication de l'EIIL

Par Sultan al-Barei à Riyad

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Les autorités saoudiennes montrent des munitions saisies dans une cache utilisée par des extrémistes. [Photo fournie par Saudi Press Agency]

Le renforcement des efforts pour éradique les éléments et l'idéologie de « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) en Arabie saoudite a engendré des réussites significatives au cours des trois dernières années, affirment des responsables à Al-Mashareq.

Parmi celles-ci, l'arrestation de nombreux éléments et partisans de l'EIIL, des attentats terroristes déjoués et la clôture d'un grand nombre de comptes en banque qui avaient été utilisés pour financer le groupe, ont-ils précisé.

« Les efforts de sécurité et de renseignements saoudiens entrepris au cours des trois dernières années dans la lutte contre l'EIIL ont été très importants », a déclaré à Al-Mashareq le major général Mansour al-Shehri, ancien officier de l'armée saoudienne et attaché militaire.

Ces agences ont travaillé à éradiquer l'EIIL, qui a cherché à s'implanter dans le royaume en lavant le cerveau des jeunes et des jeunes ressortissants étrangers, exploitant les sentiments religieux et profitant des troubles régionaux pour semer la discorde, a-t-il expliqué.

Le mois dernier, le ministère des Affaires étrangères a révélé qu'au cours des trois dernières années, 117 Saoudiens et ressortissants étrangers avaient été jugés coupables de financement du terrorisme, et que 226 comptes bancaires utilisés pour financer l'EIIL avaient été fermés.

Ces efforts s'alignent sur les actions internationales visant à assécher les sources de financement du groupe , car c'est le meilleur moyen de l'éliminer, a ajouté al-Shehri.

Le ministère a aussi annoncé que sur la même période, « 24 attaques terroristes ont été déjouées et sept ateliers de fabrication d'explosifs et d'engins explosifs improvisés (EEI) ont été saisis », a-t-il précisé.

Surveiller les réseaux sociaux

« Le nombre élevé d'arrestations d'individus reconnus coupables d'avoir été impliqués avec le groupe, c'est-à-dire 1 121 personnes, prouve qu'il n'y a aucune tolérance » pour ceux qui sympathisent avec l'EIIL ou le soutiennent, a indiqué al-Shehri.

Cela est reflété par le grand nombre de personnes arrêtées pour avoir exprimé leur sympathie ou leur soutien au groupe sur les réseaux sociaux, a-t-il indiqué, notant que cette forme de soutien peut être utilisée pour recruter ou inciter d'autres à la violence.

« Il ne se passe pas un jour sans l'annonce d'une opération ciblant ceux qui embrassent les idées erronées et takfiristes qui soutiennent principalement l'EIIL », a déclaré le colonel Jamal al-Nukahifi, de la police saoudienne.

Récemment, l'accent a été mis sur la surveillance des comptes des réseaux sociaux utilisés par des extrémistes et l'identification de ceux qui sont derrière grâce à l'analyse de données et le suivi des adresses IP, a-t-il rapporté à Al-Mashareq.

Parmi les personnes arrêtées se trouvent celles qui utilisent les réseaux sociaux pour suivre et partager les actualités de l'EIIL, ce qui aide le groupe à disséminer sa propagande, a indiqué al-Nukhaifi.

Ce faisant, elles tombent sous le coup de plusieurs accusations, a-t-il précisé, dont le soutien à l'EIIL, qui est un délit majeur pouvant entraîner une peine de prison de plusieurs années, car le royaume a désigné l'EIIL comme groupe terroriste en 2014.

D'autres accusations peuvent inclure la possession de propagande de l'EIIL avec l'intention de la partager, le fait de cacher ceux qui soutiennent l'EIIL et d'adopter une idéologie extrémiste et de rejet, a-t-il fait poursuivi.

Nombre de ces accusations peuvent entraîner des peines d'emprisonnement de plus de quinze ans, en plus d'une interdiction de voyager d'une période équivalente et la confiscation de tous les appareils électroniques, a-t-il déclaré.

Changements du programme Munasaha

En réponse aux crimes récents, certains changements ont été apportés au programme Munasaha du royaume, qui offre un suivi aux personnes reconnues coupables de délits terroristes, avec pour but de les réintégrer dans la société.

Il existe désormais un processus plus strict de vérification s'étalant sur plusieurs sessions pour garantir que les participants sont vraiment repentants, a fait savoir à Al-Mashareq Abdoullah al-Mouqrin, professeur de jurisprudence comparée à l'université Oumm al-Qura.

Al-Mouqrin, qui fait partie de l'administration du programme, a indiqué que les prisonniers les plus rigides idéologiquement sont séparés du reste du groupe pour empêcher la propagation de l'idéologie takfiriste.

Cela est fait parce que les prisonniers intégristes « utilisent la prison pour continuer à disséminer l'idéologie terroriste et recruter des agents, notamment parmi ceux dont les peines de prison sont sur le point de se terminer et qui vont être libérés », a-t-il ajouté.

Les méthodes utilisées pour déterminer les véritables intentions des personnes du programme Munasaha comprennent la surveillance rapprochée de leurs mouvements et des rassemblements et réunions auxquels ils participent, a-t-il déclaré.

Des psychologues organisent également des sessions spéciales avec des participants du programme « pour juger de leurs véritables intentions » grâce des tests directs et indirects, a rapporté al-Mouqrin.

Ces nouvelles mesures demandent du temps et des efforts, a-t-il expliqué, mais elles donneront des résultats importants en identifiant ceux qui sont réticents à se défaire de leur idéologie extrémiste, et ainsi éviter des pertes humaines à leur libération.

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