Sécurité

Le plan de sécurité d'Ain al-Hilweh porte ses fruits

Par Nohad Topalian à Beyrouth

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Les soldats de l'armée libanaise observent une ambulance quittant le camp de réfugiés palestiniens Ain al-Hilweh près de la ville portuaire du sud du Liban Sidon en août 2015. [Mahmoud Zayyat / AFP]

La récente capitulation d'un grand nombre d'extrémistes recherchés à Ain al-Hilweh, un camp de réfugiés palestiniens au sud de la ville libanaise de Sidon, est une étape importante de l'amélioration de la sécurité et la réduction de l'expansion extrémiste, ont déclaré des experts à Al-Mashareq.

Pendant la première semaine du mois d'août, plusieurs partisans de l'imam radical Cheikh Ahmed al-Assir se sont rendus, menés par Mohammed Abdoul Rahman Shamandar, frère de Fadl Shaker, ancien chanteur et partisan d'al-Assir.

Mohammed Tawfiq Taha, fils de Tawfiq Taha, commandant des Brigades Abdullah Azzam liées à al-Qaïda, s'est livré aux services de renseignements de l'armée libanaise le 8 août, tout comme Hussein Mahmoud Darwish, accusé d'avoir des liens avec Jound al-Cham, un groupe extrémiste combattant en Syrie et lié à al-Qaïda.

« Ce n'est pas la première fois que des éléments faisant partie d'organisations terroristes se livrent aux services de renseignements de l'armée libanaise », a indiqué le général de brigade Khaled Hamade, officier de l'armée libanaise à la retraite et directeur du Forum pour la consultation et les études.

Après que Taha s'est rendu aux services de renseignements de l'armée à un poste de contrôle près de l'hôpital gouvernemental de Sidon, le nombre de fugitifs s'étant livrés aux agences de sécurité libanaises est passé à dix, a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

Aucun recours pour les fugitifs

Depuis l'arrestation d'al-Assir à l'aéroport de Beyrouth en août dernier alors qu'il tentait de quitter le pays, et son jugement conséquent, des éléments extrémistes qui lui étaient connectés se sont rendus aux forces libanaises, a relaté Hamade.

« D'autres éléments d'organisations terroristes venus dans le camp comprennent qu'ils ne peuvent pas s'en échapper, et qu'ils ne peuvent donc que se rendre aux services libanais », a-t-il expliqué.

Ceci inclut des éléments de « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL), a-t-il noté.

Hamade a déclaré que le nombre croissant de fugitifs se livrant aux autorités peut être attribué aux « nouvelles formations de sécurité dans le camp » et à l'amenuisement du financement subi par plusieurs groupes extrémistes.

Le système de sécurité interne du camp a récemment connu des changements fondamentaux, a-t-il expliqué, parmi lesquels un nouveau directeur des renseignements et une refonte des procédures.

Ceci a mené à l'amélioration de la sécurité dans le camp et des relations avec les autorités libanaises, a-t-il ajouté.

Des éléments extrémistes recherchés s'enfuyant d'autres camps, comme Yarmouk, dans les faubourgs de Damas, se sont infiltrés dans Ain al-Hilweh avant d'avoir été inclus sur la liste officielle des fugitifs recherchés, a-t-il précisé.

Ils ont depuis été rajoutés à cette liste, a-t-il annoncé, notant que leurs noms ont été passés dans le camp, et qu'il y a eu une réponse positive de la part des forces de sécurité palestiniennes à l'intérieur du camp pour ce qui est de leur reddition.

« Sérieuses initiatives de sécurité »

« Il existe de sérieuses initiatives de sécurité dans le camp Ain al-Hilweh en ce qui concerne la reddition des éléments terroristes aux services officiels », a affirmé à Al-Mashareq Rached Fayed, membre du Courant du futur .

Celles-ci sont conçues pour empêcher le camp de tomber dans le chaos à cause des tensions internes, externes et régionales, a-t-il ajouté.

« Après avoir vu plusieurs éléments d'organisations terroristes se rendre aux forces de sécurité, on pourrait s'attendre à en voir d'autres », a-t-il indiqué, ajoutant que c'est « une bonne étape qui représente de façon positive la sécurité du camp en particulier, et de Sidon, du sud, et du Liban en général ».

« Il faut cependant noter que, bien que des éléments ont rejoint ou annoncé leur allégeance à l'EIIL, [l'ancien] Front al-Nosra (FAN), et d'autres organisations terroristes, il ne s'agit pas de chiffres importants », a-t-il affirmé.

Les éléments extrémistes et les partisans qui pourraient chercher à perturber la sécurité n'ont pas été un « problème majeur » dans le camp, a déclaré à Al-Mashareq le journaliste de terrain Nazih Naqouzi.

Les arrestations et les redditions volontaires aux services de sécurité de plusieurs hommes recherchés font partie d'un plan développé par les forces palestiniennes à l'intérieur du camp, a-t-il expliqué.

Grâce à ce plan, a-t-il poursuivi, ils ont en grande partie réussi à gérer les avertissements de sécurité reçus à propos de plans d'extrémistes, notamment ceux de l'EIIL, qui cherche à étendre sa présence dans le camp.

Ces avertissements ont compris l'expansion de la base des partisans de l'EIIL, surtout après que plusieurs individus étant partis combattre avec l'EIIL en Syrie soient revenus au camp, a-t-il précisé.

« Ceux qui se sont rendus aux renseignements militaires dans le sud sont de quatrième ou cinquième niveau, et ne constituent pas une menace pour le camp, car ce ne sont pas des leaders de sécurité, et n'occupent pas des postes à responsabilité », a déclaré Naqouzi.

Cependant, les informations qu'ils ont fournies après leur capture ou leur capitulation devraient aider à en révéler d'autres, a-t-il ajouté, y compris de plus hauts gradés.

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