Terrorisme

Les Houthis ciblent les mosquées et les maisons particulières

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Un combattant des Houthis monte la garde à Sanaa le 24 septembre lors d’une cérémonie de collecte d’argent, de nourriture et d’autres dons pour la milice. [Mohammed Huwais/AFP]

Les Houthis (Ansarallah) soutenus par l’Iran se sont lancés dans une campagne systématique de ciblage des maisons et mosquées et de terreur contre quiconque s’oppose à leur présence, ont rapporté des responsables et analystes yéménites à Al-Mashareq.

La milice reflète ainsi les actions de groupes extrémistes comme al-Qaïda et « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), ont-ils déclaré.

Le 3 septembre, des centaines de Houthis armés et de véhicules blindés ont pris d’assaut le village d’al-Zawb, dans le district d’al-Quraishiyah, dans la province d’al-Bayda.

Cette offensive, qui visait les opposants aux Houthis dans le village, a été lancée alors qu’un accord avait été conclu pour éviter le conflit grâce à la médiation de notables de la région.

Les Houthis ont fait sauter les maisons de deux frères, Abdrabbo et Saleh Ahmad Jarallah al-Zobah, pour avoir critiqué la présence de la milice dans leur région.

Ils ont également bombardé des quartiers résidentiels, tuant plusieurs citoyens chez eux. Parmi les victimes se trouve Ali Saleh al-Qafili, dont la fille a été blessée en même temps que six autres personnes dans le village.

« Un rappel de l’EIIS et d’AQ »

Le bombardement d’al-Zawb par les Houthis rappelle al-Qaïda et l’EIIS, et souligne « le caractère criminel et les tactiques communes employées par ces groupes terroristes », a déclaré Mouammar al-Eryani, ministre yéménite de l’Information.

Cela fait partie de la stratégie de la milice, qui consiste à « semer la terreur et la peur dans l’esprit des gens ordinaires » et à se venger des opposants, les soumettant ainsi à son autorité, a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

L’Autorité civile pour les victimes de bombardements de maisons a déclaré le 6 septembre que la milice houthie avait bombardé quelque 804 maisons dans 17 provinces du Yémen entre septembre 2014 et le 30 juin dernier.

Elle a déclaré dans son premier rapport, intitulé « Hutam wa Aalaam » (Ruines et douleur), que la province de Taez avait subi la plus grande partie des bombardements de maisons, se classant première avec 149 maisons, suivie par la province d’al-Bayda avec 124 maisons, et la province d’Ibb avec 120 maisons.

L’autorité a demandé au gouvernement légitime de fournir un abri et une aide d’urgence aux familles dont les maisons ont été bombardées.

Il a également appelé les organisations internationales et locales et les médias à « faire entendre la voix des personnes en détresse à l’opinion publique mondiale pour démasquer les milices et révéler leurs crimes au monde entier ».

« Crimes de guerre »

La milice houthie a également « ciblé 750 mosquées et centres de mémorisation du Coran » de 2014 à fin 2019, a précisé Ahmed Attiyah, ministre des Dotations et de l’Orientation.

Parmi ces lieux se trouvent 79 mosquées et centres de mémorisation du Coran qui ont été complètement détruit, a-t-il indiqué dans un communiqué de presse le 29 août, précisant que toutes les attaques ont été documentées.

Les mosquées visées par les Houthis ont été entièrement ou partiellement bombardées ou pilonnées à l’arme lourde, et leur contenu a été pillé, a-t-il fait savoir, ajoutant que certaines ont été transformées en dépôts d’armes et d’autres en salles de consommation de qat.

Le bombardement des mosquées, des maisons et des institutions gouvernementales par les Houthis vise à intimider et à terroriser ceux qui s’opposent à la milice, a déclaré le vice-ministre des Droits de l’homme Nabil Abdoul Hafeez à Al-Mashareq.

Cette approche relève d’un « terrorisme idéologique » similaire à l’idéologie de l’EIIS et d’al-Qaïda, a-t-il affirmé.

Les ministères des Droits de l’homme et des Affaires étrangères surveillent et documentent ces incidents et préparent des dossiers juridiques qui seront transmis à la justice, a indiqué Abdoul Hafeez.

L’avocat et défenseur des droits de l’homme Abdoul Rahman Berman a déclaré à Al-Mashareq que les bombardements de maisons et de mosquées sont « des crimes de guerre qui ne sont pas soumis à prescription ».

Le processus de documentation et de suivi et la préparation de dossiers juridiques autour d’eux permettront aux victimes de faire valoir leurs droits lorsque l’État reviendra au gouvernement légitime, a-t-il conclu.

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