Terrorisme

L’attaquant saoudien contre la base américaine avait des liens anciens avec al-Qaïda, selon les États-Unis

AFP

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L’étudiant saoudien auteur d’une fusillade meurtrière sur la base aéronavale de Pensacola le 6 décembre 2019 avait communiqué avec un membre opérationnel d‘al-Qaïda avant cette attaque. [Josh Brasted/Getty Images North America/AFP]

Cet étudiant de l’armée saoudienne qui a abattu trois Américains sur une base navale américaine en décembre entretenait depuis longtemps des liens avec al-Qaïda et avait planifié une attaque avant même d’entrer aux États-Unis, ont indiqué lundi 18 mai des responsables du ministère de la Justice.

Cette attaque du 6 décembre perpétrée par Mohammed al-Shamrani, élève pilote de l’Armée de l'air royale saoudienne, sur la base aéronavale de Pensacola en Floride, « a été en réalité le point d’orgue d'années de planification et de préparation », a expliqué le directeur du FBI Christopher Wray.

Les preuves découvertes dans un téléphone cellulaire crypté montre qu’il s’était radicalisé dès 2015, et qu’il s’était depuis rapproché de « dangereux » membres opérationnels issus des rangs d’al-Qaïda dans la Péninsule arabique (AQPA) basé au Yémen, a ajouté Wray.

Le FBI et le ministre de la Justice ont révélé leurs découvertes après un effort de plusieurs mois destiné à déchiffrer le codage dans le téléphone d’al-Shamrani.

Discussions sur des plans et des tactiques

Wray a précisé que ce jeune Saoudien de 21 ans avait fait part de son désir d’apprendre à voler il y a des années et planifiait une « opération spéciale » consistant à s’engager dans l’Armée de l’air royale saoudienne et participer à une formation aux États-Unis.

« Durant les mois qui ont précédé l’attaque, alors qu’il se trouvait ici parmi nous, il avait parlé avec AQPA de son plan et de sa tactique, profitant des informations qu’il avait acquises ici, pour évaluer combien de personnes il pouvait essayer de tuer », a poursuivi Wray.

Il avait été en lien avec des contacts d’AQPA la nuit précédant son attaque, a ajouté Wray.

La fusillade qui a éclaté le 6 décembre dans un bâtiment de salles de classe sur la base navale a tué trois marins américains et a blessé huit autres personnes, parmi lesquelles deux adjoints du shérif intervenus sur les lieux, avant qu‘al-Shamrani soit abattu par la police.

AQPA a revendiqué cette attaque, mais aucun lien direct ne put être établi au moment des faits.

Cet incident a entraîné le gel temporaire de toute formation de militaires étrangers par les Américains afin de procéder à un examen des procédures de sécurité.

Menace permanente d’al-Qaïda

Cette attaque du mois de décembre a montré qu’al-Qaïda reste une véritable menace, capable de se projeter au-delà du Moyen-Orient, selon des experts.

Si elle a bien été dirigée par AQPA, l’attaque d’al-Shamrani serait la première attaque réussie organisée par al-Qaïda contre les États-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001, a commenté David Sterman, haut analyste politique au think-tank New America.

Toutes les attaques réussies dans le pays depuis ont été organisées localement par des gens inspirés ou encouragés par al-Qaïda et « l’État islamique en Irak et en Libye » (EIIS), mais non organisées par eux.

« Faut-il y voir le signe d’une capacité de complot externe au Yémen qui se maintient ? », s’est interrogé Sterman.

Quand bien même, a-t-il souligné, « une seule attaque meurtrière dirigée depuis l’étranger en 19 ans, c’est un niveau de succès relativement élevé pour les États-Unis ».

L’ambassade d’Arabie saoudite à Washington a publié un communiqué pour présenter ses condoléances au peuple américain après cette attaque en Floride et pour se féliciter du fait que des « renseignements essentiels » aient pu être récupérés dans les téléphones d’al-Shamrani.

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