Santé

L'Iran rejette l'aide américaine de combattre le coronavirus alors que le nombre d'infections augmente

Caravanserai et l'AFP

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Le Chef suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei adresse la nation dans un discours télévisé le 22 mars. [IRNA]

Le chef suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei a annoncé dimanche 22 mars que son pays n'accepterait jamais une aide des États-Unis pour combattre le nouveau coronavirus même s'il devient une grande menace à la santé mondiale avec son nombre croissant de personnes infectées et ses politiques peu judicieuses à combattre le virus.

L'Iran est l'un des pays les plus sévèrement touchés par la maladie du COVID-19 avec l'Italie, l'Espagne et la Chine, et les morts les plus récentes ont ramené le bilan officiel des morts à 1.812, a indiqué le ministère de la Santé lundi

Plus de 1.411 nouveaux cas ces dernières 24 heures signifie un total de 23.049 testées positives au virus, a confié le porte-parole du ministère Kianouche Jahanpour.

Le Président américain Donald Trump a affirmé le 29 février que Washington était prête à aider l'Iran dans sa lutte contre le virus si ses dirigeants le demandent.

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Un membre accablé du gouvernement iranien est montré ici lors d'une réunion avec le président Hassan Rouhani le 18 mars à Téhéran. [IRNA]

Dans un discours télévisé, Khamenei a rejeté les propositions américaines et a parlé d'une théorie de complot disant que l'offre d'aide était une couverture dans un effort d'empirer la crise du virus en Iran.

L'Iran, comme la Chine et la Russie, propageait activement les théories de complot sur le virus, mettant davantage en péril les vies en annonçant des informations fausses ou erronées.

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a critiqué Khamenei lundi, disant que ses « mensonges » plaçaient le monde dans un plus grand risque.

Pompeo a accusé la compagnie aérienne iranienne Mahan Air de ramener COVID-19 à travers ses vols continus vers la Chine.

« Le régime continue de mentir au peuple iranien et au monde sur le nombre de cas et de décès, qui sont malheureusement plus élevés que ce que le régime avance», a signalé Pompeo.

Khamenei, au lieu d'accepter l'aide, semble mettre les espoirs de son pays sur la foi.

Il a conseillé les iraniens que « chacun doit suivre les instructions » des autorités à combattre l'épidémie « pour que le Tout Puissant mette fin à cette calamité pour le peule iranien, pour toutes les nations musulmanes, et toute l'humanité ».

Cependant, la confiance dans les autorités iraniennes est maintenant très faible.

Chiffres douteux

Depuis le début de l'éruption en Iran, la préoccupation internationale augmentait face au manque de transparence du régime iranien à donner des informations exactes au public vu que l'éruption incontrôlée du coronavirus dans le pays menace les pays voisins et ailleurs.

Même s'il est l'un des pays les plus sévèrement frappés par le virus au monde, l'Iran n'a pas appliqué des mesures de confinement, contrairement à la plupart des autres pays.

Étrangement, le nombre de nouveaux cas et de décès signalés sont faibles par rapport aux pays qui ont imposé des méthodes plus strictes pour contrôler le virus.

L'Italie, par exemple, qui a mis en place certaines restrictions de déplacement les plus strictes, enregistre des chiffres effrayants, presque 800 nouveaux décès et 5.000 nouveaux cas d'infection chaque jour.

D'autres détails suggèrent que les chiffres officiels de Téhéran sont manifestement loin de la réalité.

Le Croissant Rouge iranien, par exemple, a annoncé vendredi 20 mars qu'environ trois millions de personnes avaient fui les 13 provinces les plus affectées par le virus par la route depuis le 17 mars, ainsi propageant exponentiellement le virus à d'autres parties du pays.

Jahanpour, porte-parole du ministère de la santé, les a qualifié de « minorité qui ne suit pas les instructions ».

Les images satellite et les vidéos sur le terrain ont découvert que les autorités iraniennes ont creusé des tranchées de 100 mètres de longueur dans un cimetière à Qom utilisées comme charniers pour les victimes du virus.

Autres communiqués du gouvernement n'ont pas aidé aux problèmes de perception du régime iranien.

« Certains demandent pourquoi le gouvernement n'intervient pas, mais je crois que nous avons intervenu considérablement», a indiqué le Président Hassan Rouhani dans son discours télévisé la semaine dernière.

« De grandes choses ont été faites [dont] des mesures qu'aucun autre pays n'avait entrepris», a-t-il affirmé, entouré de ministres portant des masques faciaux.

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