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La France soutient les efforts régionaux et internationaux de lutte contre le terrorisme

Khalid al-Taie

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Un Rafale français est catapulté depuis le pont du porte-avions Charles de Gaulle au large de la côte orientale de Chypre en mer Méditerranée, le 10 février. Le porte-avions français est engagé dans des opérations contre l'EIIS dans le cadre de l'Opération Chammal, la composante française de la coalition anti-EIIS,en Méditerranée orientale. [Mario Goldman/AFP]

La France renforce sa contribution pour garantir la sécurité au Moyen-Orient avec de récentes manœuvres de formation et de soutien au contre-terrorisme en Méditerranée et en mer Rouge.

Déployé pour une mission de trois mois de la mer Méditerranée à l'océan Atlantique, le groupe d'attaque du porte-avions français est arrivé sur zone fin janvier. Une frégate américaine et une frégate grecque y participent également.

Ce groupe d'attaque du porte-avions se compose du porte-avions Charles de Gaulle, avec vingt Rafale et deux Hawkeye, des frégates Chevalier Paul, Auvergne, Bretagne et Surcouf, du navire ravitailleur Var, et d'un sous-marin nucléaire d'attaque.

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Des soldats français lors d'une mission d'entraînement pour aider à combattre les éléments opérationnels de l'EIIS dans la vallée de l'Euphrate, dans l'est de la Syrie, le 1er avril 2019. [Ministère français des armées]

Dans le cadre de ces manœuvres, le 19 février, les forces aériennes et navales françaises et égyptiennes ont participé à des exercices militaires conjoints destinés à renforcer leurs capacités militaires face aux menaces communes.

Ces manœuvres prévoyaient des missions de recherche et de sauvetage, une formation à la défense et à l'attaque de cibles navales vitales en mer Rouge, un exercice de réapprovisionnement en carburant en vol et une opération de déminage et de neutralisation de mines marines, selon les forces armées égyptiennes.

Ces exercices sont stratégiquement importants en ce qu'ils renforcent la sécurité dans tous les pays de la Méditerranée et du Golfe, a expliqué le journaliste et chercheur bahreïnien Abdoullah al-Junayd.

Par le soutien qu'elle apporte aux efforts de lutte anti-terroriste, la France joue un rôle essentiel dans la région en neutralisant la menace de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) et d'al-Qaïda dans la péninsule égyptienne du Sinaï, a-t-il précisé à Diyaruna.

« Ces efforts aux niveaux à la fois militaire et sécuritaire sont menés en parallèle avec les efforts incessants pour développer et soutenir les économies des pays présentant des lacunes de sécurité pour contenir et éradiquer le terrorisme en bloquant ses lignes d'approvisionnement », a-t-il ajouté.

La France a maintenu une position forte en empêchant les groupes terroristes de s'étendre et de constituer des sanctuaires, ce qui constitue une menace importante pour la région et pour le monde, notamment parce que des groupes comme l'EIIS et al-Qaïda ne peuvent s'implanter que dans des pays à l'instabilité politique et économique avérée, a-t-il poursuivi.

Al-Junayd a souhaité la destruction de ces sanctuaires terroristes et la protection des eaux de la région contre les routes de migration illégales qu'utilisent les terroristes pour étendre la portée de leurs activités criminelles dans le monde, en particulier en Europe.

Neutraliser les menaces terroristes

La France joue un rôle actif depuis août 2014 dans le cadre de la coalition internationale contre l'EIIS en Irak et en Syrie au travers de son Opération Chammal.

« Le soutien de la France a donné à nos forces un élan indispensable pour vaincre le terrorisme et libérer nos villes », a déclaré le général de brigade Yahya Rasoul, porte-parole du ministère irakien de la Défense.

« La France met également à profit son expertise pour nous aider à moderniser notre armée et développer une capacité militaire de pointe avec notamment une formation à la lutte contre l'ennemi dans des environnements urbanisés et la guerre de rue », a-t-il ajouté pour Diyaruna.

« Nous avons conduit des exercices conjoints en utilisant des tirs réels d'artillerie et avons travaillé ensemble de manière continue au niveau des échanges de renseignements », a-t-il poursuivi.

Rasoul a souligné le fait que la France aspire à renforcer les capacités militaires d'autres pays afin qu'ils puissent devenir autonomes et en mesure de protéger leurs peuples.

Les groupes terroristes tels que l'EIIS et al-Qaïda non seulement affectent chaque pays en particulier, mais constituent une menace pour le monde dans son ensemble, c'est la raison pour laquelle la France et d'autres alliés travaillent à neutraliser de telles menaces, a-t-il continué.

Le contre-amiral Marc Aussedat, commandant du groupe d'attaque du porte-avions français, a expliqué que les Rafale du Charles de Gaulle avaient été utilisés principalement pour collecter des renseignements sur les positions des combattants de l'EIIS ainsi que sur le modèle opérationnel du groupe.

Ces renseignements sont ensuite transmis aux commandants de la coalition internationale qui coordonnent les opérations sur le terrain contre les cibles de l'EIIS, a-t-il expliqué à bord du Charles de Gaulle le 21 février.

Ces exercices d'entraînement conjoints avec la France sont essentiels pour constituer des systèmes militaires régionaux efficaces capables de contrer la menace du terrorisme, a indiqué pour sa part l'analyste en sécurité Mohammed al-Rubaie.

« La France est connue pour la force de son armée et ses capacités militaires importantes et avancées, dont elle n'hésitera pas à faire usage pour vaincre les terroristes et leurs dernières cellules et sources de financement », a-t-il déclaré à Diyaruna.

« La France apporte une expertise et renforce les capacités de ses alliés et de leurs armées pour les aider à combattre le terrorisme », a-t-il poursuivi.

« Les manœuvres et les exercices de formation français envoient aussi un message aux terroristes pour leur dire : vous ne réussirez pas à retrouver votre force ni vos niveaux d'activité de jadis, et vous ne serez plus en mesure de perpétrer vos crimes et de répandre la terreur dans le monde », a conclu al-Rubaie.

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