Droits de l'Homme

Les Palestiniens à Gaza paient le prix de l'ingérence iranienne

Par Hassan al-Obeidi à Bagdad

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Un homme palestinien porte sur son épaule un sac de farine reçu du centre de distribution de l'UNRWA dans le camp pour réfugiés de Rafah au sud de la Bande de Gaza le 17 novembre. [Said Khatib/AFP]

Les palestiniens dans la Bande de Gaza paient un prix lourd pour le soutien du régime iranien et les groupes affiliés fourni à de hauts responsables à Gaza, un affirmé un responsable local palestinien au quartier Shejaiya lundi 6 janvier.

Les réductions de financement à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) a gravement impacté l'aide humanitaire de l'organisation, a-t-il affirmé à Al-Mashareq sous couvert de l'anonymat.

Ces réductions ont été annoncées après que Hamas et le Jihad Islamique palestinien (JIP) basé à Damas ont commencé à restaurer leurs relations avec l'Iran et le Hezbollah libanais après des années de désaccords au sujet de la guerre syrienne.

L'Iran est le soutien financier depuis longtemps de Hamas et le JIP. Les deux groupes sont désignés organisations terroristes par les États-Unis.

L'alliance du JIP et Hamas avec l'Iran ne reflète pas le sentiment populaire à Gaza, a signalé le responsable.

Les palestiniens à Gaza avaient même salué l'assassinat du commandant de la Force Qods-Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI-FQ) Qassem Soleimani, a-t-il affirmé.

Des images de Gazaouis distribuant des bonbons pour célébrer l'occasion ont été publiées sur les réseaux sociaux immédiatement après la mort de Soleimani.

L'alliance avec l'Iran nuit au peuple

Les États-Unis ont annoncé le 1 septembre, 2018 qu'ils mettaient fin à tous leurs fonds en faveur de l'UNRWA.

L'agence porte son aide à plus de cinq millions de palestiniens à Gaza, Cisjordanie, Jordanie, Syrie et Liban, y compris la fourniture de soins médicaux, l’éducation et les services sociaux.

Les États-Unis avaient été le seul plus grand donateur à l'UNRWA, fournissant 364 millions de dollars en 2017 et finançant environ 30% de ses opérations dans la région.

La décision d'arrêter ou de réduire le soutien à l'UNRWA n'a pas été limitée aux États-Unis mais d'autres pays ont fait la même chose, y compris les pays arabes, a affirmé le responsable de Gaza, qui travaille dans le secteur de la santé.

Ceci pour plusieurs raisons, a-t-il expliqué, la première est que le Trésor américain avait sanctionné les chefs du JIP et Hamas.

« L'autre raison est qu'il y a des craintes que ces chefs peuvent bénéficier de l'aide humanitaire», a-t-il ajouté.

« Ainsi, nous essayons maintenant de trouver un meilleur chemin pour que l'aide pourrait être directement fournie aux familles nécessiteuses à Gaza», a-t-il précisé. « C'est une tâche difficile et compliquée, mais les dirigeants ont choisi de s'allier à l'Iran seront tenus responsables pour cela».

Le Qatar contribue aux efforts d'aide humanitaire à Gaza en distribuant des aides financières directement aux familles nécessiteuses, a-t-il indiqué.

En novembre, les banques postales à Gaza ont commencé à distribuer 7 millions de dollars sous forme de petits dons du Qatar à 70.000 familles palestiniennes pauvres dans le territoire.

L'aide occidentale à Gaza

Les Gazaouis, ainsi que les autres Palestiniens qui ont été touchés par la réduction des capacités de l'UNRWA au Liban, Jordanie et Syrie, « réalisent maintenant que la cause de leur souffrance est le mauvais choix pris par les dirigeants politiques et armés à avoir des relations avec l'Iran et le Hezbollah », a indiqué le responsable de Gaza.

Les pays occidentaux veulent des « garanties tangibles » du Hezbollah qu'il cessera de fournir son soutien aux groupes en Palestine, Syrie et Irak pour faciliter le transfert de fonds aux pauvres et nécessiteux », a expliqué l'activiste de Gaza Ali al-Manaseer.

« Le Hezbollah exploitent les [Palestiniens] pour réaliser plus d'influence et d'expansion», a-t-il dit, « alors que le peuple paie le prix pour cela car les donateurs sont inquièts au sujet du sort de leur aide et dans quelles mains elle tombera».

Les iraniens n'ont rien offert aux palestiniens, « puisque tous les projets d'éducation, santé et développement sont le résultat des contributions de pays occidentaux, y compris les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada, le Japon et les pays du Golfe », a affirmé Ashraf Khalil, un chercheur palestinien au centre de l'Information et de la recherche de la Fondation Roi Hussein en Jordanie.

Avant la suspension de l'aide américaine à l'UNRWA, les États-Unis avaient financé la construction d'un centre prosthétique intégré à l'ouest de Gaza pour aider les victimes de guerre, a-t-il affirmé à Al-Mashareq.

« Ils ont également financé un centre d'alphabétisation pour les adultes et des centres de couture pour les femmes», a-t-il dit, ajoutant que les fournitures scolaires ont été distribuées aux élèves.

D'autres pays ont aidé avec des projets, tels que la vaccination des enfants, les réparations de maisons, et les projets d'eau et d'assainissement, a fait savoir Khalil.

« La question importante maintenant; est ce que l'Iran va pallier à ce manque? ».

« Certainement pas», a-t-il confié.

Les iraniens utilisent toujours les palestiniens pour « étendre leur influence dans la région et former des milices alliées, et les palestiniens n'obtiennent rien en contrepartie», a-t-il souligné.

En ce qui concerne les moyens de confronter la crise financière à Gaza et au sein de l'UNRWA, Khalil a précisé que la solution consiste à « mettre fin à toutes les relations » avec l'Iran.

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