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Les Syriens du Liban ont besoin d'aide pour accéder à l'enseignement supérieur

Nohad Topalian à Beyrouth

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Les étudiants syriens font partie de ceux qui suivent des cours à l'université américaine de Beyrouth. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

Selon une étude récente, les réfugiés syriens au Liban sont confrontés à d'importants défis pour poursuivre des études supérieures et s'intégrer à la vie universitaire.

Cette étude, menée en février par l'Institut Issam Fares de politiques publiques et d'affaires internationales de l'Université américaine de Beyrouth (IFI-UAB), est basée sur une série d'entretiens avec des étudiants syriens.

Elle identifie certains défis majeurs, comme l'incapacité des étudiants potentiels à payer les frais de scolarité et la difficulté qu'ils ont à fournir des documents attestant de leurs antécédents et de leurs qualifications universitaires.

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Des experts discutent des difficultés auxquelles sont confrontés les étudiants syriens réfugiés au Liban, lors d'une conférence organisée le 12 septembre à Beyrouth. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

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Les difficultés que rencontrent les étudiants syriens réfugiés au Liban ont fait l'objet le 12 septembre d'une conférence intitulée « Intégrer les Syriens dans l'enseignement supérieur au Liban par la reconnaissance et l'autonomisation de leurs qualifications académiques ». [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

Les années de combat en Syrie ont causé d'importants dégâts dans l'éducation des jeunes, détruisant des écoles et des universités et dispersant les familles lors de déplacements dans toute la Syrie et dans les pays voisins, notamment le Liban.

Au cours d'une conférence organisée le 12 septembre et intitulée « Intégrer les Syriens dans l'enseignement supérieur au Liban par la reconnaissance leurs qualifications académiques », les participants ont examiné les conclusions de cette étude et discuté de la manière d'aborder les questions qu'elle soulève.

Selon le ministère libanais de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), il y a 11 740 réfugiés syriens au Liban âgés de 18 à 24 ans.

Mais seuls 7315 d'entre eux se sont inscrits dans les universités libanaises pour l'année universitaire 2017-2018, la plupart grâce à des bourses.

Des défis importants

Aya Baydawi, réfugiée de Homs âgée de 22 ans, a expliqué à Al-Mashareq qu'elle comptait terminer ses études d'économie à l'UAB cette année.

« Quand je me suis inscrite à l'université, la première difficulté que j'ai rencontrée a été de ne pas avoir mes documents scolaires », a déclaré Baydawi.

Il a été extrêmement difficile d'obtenir des duplicatas de la Syrie, a-t-elle raconté, mais ils sont finalement arrivés, « et cela m'a permis d'obtenir la bourse ».

Le deuxième défi « est la difficulté d'intégration à la vie universitaire et le fait que les méthodes d'enseignement sont totalement différentes de celles utilisées en Syrie », a-t-elle ajouté.

Islam Abou al-Hawa, 22 ans, originaire de Daraya, a également éprouvé des difficultés à s'intégrer au département d'informatique de l'UAB après avoir reçu une bourse.

« J'hésitais beaucoup à m'inscrire à l'université, parce que j'ai le statut de réfugiée et que le programme libanais est nouveau pour moi », a-t-elle déclaré.

« L'anglais était un obstacle, tout comme l'environnement universitaire, sans parler du fait que nos vies manquent de stabilité et que nous ne savons pas ce que l'avenir nous réserve », a indiqué al-Hawa.

« Les professeurs ont joué un rôle majeur en m'aidant à m'intégrer à l'université et à la vie universitaire, et j'ai même commencé à faire du bénévolat », a-t-elle rapporté.

Documents manquants

« L'étude a révélé que les principaux défis auxquels sont confrontés les étudiants syriens sont les frais d'inscription à l'université, l'absence de titres universitaires, comme des certificats, et l'impossibilité de faire authentifier ces documents en Syrie », a expliqué Hana al-Ghali, directrice du Programme de recherche sur l'éducation et les politiques de la jeunesse de l'IFI-UAB.

Les étudiants qui réussissent à accéder à l'enseignement supérieur rencontrent également des difficultés pour s'intégrer à la vie universitaire, a-t-elle poursuivi, car certains doivent aussi travailler pour aider leur famille, tandis que d'autres craignent pour leur famille en Syrie.

« Ces étudiants vivent dans un état psychologique peu enviable », a-t-elle déclaré à Al-Mashareq.

Une autre difficulté est la différence entre les deux systèmes éducatifs.

« Ils sont habitués à une méthode et à un style d'enseignement différents de ceux utilisés dans les universités libanaises, qui reposent sur l'analyse et la liberté d'expression, et ils n'y sont pas habitués », a déclaré al-Ghali.

Les bureaux d'admission des universités libanaises peuvent aider les étudiants syriens en examinant leurs antécédents scolaires pour s'assurer qu'ils sont en ordre, a-t-elle poursuivi.

Al-Ghali a expliqué que l'étude a produit une recommandation présentée lors de la conférence et qui appelle les bureaux d'admission à transmettre les demandes à la Norwegian Agency for Quality Assurance in Education (NOKUT).

La NOKUT vérifiera les qualifications de l'étudiant et fera une recommandation sur l'acceptation ou le rejet de la demande, a-t-elle précisé.

Soutien matériel et moral

Par ailleurs, l'université arabe ouverte aide les étudiants syriens au travers d'un bureau d'aide sociale, a expliqué à Al-Mashareq Bassam Azoury, directeur des admissions et des inscriptions.

Ce bureau « fournit un soutien financier et moral aux étudiants syriens pour créer les conditions favorables à leur intégration dans l'enseignement supérieur », a-t-il déclaré.

L'université compte actuellement 700 étudiants syriens, dont la plupart ont des documents manquants ou des dossiers scolaires incomplets, a-t-il indiqué.

Le personnel universitaire les rencontre pour évaluer leurs qualifications académiques afin de les intégrer dans l'enseignement supérieur, a-t-il ajouté.

Azoury a conclu en indiquant que l'université « consent tous les efforts possibles pour les aider à s'intégrer dans l'enseignement et obtenir les documents qui leur manquent ».

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Que la paix soit sur vous! Je suis un étudiant syrien. Je suis sorti de l'école à Alep depuis 2013. Je réside actuellement au Liban et je suis inscrit à la Commission des Nations Unies. S'il vous plaît, aidez-moi à poursuivre mes études.

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Salut. J'étudiais au département de sociologie à l'Université d'Alep en 2012. Cependant, je devais quitter l'université et venir au Liban. Puis-je poursuivre mes études? S'il vous plaît, faites-moi savoir.

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