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L'Arabie saoudite va présenter des « preuves » liant l'Iran aux attaques

AFP

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Le ministre de l'Énergie d'Arabie saoudite, le prince Abdoulaziz ben Salman (au centre), arrive pour une conférence de presse dans la ville côtière de Djeddah, sur la mer Rouge, mardi 17 septembre. Le royaume doit dévoiler ce mercredi des preuves qui lient l'Iran aux attaques contre des installations pétrolières stratégiques. [AFP]

L'Arabie saoudite a indiqué qu'elle allait dévoiler des preuves mercredi 18 septembre liant son ennemi iranien aux attaques contre des installations pétrolières stratégiques, tandis que le secrétaire d'État américain Mike Pompeo se rend dans le royaume pour discuter de possibles représailles.

Riyad a indiqué que les armes utilisées lors de ces frappes étaient de fabrication iranienne, mais n'a pas jusqu'à présent accusé directement la République islamique.

Cependant, le ministère saoudien de la Défense a déclaré que son porte-parole présenterait des preuves provenant du site des attaques de ce week-end qui ont réduit de moitié la production saoudienne de pétrole, provoquant un effondrement des marchés mondiaux de l'énergie.

Il « annoncera les résultats définitifs de l'enquête et présentera des preuves matérielles et des armes iraniennes prouvant l'implication du régime iranien dans ces attaques terroristes », a expliqué le ministère.

« Test grandeur nature » de la volonté internationale

Le Prince héritier Mohammed ben Salman a déclaré mercredi que cette attaque au cœur de l'industrie pétrolière du royaume est un « test grandeur nature » de la volonté internationale dans un entretien téléphonique avec le président sud-coréen Moon Jae-in qui a appelé la communauté internationale à adopter « une attitude de fermeté », ont indiqué les médias officiels.

Mardi, le ministre de l'Énergie, le Prince Abdoulaziz ben Salman, a indiqué que des enquêteurs internationaux, notamment des Nations unies, se joignaient à l'enquête, après avoir annoncé que la production reviendrait à la normale d'ici la fin du mois.

Le royaume souhaite « des preuves basées sur le professionnalisme et des normes internationalement reconnues », a-t-il déclaré.

Les Saoudiens présenteront ces preuves avant l'arrivée de Pompeo.

Le chef de la diplomatie américaine doit rencontrer le Prince Mohammed pour étudier la réponse à apporter à cette frappe, dont les États-Unis affirment qu'elle provenait d'Iran.

« Comme l'a dit le président, nous ne voulons faire la guerre à personne, mais les États-Unis sont prêts », a déclaré le vice-président Mike Pence dans un discours prononcé mardi à Washington.

Un responsable américain, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a expliqué à l'AFP que l'administration avait conclu que cette attaque impliquait des missiles de croisière iraniens et que les preuves en seraient présentées la semaine prochaine lors de l'Assemblée générale des Nations unies.

Ils préfèrent ne pas se rencontrer

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a exclu toute négociation avec Washington « à quelque niveau que ce soit ».

Cela semble réduire à néant les derniers espoirs d'une rencontre entre le président Donald Trump et son homologue iranien Hassan Rouhani aux Nations unies la semaine prochaine.

Pour leur part, les médias officiels iraniens ont indiqué que ce déplacement apparaissait de plus en plus improbable dans la mesure où les États-Unis doivent délivrer des visas à Rouhani et à sa délégation.

Mercredi, Trump a indiqué qu'il avait lui aussi revu ses intentions à la baisse sur ce qui semblait avoir toujours été un vain espoir diplomatique.

« Je n'exclus jamais rien, mais je préfère ne pas le rencontrer », a déclaré Trump.

Les Houthis (Ansarallah) du Yémen, épaulés par l'Iran, ont revendiqué les attaques de samedi contre les installations pétrolières, qui ont réduit les approvisionnements mondiaux de 6 %.

Mais un haut responsable de l'administration américaine a exprimé ses doutes sur cette revendication, expliquant que les Houthis avaient déclaré avoir utilisé dix drones, mais qu'une installation pétrolière saoudienne avait été touchée « au moins 17 fois » et une autre deux fois par des « missiles guidés de haute précision ».

De plus, ni le type de drones, « ni les missiles de croisière utilisés lors de cette attaque ne peuvent atteindre ces installations depuis le Yémen. C'est impossible », a conclu ce responsable.

L'Iran a frappé en prétextant que les Houthis sont responsables.

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