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Les États-Unis ciblent l'Iran et se préparent à réagir aux attaques contre le pétrole saoudien

AFP

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Kenneth F. McKenzie Jr, général des Marines et commandant du commandement central américain, serre la main d'officiers militaires saoudiens lors de sa visite sur une base militaire à al-Kharj, dans le centre de l'Arabie saoudite, le 18 juillet. [Fayez Nureldine/AFP]

Mardi 17 septembre, les États-Unis préparaient leur réponse à l'attaque « sans précédent » contre les installations pétrolières saoudiennes pour lesquelles ils ont accusé l'Iran.

Un responsable américain a déclaré mardi à l'AFP que les États-Unis étaient parvenus à la conclusion que l'attaque du week-end contre les installations pétrolières saoudiennes avait été lancée depuis le sol iranien et que des missiles de croisière avaient été utilisés.

Le responsable, qui a refusé d'être identifié, a fait savoir que les États-Unis recueillaient des preuves sur l'attaque pour les présenter à la communauté internationale, notamment aux alliés européens, lors de l'Assemblée générale des Nations unies la semaine prochaine.

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Le colonel Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition, montre à Kenneth F. McKenzie Jr, général des Marines et commandant du commandement central américain, et au lieutenant général Fahd ben Turki ben Abdoulaziz al-Saoud, commandant des forces de la coalition arabe dirigée par les Saoudiens au Yémen, des armes prétendument iraniennes saisies aux Houthis du Yémen par les forces saoudiennes, lors d'une visite sur une base militaire d'al-Kharj, dans le centre de l'Arabie saoudite le 18 juillet. [Fayez Nureldine/AFP]

Le président Donald Trump s'est dit prêt à aider l'Arabie saoudite, un allié essentiel, après les attaques du week-end qui ont déclenché une flambée record des prix mondiaux du pétrole, mais qu'il attendrait une détermination « définitive » des responsables.

« Nous avons beaucoup d'options », a déclaré Trump lundi, affirmant qu'il n'y avait pas de précipitation à réagir et que les discussions avec les alliés passeraient en premier.

« Je ne cherche pas à entrer dans un nouveau conflit, mais parfois il le faut », a-t-il déclaré. « C'était une très grande attaque, et elle pourrait entraîner en réponse une attaque beaucoup, beaucoup, plus grande. »

Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a déclaré lundi que l'armée américaine préparait une réponse à l'attaque et a également désigné l'Iran comme l'auteur probable.

« L'armée américaine, avec notre équipe interagences, travaille avec nos partenaires pour répondre à cette attaque sans précédent et défendre l'ordre international fondé sur des règles, qui est menacé par l'Iran », a-t-il déclaré dans un message sur les réseaux sociaux.

Le secrétaire d'État Mike Pompeo se rendra « à un moment donné » en Arabie saoudite, a fait savoir Trump, sans donner de détails.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et la chancelière allemande Angela Merkel ont encouragé mardi la communauté internationale à élaborer une « réponse collective » aux attaques.

Johnson et Merkel ont discuté des attaques lors d'une conversation téléphonique, s'accordant sur « la nécessité de travailler ensemble, avec des partenaires internationaux, pour convenir d'une réponse collective », selon Downing Street.

L'origine de l'attaque est encore incertaine

Les détails des attaques de samedi contre Abqaiq, la plus grande raffinerie de pétrole au monde, et contre le champ pétrolifère de Khurais, dans l'est de l'Arabie saoudite, n'étaient toujours pas clairs, mais elles ont réduit de moitié la production de pétrole brut du premier exportateur mondial.

Les Houthis soutenus par l'Iran (Ansarallah) ont revendiqué ces attaques, mais les États-Unis ont déclaré qu'il n'y avait aucune preuve qu'elles avaient été lancées depuis le Yémen.

À Riyad, des responsables ont déclaré que l'attaque impliquait des « armes iraniennes », mais n'ont pas non plus accusé directement la République islamique.

« Le royaume condamne ce crime odieux, qui menace la paix et la sécurité internationales, et affirme que la cible principale de cette attaque est l'approvisionnement énergétique mondial », a déclaré le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le ministère a noté que l'attaque « ressemblait aux attaques précédentes contre les stations de pompage saoudiennes d'Aramco utilisant des armes iraniennes ».

Le Wall Street Journal de lundi a rapporté que des responsables américains avaient partagé des renseignements avec Riyad indiquant que ces attaques provenaient d'Iran.

Alors que les États-Unis ont accusé l'Iran, l'évaluation de lundi sur l'origine des attaques n'a pas été rendue publique, a précisé le journal.

L'évaluation américaine a déterminé que « l'Iran a lancé plus de 20 drones et au moins une douzaine de missiles », selon des sources non identifiées.

« Mais les responsables saoudiens ont fait savoir que les États-Unis n'ont pas fourni suffisamment d'informations pour conclure que l'attaque avait été lancée depuis l'Iran, précisant que les informations américaines n'étaient pas définitives », a ajouté le Wall Street Journal.

« Des responsables américains ont déclaré qu'ils prévoyaient de partager davantage d'informations avec les Saoudiens dans les jours à venir », a indiqué le journal.

Lors d'une conférence de presse à Ankara, le président iranien Hassan Rohani a affirmé que ces attaques étaient un acte d'autodéfense des Houthis, qui luttent pour soutenir le gouvernement yéménite, contre la coalition arabe dirigée par les Saoudiens.

Appels à la retenue

Lors d'un discours à Bagdad, le chef de l'OTAN, Jens Stoltenberg, s'est déclaré « extrêmement préoccupé par le risque d'escalade » et a appelé « toutes les parties à empêcher que de telles attaques se reproduisent ».

Mais il a également condamné l'Iran pour avoir attisé la violence au Moyen-Orient.

« L'Iran soutient différents groupes terroristes et est responsable de la déstabilisation de toute la région », a-t-il accusé.

Dans le même temps, Trump a minimisé la menace qui pesait sur les marchés pétroliers mondiaux. Le Brent de la mer du Nord, marqueur de référence de Londres, a connu sa plus forte hausse lundi, augmentant de 8,80 USD, soit 14,6 %, pour s'établir à 69,02 USD le baril.

Trump a déclaré que l'économie pourrait faire face à des prix plus élevés et que les États-Unis étaient prêts à libérer une partie de leurs réserves stratégiques de pétrole si nécessaire pour en atténuer l'impact.

Lors d'un rassemblement politique au Nouveau-Mexique lundi soir, il a fait savoir que l'augmentation de la production de pétrole et de gaz naturel avait rendu les États-Unis insensibles aux tensions du Moyen-Orient.

« Il y a quelques années, ils auraient été en panique. Aujourd'hui, on a beaucoup de pétrole. On a beaucoup d'essence », a-t-il affirmé.

Cependant, au Congrès américain, certains législateurs ont mis en garde contre l'ouverture d'un nouveau front de conflit, alors que des troupes américaines se trouvent encore sur le terrain en Syrie, en Irak et en Afghanistan.

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Par Dieu, je me fiche de l’Amérique ou de ceux qui sont avec elle. Par Dieu, si le monde entier se réunit et fait ce qu’il veut, il ne pourra rien faire pour nous car nous sommes soucieux de nous conformer à la famille du prophète de Dieu (PBUH). Vous ne nous intimiderez pas et ne nous terroriserez pas, peu importe les forces que vous mobilisez. Au contraire, nous vous disons de venir ici à votre mort. Ô ennemis de Dieu, le peuple yéménite est venu vers vous pour brûler et mettre fin aux trônes du diable maladroit!

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