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Réfugiés |

Le Liban s'efforce de maintenir les enfants réfugiés syriens à l'école

Les enfants réfugiés syriens au Liban sont souvent contraints par les conditions économiques difficiles de leurs familles de travailler dans l’agriculture dans la vallée de la Bekaa au Liban. [Nohad Topalian / Al-Mashareq]

Des organisations internationales et locales s'emploient à réduire le nombre élevé d'enfants réfugiés syriens non scolarisés et travaillant dans des conditions difficiles dans la vallée de la Bekaa au Liban.

Selon une étude récente sur le travail des enfants parmi les réfugiés syriens dans la vallée de la Bekaa, 75% des personnes interrogées à l'âge de la scolarité obligatoire (de 6 à 15 ans) travaillent dans l'agriculture.

Ces enfants sont privés d'éducation formelle et travaillent dans des conditions difficiles, telles que de longues heures de travail, une maigre rémunération, des mauvais traitements ou des violences.

Un groupe d'enfants syriens sur le bord de la route à Khirbet Qanafar, dans l'ouest de la Bekaa, attend que quelqu'un les emmène au camp où ils vivent à Bar Elias après une longue journée de cueillette de fruits. [Nohad Topalian / Al-Mashareq]

L'étude révèle que la moitié des enfants qui travaillent ne vont pas à l'école parce qu'ils doivent travailler en raison de la situation financière difficile de leur famille.

La Faculté des sciences de la santé de l’Université américaine de Beyrouth a mené cette étude en partenariat avec le Ministère du travail du Liban et avec l’appui du Centre de recherches pour le développement international, de l’UNICEF, de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et de l’Organisation internationale du Travail.

Les résultats de l'étude ont été publiés le 26 juin.

La pauvreté extrême oblige les enfants à travailler

"L’étude comprenait un échantillon aléatoire de 150 camps de la Bekaa, soit 1 902 tentes, et des enfants âgés de 4 à 18 ans", a déclaré le professeur Rima Habib, directrice de l’étude. "Nous avons découvert que 75% d’entre eux travaillaient dans l’agriculture dans des conditions difficiles".

Des enfants réfugiés syriens ont parlé à des chercheurs de leur travail dans des conditions difficiles, de leur douleur physique et de leur envie de jeux et d'éducation.

"Habib a affirmé à Al-Mashareq que "les solutions sont difficiles, mais pas impossibles. Nous pouvons adopter un certain nombre d'interventions, telles que la création d'opportunités de travail pour les adultes, ciblant les familles confrontées à l'insécurité alimentaire à travers des programmes d'assistance alimentaire, l'organisation de cours de formation et les campagnes de sensibilisation sur la sécurité des enfants et l'encouragement des possibilités d’éducation par le biais de programmes d’incitations destinées aux familles".

Les conditions économiques difficiles "ont forcé les enfants, en particulier ceux d'âge scolaire, à travailler", a déclaré Jackie Atwi, responsable de la protection de l'enfance à l'UNICEF au Liban.

"L'enquête initiale menée par l'UNICEF en 2016 a montré que 67% des enfants syriens travaillent en raison du manque d'opportunités d'emploi pour leurs familles", a-t-elle indiqué dans un entretien avec Al-Mashareq.

"En coopération avec les ministères des Affaires sociales, de la Justice, du Travail, de la Santé et de l'Éducation, nous travaillons à leur fournir un environnement de santé et d'éducation adapté, afin de mettre en œuvre la Stratégie nationale de protection de l'enfance et de fournir un enseignement de qualité et un environnement sûr qui les maintient loin du travail et du décrochage scolaire", a-t-elle expliqué.

Ramener les enfants à l'école

"Il est prévu de les ramener à l'école en coopération avec le ministère de l'Éducation grâce aux efforts importants déployés par plusieurs organisations pour créer des conditions adéquates dans les écoles, accompagnées de campagnes de sensibilisation sur l'importance de l'éducation", a déclaré Atwi.

L'UNICEF "cherche à garder les enfants âgés de 6 à 14 ans [inscrits dans] une éducation formelle afin de les tenir à l'écart du travail", a dit Atwi. "Nous travaillons sur un programme éducatif intégré pour ceux qui ont tendance à travailler et ceux qui ont abandonné l'école il y a longtemps".

Les programmes comprennent des cours d'alphabétisation qui prennent en compte les besoins de l'enfant pour qu'il reprenne une éducation normale, a-t-elle poursuivi. Il existe également des cours de réinsertion pour les enfants plus âgés, que ce soit pour retourner à l'école ou pour trouver des emplois adaptés à leur âge.

"Nous travaillons également avec les familles dans le cadre d'un programme spécifique afin qu'elles puissent apprendre à vacciner leurs enfants et à bien les élever", a-t-elle fait savoir.

Combattre le travail des enfants

L'étude "reflète la réalité du travail des enfants réfugiés syriens au Liban", a déclaré Leila Assi, chef de l'unité sur le travail des enfants de Beyond Association, qui a contribué à la réalisation de l'étude.

L'association travaille par le biais de ses centres situés dans des camps pour mettre fin au travail des enfants réfugiés syriens en coopération avec les ministères de l'Éducation, des Affaires sociales, du Travail et de la Santé, des organisations internationales et des agences de sécurité, a-t-elle dit à Al-Mashareq.

"Nous cherchons à protéger les enfants contre le travail, à leur donner leurs droits en matière d’éducation, à les ramener à l’école et à les protéger grâce à un programme de soutien psychosocial offert dans notre centre de Saadnayel au Bekaa", a-t-elle indiqué.

"Au travers de ses nombreux programmes, notre association œuvre à la réintégration des enfants dans leur environnement naturel, loin des travaux pénibles imposés par les conditions économiques de leurs familles", a ajouté Assi.

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