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Un réseau médiatique du CGRI tente de déformer l'opinion mondiale

Sultan al-Barei à Riyad et AFP

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Plusieurs journaux iraniens font partie de la machine médiatique du CGRI et propagent de fausses informations. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]Plusieurs journaux iraniens font partie de la machine médiatique du CGRI et propagent de fausses informations. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Pour tenter de manipuler la perception mondiale de ses activités et de cibler ses adversaires, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) d'Iran a créé une immense machine médiatique, ont rapporté des experts à Al-Mashareq.

Celle-ci fonctionne « à l'intérieur et à l'extérieur de l'Iran, en particulier au Liban, où des centres de médias font l'apologie à grande échelle du CGRI et de ses idées », a fait savoir à Al-Mashareq Fathi al-Sayed, chercheur au Centre Al-Sharq d'études régionales et stratégiques.

En plus de promouvoir les actions et l'idéologie du CGRI, cette campagne médiatique sert également à propager des informations fausses ou exagérées qui servent ses intérêts ou lui confèrent une bonne image, a précisé al-Sayed, spécialiste des affaires iraniennes.

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Cette combinaison d'images, créée le 22 août 2018, montre une photo prise le 23 mars 2018 de logos Twitter sur un écran d'ordinateur à Pékin et une photo du logo Facebook prise le 28 avril 2018 publiée sur un écran et reprise sur une tablette à Paris. [Nicolas Asfouri/Lionel Bonaventure/AFP]Cette combinaison d'images, créée le 22 août 2018, montre une photo prise le 23 mars 2018 de logos Twitter sur un écran d'ordinateur à Pékin et une photo du logo Facebook prise le 28 avril 2018 publiée sur un écran et reprise sur une tablette à Paris. [Nicolas Asfouri/Lionel Bonaventure/AFP]

« À ce stade, le CGRI concentre ses efforts médiatiques sur certains pays du Golfe, en particulier l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, et bien sûr les États-Unis », a-t-il précisé.

L'objectif premier de cette opération médiatique est de soutenir « la propagande militaire de l'Iran et d'exagérer ses capacités militaires », a expliqué al-Sayed.

Mais elle essaie également d'obtenir du soutien pour le CGRI à un moment où les Iraniens « s'inquiètent de plus en plus de la rigueur financière et du non-versement des allocations mensuelles », a-t-il indiqué.

Opération médiatique à grande échelle

Le CGRI « est aujourd'hui à la tête d'un grand nombre de sites internet et de faux comptes de réseaux sociaux qui diffusent de fausses informations à grande échelle », a déclaré à Al-Mashareq Mazen Zaki, directeur du Centre Ibn al-Waleed d'études et de recherches sur le terrain.

Par le biais de sites internet administrés par le CGRI, qui portent des noms similaires à ceux de médias réputés, ses activités médiatiques propagent également de fausses informations, a-t-il fait savoir.

Ces nouvelles sont parfois reprises et rediffusées par les médias grand public, qu'ils présument provenir de sources réputées et crédibles, a-t-il ajouté.

Ces médias grand public contribuent ainsi involontairement au cycle du mensonge, a-t-il poursuivi, car les informations qu'ils produisent sont ensuite redistribuées, ce qui leur confère de la crédibilité.

En réponse à cette exploitation de leurs plateformes, « de grands sites comme Facebook et Twitter surveillent et ferment de faux comptes, car ils enfreignent leurs conditions d'utilisation », a-t-il déclaré.

Cela a entraîné la fermeture de « centaines » de comptes liés au CGRI, a-t-il déclaré.

Des centaines de comptes « non authentiques »

En début d'année, Facebook a déclaré avoir supprimé des centaines de comptes « non authentiques » iraniens qui faisaient partie d'une vaste campagne de manipulation menée dans plus d'une vingtaine de 20 pays.

Ces pages faisaient partie d'une campagne visant à promouvoir les intérêts iraniens dans divers pays en créant de fausses identités se faisant passer pour des habitants de ces pays, selon Nathaniel Gleicher, directeur de la politique de cybersécurité chez Facebook.

Ces agents « se présentaient généralement comme des locaux, utilisant souvent de faux comptes, et ont posté des articles sur les événements actuels », dont des « commentaires réutilisant des reportages des médias d'État iraniens », a fait savoir le réseau social.

Les conflits en Syrie et au Yémen faisaient partie des sujets les plus populaires.

Fin mai, Facebook et Twitter ont déclaré avoir fermé des comptes utilisés dans une campagne iranienne sur les réseaux sociaux pour influencer l'opinion publique en se faisant passer pour des journalistes, des responsables politiques ou autres.

Facebook a ainsi supprimé 51 comptes, 36 pages et sept groupes, et trois autres sur Instagram après avoir enquêté après des informations fournies par la société de sécurité internet FireEye, a indiqué Gleicher.

Twitter a déclaré avoir supprimé début mai un réseau de 2800 comptes frauduleux provenant d'Iran, et que les enquêtes sur ces comptes se poursuivent.

Promotion des intérêts politiques de l'Iran

Un réseau de comptes de réseaux sociaux en anglais déformant l'identité de leurs auteurs a manifestement été orchestré pour promouvoir les intérêts politiques iraniens, d'après FireEye.

Il n'est pas apparu immédiatement si cette campagne était liée à une opération plus vaste d'influence des réseaux sociaux en Iran découverte l'année dernière, a déclaré FireEye.

« Les personnes à l'origine de cette activité, qui a également eu lieu sur d'autres plateformes et sites internet, ont induit les gens en erreur quant à leur identité et leurs actions », a indiqué Gleicher.

Ces acteurs, qui écrivent en anglais ou en arabe, affirment se trouver aux États-Unis ou en Europe et utilisent de faux comptes pour gérer des pages ou des groupes qui se font passer pour des organismes de presse légitimes au Moyen-Orient, a fait savoir Facebook.

« Les personnes à l'origine de ces activités se sont également présentées comme des journalistes ou d'autres personnalités et ont essayé de contacter des responsables politiques, des journalistes, des universitaires » et d'autres personnalités publiques, a rapporté Gleicher.

FireEye a indiqué que certains comptes de la campagne sur les réseaux sociaux se présentaient aux utilisateurs comme des militants, des correspondants ou des « journalistes indépendants ».

Les discours mis en avant par ces comptes comprenaient des thèmes anti-saoudiens ou opposés à la désignation par l'administration américaine du CGRI comme organisation terroriste, selon l'entreprise de cybersécurité.

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