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Facebook interrompt une vaste campagne de manipulation menée depuis l'Iran

AFP

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Sur cette photo prise le 15 janvier, un homme montre le logo Facebook sur un smartphone à Nantes, en France. Facebook a expliqué le 31 janvier avoir supprimé des centaines de comptes originaires d'Iran qui faisaient partie d'une vaste campagne de manipulation opérant dans plus de 20 pays. [Loïc Venance/AFP] 

Facebook a indiqué jeudi 31 janvier qu'il avait fermé des centaines de comptes originaires d'Iran qui faisaient partie d'une vaste campagne de manipulation opérant dans plus de 20 pays.

Le plus vaste réseau social au monde a expliqué avoir fermé 783 pages, groupes et comptes « qui s'adonnaient à des comportements non éthiques coordonnés liés à l'Iran ».

Ces pages faisaient partie d'une campagne destinée à promouvoir les intérêts de l'Iran dans divers pays, en créant de fausses identités sur Facebook ou sur Instagram comme résidents de ces pays, selon un communiqué de Nathaniel Gleicher, chef de la politique de cybersécurité chez Facebook.

« Nous pouvons prouver qu'il s'agit d'un contenu émanant d'Iran, contrôlé par des agents en Iran et dont la plupart des contenus sont retransmis depuis des agences de presse iraniennes », a précisé Gleicher lors d'un point de presse.

« Mais nous ne sommes pas en mesure d'affirmer directement qui est l'agent dans ce cas. »

Cette annonce a été la dernière en date de Facebook, qui cherche à éradiquer les efforts de la part d'agents d'État et d'autres pour manipuler le réseau social en utilisant des comptes frauduleux.

« Nous travaillons en permanence pour détecter et faire cesser ce type d'activités, parce que nous ne voulons pas que nos services soient utilisés pour manipuler les gens », a poursuivi Gleicher.

« Dans ce cas, les personnes à l'origine de cette activité s'étaient coordonnées les unes avec les autres et utilisaient de faux comptes pour se présenter ; ce fut la base de notre action. »

Typiquement, ces opérateurs « se présentaient comme des locaux, souvent en utilisant de faux comptes, et postaient des informations sur les événements en cours », a-t-il poursuivi.

Cela incluait « des commentaires qui réutilisaient des articles publiés dans les médias d'État iraniens » sur des sujets comme les conflits en Syrie et au Yémen, a expliqué Gleicher.

Collaboration avec Twitter

En août dernier, l'équipe Facebook avait cherché d'autres activités dans le cadre d'une vaste suppression de comptes liés à l'Iran, et avait collaboré avec Twitter qui avait fourni des informations provenant de cette plateforme de messagerie, a poursuivi Gleicher.

« Cela est un exemple encourageant du type de collaboration que nous cherchons à instaurer dans toute cette industrie », a-t-il ajouté.

L'opération remontant à 2010 comportait 262 pages, 356 comptes, et trois groupes sur Facebook, ainsi que 162 comptes sur Instagram, qui étaient suivis par près de deux millions d'utilisateurs.

Quelque deux millions d'utilisateurs suivaient au moins l'une de ces pages, et près de 1 600 comptes avaient rejoint au moins l'un de ces groupes.

Plus de 254 000 comptes suivaient au moins un de ces comptes Instagram.

Moins de 30 000 dollars furent au total dépensés en publicité sur les comptes Facebook ou Instagram, payés pour l'essentiel en dollars, en livres sterling et en euros, selon le réseau social.

Facebook a expliqué que ces faux comptes faisaient partie d'une campagne d'influence qui opérait en Afghanistan, en Albanie, en Algérie, à Bahreïn, en Égypte, en France, en Allemagne, en Inde, en Indonésie, en Iran, en Irak, en Israël, en Libye, au Mexique, au Maroc, au Pakistan, au Qatar, en Arabie saoudite, en Serbie, en Afrique du Sud, en Espagne, en Syrie,en Tunisie, aux États-Unis et au Yémen.

Facebook avait commencé à se pencher sur ces types d'activités après les révélations de campagnes d'influence russes lors des élections de 2016 aux États-Unis, destinées à semer la discorde.

Pour sa part, Twitter avait publié un rapport sur ses efforts de lutte contre les manipulations lors des élections américaines de 2018, soulignant qu'il avait bloqué des comptes originaires de Russie, d'Iran et du Venezuela.

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