Politique

Un œil constant sur l'Iran grâce à l'alliance stratégique entre le CCG et les États-Unis

Mohammed al-Jayousi à Manama

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Les chefs d'état-major des forces armées du Conseil de coopération du Golfe posent en prélude à une réunion le 10 septembre 2018 à Kuwait City. [Yasser al-Zayyat/AFP]

Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) est une alliance régionale forte qui a réussi à maintenir la stabilité dans le Golfe face à la menace iranienne, ont expliqué des politologues à Al-Mashareq.

Cette alliance est renforcée par son partenariat avec les États-Unis, ont-ils ajouté, soulignant qu'elle sert de modèle à de solides partenariats régionaux et internationaux capables de dissuader une éventuelle menace visant à déstabiliser le Moyen-Orient.

Depuis sa création en 1981, le CCG et ses États membres ont montré leur esprit de coopération et leur soutien réciproque, a expliqué à Al-Mashareq le politologue saoudien Abdoulrahman al-Mulhim.

« La solidarité entre les pays du CCG est un élément très important, en particulier dans la période actuelle, et est l'un des éléments les plus critiques dont nous ayons actuellement besoin », a-t-il poursuivi.

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Des soldats venus des États-Unis, du Koweït et d'autres États membres du Conseil de coopération du Golfe participent aux manœuvres militaires Eagle Resolve à Shuwaikh Port au Koweït le 6 avril 2017. Cet exercice militaire d'un mois comportait une série de démonstrations tactiques des forces terrestres, navales et aériennes. [Yasser al-Zayyat/AFP]

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Des soldats venus des États-Unis, du Koweït et d'autres États membres du Conseil de coopération du Golfe participent à l'exercice final des manœuvres militaires Eagle Resolve à Shuwaikh Port au Koweït le 6 avril 2017. [Yasser al-Zayyat/AFP]

Les États du CCG sont aujourd'hui confrontés à de nombreux défis, en particulier de l'Iran et de ses nombreux intermédiaires, a-t-il souligné, et ils doivent prendre cette menace avec tout le sérieux nécessaire.

Mais s'ils restent « alliés, unis et solidaires », aucune menace ne viendra les perturber, a-t-il précisé.

Outre le fait de compter un réseau de fortes alliances internes, les États membres du CCG s'appuient également sur des partenariats puissants avec des alliés stratégiques extérieurs à la région, au premier rang desquels les États-Unis, a continué al-Mulhim.

Ce partenariat stratégique a aidé à promouvoir un effort massif et très important de modernisation de systèmes d'armes communs, a-t-il ajouté, indiquant que les États du CCG possèdent actuellement des capacités militaires substantielles.

Maintien de l'équilibre militaire

Durant les 40 années écoulées depuis la révolution iranienne, « le régime iranien n'a eu de cesse d'intervenir dans les affaires de la nation arabe en général et des pays membres du CCG en particulier », a expliqué le journaliste politique bahreïnien Abdoullah al-Huweihi.

« Toutes les tentatives pour maintenir des relations de bon voisinage ont été vaines », a-t-il déclaré à Al-Mashareq, ajoutant que malgré plusieurs appels lancés par les leaders du Golfe et internationaux à changer de cap, l'Iran « continue de suivre sa politique hostile contre la région ».

« Construire des alliances stratégiques à la fois avec l'Occident et l'Orient restera une priorité majeure afin de protéger la sécurité et la stabilité du Golfe persique et ses richesses », a ajouté al-Huweihi.

Maintenir des liens stratégiques avec les États-Unis est une priorité essentielle, a-t-il précisé, afin de bloquer l'expansion iranienne dans le Golfe et dans les pays arabes, comme cela a été le cas au Yémen, en Irak, en Syrie et au Liban.

« La région doit réaliser l'équilibre militaire, sous la direction du CCG, en coopération et en coordination avec ses partenaires stratégiques », a encore indiqué al-Huweihi.

« L'Iran n'entend plus le langage du bon voisinage, de la logique ou de la fraternité humanitaire », a-t-il ajouté.

« C'est donc notre droit en tant que pays de mettre sur pied une force militaire qui soit en mesure de préserver notre unité, notre sécurité et notre stabilité, et de protéger nos peuples, nos patries et nos acquis nationaux », a-t-il poursuivi.

Exercices militaires conjoints

Le journaliste bahreïnien Ibrahim al-Nahham a rappelé l'insécurité qui règne dans la région du Golfe depuis la révolution iranienne de 1979, et les « tentatives permanentes de l'Iran de s'ingérer dans les affaires intérieures des États du CCG ».

L'Iran a tenté de créer des divisions sectaires dans ces sociétés et de déstabiliser ce faisant les gouvernements, ce qui confirme que « l'Iran est le premier ennemi de la stabilité de la région et de l'avenir de ses habitants », a-t-il confié à Al-Mashareq.

Il a rappelé les fondements sur lesquels le CCG a été bâti « en tant que groupe intégré à tous les niveaux, en particulier sur les plans sécuritaire et militaire ».

Cette coopération en matière de sécurité a facilité la mise en place de la force Jazeera Shield, le bras militaire du CCG, a-t-il précisé, ainsi que la tenue des actuelles manœuvres et exercices d'entraînement à la sécurité conjoints entre les États membres du CCG.

Ceux-ci comprennent notamment « Gulf Shield-1 », un exercice militaire d'un mois organisé en avril 2018 en Arabie saoudite, qui incluait plus de 25 pays et prévoyait des exercices de recherche et de sauvetage, ainsi que des opérations navales et aériennes.

Les exercices militaires avec les forces des États-Unis sont notamment « Iron Union 9 », un exercice d'entraînement conjoint entre l'armée américaine et la brigade al-Dhafra des Émirats arabes unis, qui avait débuté le 17 décembre dernier et s'était poursuivi pendant trois jours dans la région émirienne d'al-Hamra.

Cet exercice, prolongation de la série de manœuvres conjointes baptisée « Iron Claw », était destiné à accroître l'état de préparation au combat et à renforcer la capacité des forces participantes à répondre aux menaces sécuritaires.

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Je souhaite rejoindre vos rangs dans le bouclier d'al-Jazeera et la sécurité du Koweït.

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