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Au Liban, les élèves syriens rencontrent des difficultés pour s'inscrire

Par Nohad Topalian à Beyrouth

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Des élèves syriens attendent le début des cours de l'après-midi à l'école élémentaire Mazraat Yachouh, en octobre. Ils font partie des rares qui ont pu obtenir des places dans cette école cette année. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

Plusieurs réfugiés syriens ont indiqué à Al-Mashareq qu'ils ont eu du mal à inscrire leurs enfants dans des écoles publiques libanaises cette année.

Les inscriptions ont commencé début octobre et se poursuivront jusqu'à mi-novembre.

Le principal problème est que les écoliers syriens n'ont pas accès à la période matinale de travail cette année, et les places pour l'après-midi sont limitées en raison du grand nombre d'inscrits.

Par conséquent, certains parents ont été contraints d'inscrire leurs enfants dans des écoles éloignées de chez eux.

De plus, les écoles, qui ne connaissent pas toujours les règles établies pour les élèves réfugiés, demandent des pièces d'identité que certains réfugiés n'ont pas.

Cela a été le cas pour Laïla Khalil Bayazid, d'Alep, et Aïsha al-Jassim, d'al-Ajajiyah près d'al-Raqqa.

« J'essaie d'inscrire mes enfants Mohammed et Remas, âgés de dix et sept ans, à l'école élémentaire de Mazraat Yachouh, mais sans résultat », a fait savoir Bayazid, qui vit désormais à Mazraat Yachouh, dans la région d'al-Metn.

« Je suis donc allée à l'école publique d'Antelias, mais on m'y a demandé des papiers que je n'ai pas », a-t-elle rapporté à Al-Mashareq.

Al-Jassim, qui vit dans la ville de Bar Elias, dans la vallée de la Bekaa, depuis son arrivée fin 2016, a été confrontée aux mêmes difficultés.

« Je n'ai pas pu inscrire mes trois enfants l'année dernière, et lorsque je suis allée les inscrire cette année à l'école publique de la ville, ils m'ont demandé des papiers que je n'ai pas », a-t-elle expliqué à Al-Mashareq. « Je ne sais pas quoi faire. »

Résolution des problèmes

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) suit les difficultés rencontrées par les réfugiés syriens pour l'inscription de leurs enfants, a déclaré Elena Cepera, responsable de l'Unité pédagogique du HCR.

Pour répondre aux problèmes et aider les réfugiés à inscrire leurs enfants à l'école, le HCR et ses organisations partenaires ont mis en place une aide téléphonique que les parents peuvent contacter au 0159300.

« La plupart des problèmes que rencontrent les réfugiés syriens sont liés au manque de places pour leurs enfants dans les écoles qu'ils ont choisies, et au fait de devoir trouver d'autres écoles qui peuvent être très éloignées de leurs domiciles », a indiqué Cepera À Al-Mashareq.

« L'un des problèmes est aussi le manque d'informations et la mauvaise compréhension par les administrations des écoles et les parents d'élèves des circulaires publiées par le ministère de l'Éducation concernant l'inscription et l'admission », a-t-elle ajouté.

Ces problèmes peuvent être résolus, a souligné Cepera, prenant pour exemple la campagne « Héros de l'école » lancée le 31 août.

Cette campagne du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, menée en partenariat avec le HCR et d'autres organisations internationales, encourage les réfugiés syriens et les Libanais à reprendre le chemin de l'école.

« Nous voulons en inscrire 220 000 pour l'année scolaire 2017-2018, soit 25 000 de plus que les 196 000 de l'année dernière », a-t-elle précisé. « Le ministère a permis à plus d'écoles de proposer des cours l'après-midi, afin d'accueillir autant d'élèves que possible. »

Campagnes de sensibilisation

L'UNICEF s'est également penché sur les problèmes des réfugiés syriens qui souhaitent inscrire leurs enfants à l'école.

« Nous avons reçu des plaintes sur la ligne téléphonique, et la plupart concernaient l'impossibilité d'inscrire les enfants dans des écoles particulières », a fait savoir à Al-Mashareq le responsable média de l'UNICEF Salam Abdoul-Moneim al-Janabi.

« Après enquête, nous avons découvert que certaines écoles avaient dépassé leur capacité d'élèves inscrits », a-t-il rapporté.

Le fait que certaines écoles publiques n'aient toujours pas reçu la circulaire du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur leur enjoignant faciliter l'inscription des élèves syriens est un autre problème, a-t-il poursuivi.

Des organisations de la société civile travaillant avec l'UNICEF aident à résoudre ces problèmes, a fait savoir al-Janabi, ajoutant que les problèmes d'inscription sont référés au ministère, « qui en assure le suivi ».

Des employés et des bénévoles de l'UNICEF mènent également des visites de terrain, notamment dans les zones où le taux d'inscription est élevé, pour montrer aux réfugiés comment inscrire leurs enfants et pour distribuer des prospectus contenant la liste des documents nécessaires, a-t-il expliqué.

Pour encourager la présence à l'école parmi la population réfugiée, a ajouté al-Janabi, le ministère « a limité le nombre de documents requis pour l'inscription ».

Seuls deux documents sont obligatoires, a-t-il déclaré : « l'un étant un certificat qui prouve l'âge de l'enfant, et l'autre établissant leur état de santé. »

Cela n'a cependant pas été clairement communiqué aux écoles, « ce qui a créé un problème exigeant l'intervention de toutes les parties prenantes, y compris les ministères, les organisations et les associations », a-t-il poursuivi.

L'UNICEF établit également une liste des enfants en âge d'aller à l'école et en attente d'inscription.

Ces listes d'attente « sont presque prêtes », a fait savoir le Fonds. « Nous les enverrons au ministère pour ouvrir davantage de cours d'après-midi, ou autant que nécessaire pour fournir une éducation au plus grand nombre d'écoliers syriens. »

Ajout de cours l'après-midi

Le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur s'efforce de résoudre les problèmes que les réfugiés syriens rencontrent pour l'inscription dans les écoles, a affirmé Sonia Khoury, directrice du Programme global d'éducation du ministère.

« Nous essayons d'en accueillir le plus possible dans des cours d'après-midi, car ceux du matin sont pleins », a-t-elle indiqué à Al-Mashareq.

Khoury a déclaré qu'un des problèmes est que « certains parents [insistent] pour inscrire leurs enfants aux cours du matin, alors que les écoles ne peuvent déjà plus s'occuper de tous les élèves libanais ».

Pour résoudre ce problème, le ministère a ouvert des cours d'après-midi dans 51 écoles de plus pour les réfugiés syriens, a-t-elle indiqué, « faisant passer le nombre d'écoles libanaises leur proposant une éducation à 364 ».

« Le ministère de l'Éducation ne peut pas les accepter dans les cours du matin, car les contributions apportées par les organisations et les bailleurs de fonds internationaux ne suffisent pas pour couvrir le coût actuel de leur éducation », a déploré Khoury.

Les dons « suffisent à couvrir le coût des cours d'après-midi, et le ministère contribue en mettant à disposition ses bâtiments et ses équipements scolaires », a-t-elle conclu.

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J'ai deux enfants à l'école publique de Bteghrine. Mon fils aîné a été insceit à cette école pendant trois ans, en assistant aux cours de l'après-midi. C'est la quatrième année pour lui à l'école, mais le directeur a refusé de l'inscrire cette fois-ci. Et mon plus jeune fils a été à l'école pendant un an, et c'est sa deuxième année. Pourtant, je ne pouvais pas les inscrire à l'école publique de Bteghrine. Veuillez prendre note que le directeur de l'école a refusé d'inscrire les étudiants syriens, à l'exception de quatre ou cinq qui ont été acceptés sur la base du népotisme et du favoritisme.

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J'habite à Bikfaya et j'ai inscris mes enfants à Dbayeh parce que les écoles de Bikfaya ont refusé d'enregistrer mes enfants. Malheureusement, aucun conducteur n'a accepté de les emmener à l'école à cause de la longue distance. Par conséquent, j'ai empêché mes enfants d'aller à l'école. S'il vous plaît, je veux une solution pour ce problème.

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