Réfugiés

Manque d'infrastructure dans les communautés hôtes du sud du Liban

Par Nohad Topalian à Beyrouth

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Des enfants réfugiés syriens devant leur tente à Marj al-Khokh, un camp improvisé à Jdeidet Marjayoun, dans le sud du Liban. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

Une délégation de hauts responsables libanais et internationaux se sont récemment rendus dans le sud du Liban pour évaluer l'impact de la crise des réfugiés syriens dans cette région.

Cette visite du 16 mai a réuni le ministre d'État aux Affaires des réfugiés Moein al-Merhebi, le coordinateur et résident humanitaire de l'ONU Philippe Lazzarini et le directeur général du Fonds Economique et Social pour le développement Haitham Omar dans la ville de Tyr, celles de Shebaa et Kfarshoub dans la région d'Arqoub, et Marj al-Khokh, un camp informel à Jdeidet Marjayoun.

À Shebaa, plus de 10 000 Syriens déplacés de la ville de Beit Jinn et des fermes environnantes ont trouvé refuge dans des maisons et des pièces depuis le début du conflit syrien, a rapporté le directeur municipal Mohammed Saab.

« Nous sommes une communauté agricole pauvre, et la ville souffrait de graves manques d'infrastructure pour les eaux usées, l'eau et les routes même avant la [crise] des réfugiés syriens », a-t-il fait savoir.

« Aujourd'hui, il nous faut réhabiliter l'infrastructure [pour faire face] à l'énorme pression qu'elle subie, et nous avons aussi besoin de projets de développement pour améliorer la ville et la région d'Arqoub », a-t-il ajouté.

La municipalité fait ce qu'elle peut pour aider les réfugiés, a-t-il indiqué, notant que « les relations entre les résidents et les réfugiés sont bonnes et amiables ».

Conditions difficiles

Fatima al-Khalil Hamada, réfugiée syrienne, a déclaré à Al-Mashareq qu'elle vit à Shebaa depuis trois ans avec ses trois petits-enfants ayant perdu leurs parents

« Les habitants m'aident malgré les circonstances difficiles », a-t-elle indiqué.

L'école publique de Shebaa accueille actuellement 700 enfants syriens et 400 enfants libanais, selon le principal de l'école Hatem Ghanem, qui a indiqué à la délégation que l'établissement a besoin d'une rénovation, et a demandé de l'aide pour les écoliers syriens.

Dans le camp de Marj al-Khokh, environ 1 500 réfugiés de la province d'Idlib ont trouvé refuge dans près de 200 tentes.

« Trois familles, soit environ quinze personnes de tous âges, vivent dans une même tente, avec des fuites d'eau saumâtre », a rapporté la réfugiée syrienne Khalidiya Mohammed al-Jarf en parlant du camp.

« Bien que nous ayons reçu de l'aide d'organisations internationales, nous avons toujours grandement besoin d'eau, d'électricité et d'éducation pour nos enfants », a-t-elle fait savoir.

Manque d'infrastructure

« La visite nous a fait comprendre la gravité des problèmes sanitaires, environnementaux et sociaux auxquels ils sont confrontés », a déclaré al-Merhebi.

« Grâce aux directeurs municipaux et aux communautés, nous avons appris que leurs problèmes portent principalement sur l'infrastructure », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Les inquiétudes les plus importantes concernent le manque d'eau et de réseaux d'eaux usées et de gestion des déchets, qui mène à la contamination de l'eau, des puits et des terres agricoles à cause des eaux usées provenant des camps improvisés, a-t-il précisé.

Ces camps non officiels ne sont pas équipés de sources d'eau potable ou de stations d'épuration, a ajouté al-Merhebi.

« Nous avons discuté à ce sujet avec la municipalité de Jdeidet Marjayoun de la possibilité de déplacer le camp de Marj al-Khokh vers un endroit qui n'engendrerait pas de dégâts pour eux ou pour les eaux souterraines », a-t-il déclaré.

Al-Merhebi a indiqué que le gouvernement souhaite améliorer les conditions de toutes les communautés hôtes du Liban, car si les conditions sont meilleures pour les Libanais, elles le seront aussi pour les réfugiés syriens.

Soutien accru

« Nous avons constaté que les communautés hôtes au Liban souffrent de problèmes liés à l'infrastructure, à la pollution de l'eau, aux eaux usées et à la gestion des déchets », a fait savoir Lazzarini.

Toutes les choses que les directeurs municipaux et les communautés hôtes demandent peuvent être considérées comme « des besoins urgents, et elles nécessitent que nous, en tant qu'organisation de l'ONU, suivions cela et que nous augmentions l'aide que nous fournissons », a-t-il déclaré.

« Nous organisons des réunions périodiques avec le ministère d'État aux Affaires des réfugiés pour définir les priorités régionales et les secteurs dans lesquels investir », a-t-il fait savoir.

« Notre priorité porte sur environ 300 communautés hôtes dans le nord du Liban, dans la vallée de la Bekaa et dans le sud », a informé Lazzarini.

Un mécanisme financier a été créé avec la Banque mondiale pour obtenir des intérêts à faible intérêt, et le Liban a droit à plusieurs d'entre eux pour réhabiliter l'infrastructure, les réseaux routiers, l'eau, l'assainissement et le secteur de la santé, a-t-il ajouté.

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Je m'appelle Bassel Mustafa Mustafa. Je suis d'Afrain, de la campagne d'Alep en Syrie. Je suis un Kurde, et maintenant je vis au Liban. Je suis marié et j'ai un enfant handicapé. Je n'ai pas de l'argent pour le traiter. Je n'ai pas de ressources financières ici, et donc, je veux immigrer d'ici.

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