Sécurité

Le Liban réhabilitera la base aérienne de Rayak dans la Bekaa

Par Nohad Topalian à Beyrouth

image

Des unités terrestres de l'armée reçoivent une formation sur la protection des frontières. [Photo fournie par la Direction de l'orientation de l'armée]

Des travaux de réhabilitation sont en cours pour agrandir et améliorer un centre de formation à la gestion des frontières sur la base aérienne de Rayak, dans la vallée de la Bekaa au Liban.

Cet effort fait partie d'un projet libanais de Gestion intégrée des frontières (GIF) de six ans, financé par l'Union européenne et mis en œuvre par le Centre international pour le développement des politiques migratoires, basé à Vienne.

Cette réhabilitation du centre fait partie de la seconde phase du projet et devrait être terminée en septembre.

Ce centre a pour but de renforcer les capacités sur le terrain de cinq agences de sécurité libanaises afin de garantir la gestion intégrée des frontières. La formation portera principalement sur la protection des frontières et la lutte contre la contrebande, l'infiltration et le terrorisme.

Une fois les travaux terminés, le centre pourra accueillir 200 stagiaires par formation, fournira un entraînement avancé aux forces de l'armée et de sécurité, et facilitera l'échange d'expertise.

Le centre inclura « des grandes salles pour la formation et les ateliers, de petites salles, des bureaux, une bibliothèque de formation, des dortoirs, des espaces de détente et une cantine », a expliqué Phil Johnson, qui dirige l'équipe libanaise d'experts techniques en GIF.

Des régiments frontaliers et d'autres unités apprendront comment patrouiller aux frontières et empêcher l'infiltration, et ils amélioreront leurs performances et leurs capacités techniques et tactiques, selon la Direction de l'orientation de l'armée.

« Cela servira activement à l'armée et aux services de sécurité, en renforçant le niveau de collaboration et de coopération entre les différentes agences, et en mutualisant les méthodes de formation », a affirmé la direction.

Renforcer le contrôle des frontières

Le moment choisi pour la réhabilitation du centre de formation est « important », a déclaré Johnson.

La situation à la frontière orientale est critique, a-t-il rapporté, « et il est urgent de pouvoir contrôler efficacement le flux de personnes franchissant la frontière libanaise dans les deux sens, que ce soit des réfugiés, de simples civils ou des terroristes ».

Les régiments chargés de la protection de la frontière est ont suffisamment de personnel, a-t-il expliqué, mais ils ont besoin de davantage d'entraînement.

Grâce à l'emplacement du centre, près de la frontière, et à l'augmentation de sa taille, tous les régiments frontaliers terrestres pourront y être formés, a-t-il ajouté.

Une fois que le centre sera pleinement opérationnel, les forces terrestres « seront formées à la protection et au contrôle des frontières, y compris pour la gestion des opérations de routine pour vérifier l'identité des voyageurs et la façon de les fouiller et de les questionner », a-t-il précisé.

Des responsables du projet travaillent avec le commandement de l'armée pour définir le champ de travail du centre et les principes de la formation militaire, qui comprend la protection des droits de l'Homme, la lutte contre le trafic de personnes et de drogues, a rapporté Johnson.

« Les autres tâches consisteront à inspecter les véhicules et les personnes, interroger les voyageurs, authentifier des documents et gérer une scène de crime », a-t-il expliqué.

« Il est essentiel que les agences de sécurité travaillent ensemble pour protéger et contrôler la frontière, conformément à la stratégie nationale du Liban », a conclu Johnson.

Importance du centre de formation

La protection des frontières est une exigence de base pour le Liban, a déclaré le général de brigade George Nader, stratège militaire et officier à la retraite de l'armée libanaise.

Après que l'armée syrienne se fut retirée du Liban, la première force terrestre a été formée en 2009 pour protéger la frontière nord du pays, a-t-il rappelé à Al-Mashareq.

Avec la guerre en cours en Syrie, trois unités terrestres au total ont dû être créées, dont une opérant à Arsal, le long de la frontière libanaise longue de 350 km, a-t-il ajouté.

Un quatrième régiment terrestre doit être formé, a indiqué Nader, et un cinquième et un sixième devraient suivre pour renforcer encore davantage le contrôle de la frontière.

Ces nouveaux régiments auront besoin de plus d'entraînement afin de remplir leur mission de protection et de contrôle de la frontière, a-t-il poursuivi.

Le quatrième régiment nécessitera aussi un entraînement et un soutien « pour garantir qu'il puisse être déployé aux endroits les plus lointaines de la frontière avec la Syrie », a-t-il déclaré.

Pour ces raisons, a affirmé Nader, le centre est « extrêmement important ».

« Il fournira une formation de haut niveau à ses membres et une expertise en profondeur dans la patrouille et la protection de la frontière, ainsi que pour empêcher les opérations de contrebande et d'infiltration vers le Liban », a-t-il indiqué.

« Mais ce qui est encore plus important, c'est qu'il apportera un langage et des techniques partagés dans le domaine de la protection frontalière », a-t-il déclaré.

Aimez-vous cet article?
2
0 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire