Religion

Après les attentats contre des églises en Égypte, les coptes se plaignent des extrémistes

Par l'AFP

image

Le 11 avril, dans le quartier de Shubra, dans le nord du Caire, des Égyptiennes passent devant la boutique d'accessoires d'une église proposant des crucifix et des images de Jésus et de figures religieuses coptes orthodoxes. [Khaled Desouki/AFP]

Pendant des années, le copte égyptien Michel Fahmy a pu entendre le prédicateur musulman invoquer la colère de Dieu sur les chrétiens dans des sermons crachés par les haut-parleurs d'une mosquée près de chez lui.

Ce message radical, explique-t-il, est l'une des raisons des attaques extrémistes contre la minorité à laquelle il appartient, comme le double attentat à la bombe contre des églises perpétrés dimanche 9 avril, qui ont fait 45 morts.

Ces attentats faisaient suite à un attentat suicide du 11 décembre dans une église du Caire. « L'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) a revendiqué ces trois attaques.

« Dans les mosquées, il y a des prières pour faire du mal aux chrétiens », rapporte Fahmy, faisant référence aux sermons de la prière de vendredi, lors desquels certains prédicateurs ont accompagné leurs congrégations dans des imprécations contre les « ennemis » de l'islam.

« Ils incitent à la violence, les jeunes sont emplis de haine contre nous et passent à l'acte », déclare cet homme de 50 ans, propriétaire d'une boutique de souvenirs au Caire.

« Cela nous préoccupe tous. Cela conduit au terrorisme et au fait que les chrétiens soient pris pour cible », ajoute-t-il.

Le choc des attentats du dimanche des Rameaux était visible sur les visages des coptes faisant leurs achats de la semaine sainte alors qu'ils passaient devant les crucifix en bois et les statues de Jésus et de Marie exposées devant le magasin de Fahmy.

« La société n'enseigne pas aux jeunes que les musulmans et les coptes sont frères et font partie de la même nation. L'éducation joue un rôle très important », affirme-t-il.

Certains coptes accusent le système scolaire, où les musulmans et les chrétiens n'ont pas les mêmes cours religieux.

« Le problème commence à l'école, où les enfants sont traités différemment », déclare Lillian Anis, 23 ans, qui travaille dans une boutique de vêtements.

« À l'école, certains refusaient de me parler parce que je suis chrétien », ajoute-t-elle.

Les chrétiens coptes se plaignent aussi depuis longtemps du discours radical dans certaines mosquées et sur les chaînes satellitaires islamiques.

« Incitation omniprésente »

Plusieurs chrétiens coptes ont indiqué à l'AFP qu'ils avaient entendu des messages similaires lors des sermons du vendredi ou sur les chaînes de télévision islamiques.

Le président Abdel Fattah al-Sissi a exhorté à plusieurs reprises l'Al-Azhar du Caire, institution sunnite prestigieuse, à « moderniser son discours religieux ».

Après l'attentat à la bombe de dimanche, il a déclaré qu'une commission serait mise en place pour traiter ce problème.

Bon nombre des chaînes satellitaires islamiques en Égypte qui diffusent des reproches concernant les chrétiens ont été fermées après l'évincement du président Mohamed Morsi en 2013.

Le ministère de l'Awqaf, qui supervise les mosquées, a également sévi contre les prédicateurs et les mosquées non licenciés, et choisit le sujet des sermons du vendredi pour tout le pays , pour éviter tout contenu politique potentiellement subversif.

Les troubles sectaires en Égypte se sont multipliés depuis les années 1970, lorsqu'une partie de l'opinion jugeait que le président Anouar el-Sadate accordait plus de pouvoir aux islamistes, au détriment de ses opposants socialistes.

Ces violences étaient généralement basées sur des rumeurs de relations amoureuses entre chrétiens et musulmans, ou des signalements selon lesquels des chrétiens bâtissaient des églises.

Avant les récents attentats, les extrémistes s'en étaient déjà pris à des chrétiens, un kamikaze se faisant sauter devant une église copte à Alexandrie en 2011.

Certains islamistes extrémistes considèrent les chrétiens comme des citoyens de seconde zone.

Abram Anis, étudiant en droit, affirme que les extrémistes « ont le cerveau manipulé par les propos anti-chrétiens qu'ils entendent partout ».

Les attentats de dimanche ont rappelé le danger qu'il y a à monter l'opinion contre la minorité chrétienne, qui représente environ 10 % des 90 millions d'Égyptiens.

« J'ai peur pour ma fille, je ne peux m'empêcher d'être inquiéte », déclare Hala Bushra, serrant la main de sa fille de cinq ans.

Aimez-vous cet article?

4 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire * INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE 1500 / 1500

A propos, vous êtes un site Web d'informations d'ordures. Vous voulez inciter à la haine et semer la division entre les gens. Cette nouvelle est très ancienne; Je l'ai lu il y a un mois, et vous insistez toujours à le publier.

Répondre

Un article d'ordures qui favorise la haine et le racisme entre les deux composantes du pays. Les mosquées n'incitent jamais à la violence contre nos frères; Plutôt, elles les appellent toujours à montrer un bon traitement envers nos frères.

Répondre

Tout d'abord, je m'appelle Mohamed. Quand j'étais petit, entre la maternelle et l'école secondaire, une famille chrétienne vivait dans la même maison. Nous avons grandi ensemble. Nous étions voisins et nous ne savions pas quelle était la différence entre nous, sauf que nous prions les vendredis et ils priaient le dimanche. Nous mangions, boissions et jouions ensemble, et nous ne connaissions ni haine ni malice.

Répondre

Tout d'abord, cet article comporte des erreurs. Par exemple, le mot 'Copte' est une variante du mot Kemt. Dans la langue pharaonique, Kemt signifie «terre noire», ce qui signifie l'Egypte. Alors, Copte signifie égyptien, pas musulman, chrétien ou juif. Tous les habitants de l'Egypte sont donc des coptes indépendamment de leurs religions.

Répondre