Terrorisme

L'armée libanaise capture deux hauts commandants de l'EIIL à Arsal

Par Nohad Topalian à Beyrouth

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Des soldats libanais patrouillent la ville frontalière d'Arsal,où des opérations contre des groupes terroristes comme « l'État islamique en Irak et au Levant » sont en cours. [Photo fournie par la direction des données de l'armée libanaise]

La semaine dernière, une unité spéciale de la branche des renseignements de l'armée libanaise a capturé deux chefs de « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) suite à une fusillade à Wadi Ata, près de la ville frontalière d'Arsal, dans le nord du pays.

L'opération a eu lieu le 4 août, près d'une école d'Arsal, a indiqué à Al-Mashareq Salman Andary, journaliste de terrain pour Sky News TV. Celui-ci a décrit les deux hommes comme des « cerveaux de l'EIIL ».

Il s'agissait de Sameh al-Breidi, aussi appelé Sameh al-Sultan, qui est mort de ses blessures, et de Tariq al-Fliti. Les deux hommes étaient recherchés pour terrorisme.

L'armée a également arrêté dans l'opération deux Syriens.

Ce raid de contre-terrorisme a été le résultat d'une surveillance, et a coïncidé avec le deuxième anniversaire de l'incursion meurtrière dans Arsal de l'EIIL et du groupe anciennement appelé Front al-Nosra (FAN).

Cette opération s'est déroulée parmi des rumeurs indiquant que l'EIIL avait publié une « liste de cibles » visant des figures locales importantes, et elle a soulagé les résidents.

Agents hauts placés de l'EIIL

Al-Fliti et al-Breidi étaient les plus hauts commandants de l'EIIL au Liban, a déclaré Andary.

Chacun d'eux avait perpétré plusieurs attaques contre l'armée libanaise et les habitants d'Arsal, a-t-il ajouté, dont la récente tentative d'assassinat du maire Mouhammad Alouli.

Les deux hommes sont accusés d'avoir monté et transporté des voitures piégées vers le Liban, ainsi que d'avoir dirigé pour l'EIIL des attaques, des exécutions et des assassinats de résidents et de membres de la sécurité, y compris le meurtre du major Pierre Machaalani et du sergent Ibrahim Zahraman en février 2013 à Arsal.

Ils sont aussi accusés d'avoir menacé la sécurité d'Arsal et d'être impliqués dans l'enlèvement de membres des forces de sécurité le 2 août 2014, a-t-il ajouté.

L'opération du 4 août a coïncidé avec le second anniversaire des affrontements d'Arsal, connu comme « le raid d'Arsal », a précisé Andary.

« Depuis le raid d'Arsal, l'armée poursuit les réseaux organisés qui prévoient des actes terroristes dans plusieurs zones », a-t-il indiqué.

Suite à l'opération, l'armée a mis toutes ses unités dans le nord de la plaine de la Bekaa et dans les zones alentour en prévision de possibles représailles, a-t-il déclaré, « et continue presque quotidiennement à bombarder les activistes dans les faubourgs d'Arsal et de Baalbek avec de l'artillerie lourde pour tenir à l'écart les groupes armés à la frontière ».

Au cours des derniers mois, a-t-il raconté, l'armée a démantelé un grand nombre de réseaux terroristes et a fait échoué des opérations dans tout le Liban grâce à des confessions obtenues des détenus sur l'intention par l'EIIL de lancer des attaques qui sapent la stabilité.

« L'armée n'hésitera pas à briser et à combattre le terrorisme par tous les moyens possibles, pour garantir la sécurité des Libanais contre toute attaque ou menace potentielle », a-t-il affirmé.

Les habitants d'Arsal expriment leur soulagement

Les habitants d'Arsal sont soulagés par les arrestations récentes, a indiqué à Al-Mashareq le membre du conseil municipal Mohammed al-Houjairi.

« L'opération et les arrestations ont créé un important sentiment de soulagement chez les résidents qui ont vécu dans la peur quotidienne [d'une menace] d'actes terroristes contre eux et d'autres zones du Liban », a-t-il déclaré.

Grâce au rassemblement d'informations et à la surveillance, les forces de sécurité ont mené un raid soigneusement préparé venant de multiples directions, a-t-il relaté, une unité approchant depuis la ville, et une autre depuis les faubourgs.

Les actions de l'armée ont « mis un terme à la situation anormale qui existait à Arsal », a indiqué al-Hujairi, ajoutant que les habitants de la ville « soutiennent la fin de ces situations et la traque de tous les hors-la-loi ».

« Nous voulons mettre fin à l'anxiété et la peur qui nous ont accompagnées tous les jours, et les meurtres, les vols et les menaces dont nous avons été victimes. Parmi cela, l'exemple le plus récent a été la liste de cibles contenant les noms du président du conseil municipal Bassel al-Hujairi, et du maire Mohammed Alouli, qui a réchappé à une tentative d'assassinat », a-t-il déclaré.

De par les actions de l'armée, la situation de sécurité à Arsal « est bien meilleure qu'avant », a-t-il ajouté.

Le résultat du raid du 4 août est « très bon, car il a conduit à l'arrestation d'individus ayant un lourd passé de terroristes par les membres des renseignements militaires », a déclaré le général de brigade Nizar Abdel Kader, officier libanais à la retraite expert en affaires stratégiques et de sécurité.

Les crimes d'al-Fliti et d'al-Breidi incluent « le meurtre d'officiers, de soldats et de citoyens ordinaires » a-t-il indiqué, déclarant à Al-Mashareq que les deux hommes « avaient été parmi les premiers à former des cellules terroristes à Arsal ».

Leur capture « sert à confirmer que personne n'échappe à la sanction », a-t-il affirmé, ajoutant que l'incident envoie un message disant que l'État de droit « atteint tout le monde, peu importe le temps que cela prend ».

Les informations obtenues des détenus pourront également empêcher de futures attaques de se produire, a-t-il conclu.

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