Jeunesse

Les jeunes Bahreïniens s'engagent contre le terrorisme

Par Mohammed al-Jayousi à Manama

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Des jeunes Bahreïniens participent à la conférence « La jeunesse contre l'extrémisme » qui s'est tenue les 29 et 30 mai au Centre culturel d'Isa à Manama. [Mohammed al-Jayousi/Al-Shorfa]

Les jeunes Bahreïniens rassemblés à Manama les 29 et 30 mai ont appelé à la mise en place d'une stratégie médiatique nationale complète pour lutter contre l'extrémisme.

Pour enclencher ce processus, les participants à la conférence « La jeunesse contre l'extrémisme », organisée par le Centre culturel d'Isa en coopération avec plusieurs universités publiques et privées, ont recommandé la création d'un comité national de coordination pour combattre le terrorisme et l'extrémisme sous toutes ses formes.

Cette nouvelle commission comporterait des représentants des autorités sécuritaires, législatives, juridiques, éducatives, culturelles, économiques, religieuses, sociales et médiatiques, en plus d'organisations privées et de la société civile.

Les participants ont également souhaité que soit consolidées la culture du patriotisme et la mise en avant de la tolérance et du respect de la diversité intellectuelle, conformément aux préceptes de l'Islam.

Ils ont recommandé la mise en œuvre d'efforts pour souligner les symboles modérés religieux, culturels et nationaux pour qu'ils servent de ligne directrice à tous les membres de la communauté, y compris les jeunes.

Ils ont également recommandé que toutes les personnalités, institutions et chaires religieuses qui ciblent les jeunes, font l'apologie de la haine et de l'exclusion et incitent à la violence et au terrorisme soient surveillées. Ils ont demandé que soient appliquées des peines dissuasives dans le cadre de la loi et du libre exercice des droits et de la liberté d'expression, afin d'assécher les sources de l'extrémisme.

La conférence a abordé l'origine, les effets et les dangers de l'extrémisme d'un point de vue idéologique, juridique, religieux et social, les médias et l'extrémisme, et le besoin de protéger et d'immuniser la jeunesse et la société contre l'extrémisme.

Concrétiser le rôle des jeunes

« Cette conférence a atteint ses objectifs, qui étaient de faire la promotion parmi les jeunes des concepts de modération, de centrisme, d'acceptation des autres et de respect de la diversité, ainsi que de concrétiser le rôle des jeunes des deux sexes pour qu'ils participent activement au changement de société et au progrès », a déclaré Sheikh Khalid bin Khalifa Al Khalifa, directeur général du Centre culturel d'Isa.

Les jeunes qui ont assisté à cette conférence étaient désireux de discuter des problèmes du contre-terrorisme, a-t-il noté, « ce qui prouve que la nouvelle génération est consciente des dangers de l'extrémisme, de la violence et des idées qui sont destructrices pour la communauté locale, et de l'impact des événements sur les affaires locales ».

Il a souligné le fait que les jeunes ont besoin d'être ouverts sur le monde, tout en étant prudents dans leur réception des idées et des moyens de communication qui leur sont présentés, et d'être capables de résister aux techniques de lavage de cerveau utilisées par les groupes terroristes.

Des ateliers de sensibilisation et des conférences pour les jeunes « renforceront l'immunité des nouvelles générations et correspondront au penchant qu'ont les jeunes pour la construction et le développement, loin des idées de destruction et de dévastation », a-t-il ajouté.

« Le Bahreïn a été et continue d'être un leader dans la discussion et l'analyse de questions qui n'avaient jusqu'ici pas été abordées, présentées par des jeunes », a indiqué Amer al-Saeedi, professeur adjoint à la faculté de droit de l'Université royale des femmes.

Les contributions de la jeunesse lors des sessions de la conférence ont été « audacieuses et novatrices dans leur façon de mettre en avant des solutions non traditionnelles pour combattre l'extrémisme », a-t-il déclaré.

L'intérêt du Bahreïn pour la lutte contre l'extrémisme

L'organisation d'une conférence de ce type en ce moment reflète l'intérêt que porte le Bahreïn, à tous les niveaux officiels et populaires, à la lutte contre les idées extrémistes, a ajouté al-Saeedi.

Il existe une forte tendance visant à éduquer les jeunes sur les dangers de l'extrémisme et pour transformer le Bahreïn en « un modèle mondial unique » de tolérance et de coexistence, a-t-il précisé.

L'implication des jeunes dans le processus de prise de décision est devenue une question d'urgence dans cette nouvelle ère, a-t-il expliqué, ajoutant qu'ils sont devenus un facteur capital dans la conduite du pays et de la région vers la paix, la sécurité et la stabilité.

« Malheureusement, les jeunes sont devenus l'outil principal du terrorisme, et il est donc impératif de les impliquer dans la mise en avant d'idées pratiques et scientifiques qui contribuent à combattre l'extrémisme », a-t-il affirmé.

Il est vital que de tels événements « se penchent attentivement sur les idées et les mentalités d'un segment de la population qui est directement pris pour cible par les groupes terroristes », a-t-il noté.

« Le terrorisme est une forme d'étroitesse d'esprit et d'introversion, et le combattre demande de l'ouverture et l'élargissement de l'espace pour la liberté et le dialogue », a assuré al-Saeedi.

Il a montré l'Arabie Saoudite comme exemple de pays qui a fait d'importants efforts pour lancer le dialogue intellectuel et religieux et a obtenu un grand succès dans la lutte contre le fléau du terrorisme.

Consolider le message de la jeunesse

Cette conférence a fourni une « occasion en or aux jeunes pour présenter leurs idées et examiner leurs expériences intellectuelles et créatives », a déclaré Salman al-Amer, participant à la conférence et représentant l'Organisation caritative royale.

Les jeunes utilisent entre eux un langage moderne commun, « rendant le message des jeunes pour les jeunes plus profond et influent » a-t-il ajouté.

La responsabilité consistant à mettre les jeunes sur le bon chemin commence dès l'enfance avec l'implication des parents, de la famille, de l'école, de la mosquée et des médias, a-t-il expliqué.

Dans le même temps, a-t-il ajouté, « les sociétés arabes, en particulier celles du Golfe, doivent combattre les pratiques criminelles qui n'ont absolument aucun rapport avec la religion par une législation rigoureuse et en renforçant les programmes éducatifs et de conseil pour une jeunesse parfois soumise à du lavage de cerveau en faveur d'idées radicales à visée terroriste ».

Les recommandations les plus importantes de la conférence ont appelé au renforcement des initiatives académiques et à l'encouragement des jeunes à conduire et publier des études qui parlent de l'extrémisme sous ses diverses formes, a-t-il observé.

Ces études aborderaient l'extrémisme en tant que phénomène mondial, historique et social, a-t-il ajouté, et étudieraient sa tendance à évoluer et les façons de le contrer.

Il a également mis l'accent sur l'importance de clarifier et de définir les termes liés à l'extrémisme, au fanatisme, au takfîr et au terrorisme, les incorporant dans le curriculum éducatif du royaume, et d'encadrer juridiquement leur utilisation.

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