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La Russie a envoyé des avions de chasse en Libye pour soutenir ses mercenaires, affirment les États-Unis

AFP

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Un MiG-29 russe sur la base aérienne d’al-Jufra en Libye, le 19 mai. [USAFRICOM]

La Russie a récemment envoyé des avions de chasse en Libye pour soutenir les mercenaires russes qui se battent pour l’homme fort Khalifa Haftar dans ce conflit, a déclaré l’armée américaine mardi 26 mai.

Les avions militaires ont quitté la Russie et ont d’abord fait halte en Syrie, où ils « ont été repeints pour cacher leur origine russe » avant d’arriver en Libye, a indiqué le Commandement militaire américain pour l’Afrique (AFRICOM) dans un communiqué.

L’AFRICOM, basé à Stuttgart, n’a pas précisé quand ces avions étaient arrivés, se contentant de dire que c’était « récemment ».

Cela semble être la dernière infraction en date à l’embargo des Nations unies sur l’envoi d’armes en Libye, en vigueur depuis neuf ans.

À Washington, le porte-parole du Pentagone Jonathan Hoffman a déclaré que les Russes avaient envoyé « approximativement quatorze avions de chasse ».

L’AFRICOM a publié des photos des avions russes sur son flux Twitter, dont une montrant plusieurs jets MiG-29 Fulcrum et Su-35 Flankers stationnés sur une base aérienne.

Mercenaires russes évacués

Cette déclaration arrive un jour après que le gouvernement libyen reconnu par les Nations unies a annoncé que des centaines de mercenaires russes soutenant le commandant militaire rival Haftar avaient été évacués des zones de combat au sud de Tripoli.

Cette supposée retraite fait suite à une série de revers pour l’offensive menée depuis des années par Haftar pour s’emparer de la capitale du Gouvernement d’accord national (GAN) basé à Tripoli.

Le Kremlin a toujours nié toute implication dans le conflit.

Contacté par l’AFP, le ministère russe de la Défense a déclaré qu’il ne ferait « aucun commentaire pour l’instant » sur la déclaration de l’AFRICOM.

Mais Andreï Krasov, membre de la commission de défense de la chambre basse du parlement russe, a rejeté cette allégation comme étant une « fake news ».

Par ailleurs, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réaffirmé la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat et d’un « dialogue constructif » en Libye, selon son ministère, suite à des entretiens avec le président du parlement libyen.

Selon Hoffman, les étrangers doivent cesser d’alimenter la violence en Libye.

« Nous avons demandé à toutes les parties qui y agissent, c'est-à-dire les Russes, les Turcs et d’autres, de cesser leurs agissements. Nous voulons une Libye sûre et stable. »

« Impossible de le nier maintenant »

Des experts onusiens ont affirmé dans un rapport le mois dernier que le groupe Wagner, une organisation paramilitaire russe trouble considérée comme proche du président Vladimir Poutine, avait envoyé des combattants pour soutenir Haftar.

Ce rapport, soumis au Conseil de sécurité des Nations unies, estime qu’entre 800 et 1200 mercenaires de Wagner se trouveraient en Libye.

« Pendant trop longtemps, la Russie a nié toute l’étendue de son implication dans le conflit libyen en cours. Eh bien, il est impossible de le nier maintenant », a déclaré Stephen Townsend, général de l’armée américaine, dans le communiqué de l’AFRICOM.

« La Russie essaie clairement de faire pencher la balance en sa faveur en Libye », a-t-il poursuivi.

L’AFRICOM a expliqué que les actions de la Russie risquent de prolonger le conflit et d’exacerber « les pertes en vies humaines et la souffrance humaine des deux côtés ».

S’il est confirmé, le déploiement des avions de chasse russes constituerait une nouvelle violation de l’embargo sur les armes des Nations unies de 2011, qui a été souvent enfreint.

Les dirigeants mondiaux ont convenu en janvier de maintenir cet embargo en place et de cesser d’intervenir dans le conflit, mais les Nations unies ont mis en garde à plusieurs reprises que les deux camps ont continué à recevoir des armes et des combattants.

Par ailleurs, la marine américaine a déclaré que des chasseurs russes SU-35 ont volé dangereusement près d’un avion de surveillance américain P8-A au-dessus de la Méditerranée orientale mardi, la troisième interception « dangereuse et non professionnelle » de ce type au cours des deux derniers mois.

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1 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire

Si le soutien de la Russie au maréchal Haftar est réel, nous espérons qu’il portera ses fruits.

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