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Des agences préviennent que la situation s'aggrave au Yémen

Par Faisal Darem à Sanaa

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Un jeune Yéménite suspecté d'être atteint du choléra reçoit un traitement à la maternité de Sabeen à Sanaa. [Faisal Darem/Al-Mashareq]

La situation humanitaire au Yémen s'est détériorée, ont prévenu cette semaine les agences d'aide agissant dans ce pays ravagé par la guerre ; ils demandent un financement international accru pour répondre à la crise.

Selon l'UNICEF, près de 15 millions de personnes au Yémen sont en manque d'eau potable et de soins de santé basiques à cause du conflit.

Dimanche 17 septembre, a précisé l'agence de l'ONU, le nombre de cas suspectés de choléra au Yémen a atteint 681 207, et 2 086 cas mortels ont été signalés.

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Des tentes ont été érigées à la maternité de Sabeen à Sanaa pour traiter les patients souffrant de choléra. [Faisal Darem/Al-Mashareq]

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Des enfants sont traités pour une infection présumée au choléra dans une tente médicale de la maternité de Sabeen à Sanaa. [Faisal Darem/Al-Mashareq]

Près de 15,7 millions de personnes au Yémen éprouvent des difficultés pour accéder à l'eau potable et aux services de santé, a indiqué Zaid al-Alaya, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) au Yémen.

C'est l'une des raisons pour lesquelles l'épidémie de choléra s'est répandue à un tel niveau, a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

« La large propagation du choléra a poussé l'ONU à augmenter les sommes allouées au plan de réponse humanitaire », a-t-il déclaré.

L'ONU a demandé 2,3 milliards de dollars, en hausse par rapport aux 2,1 milliards demandés début 2017, pour lui permettre de mener ses activités humanitaires au Yémen, a-t-il fait savoir.

Vingt-et-un millions de Yéménites ont besoin d'aide

Al-Alaya a lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle fournisse « rapidement » des fonds au plan de réponse du Yémen, afin d'alléger les souffrances et d'améliorer la sécurité alimentaire.

« Environ 21 millions de Yéménites ont besoin d'aide humanitaire, parmi lesquels 17 millions souffrent d'insécurité alimentaire », a-t-il rapporté.

Parmi ceux-ci , 6,8 millions souffrent d'une grave insécurité alimentaire, ce qui signifie, selon la classification de malnutrition du Programme alimentaire mondial de l'ONU, qu'ils mangent un seul repas par jour et ne savent pas d'où viendra leur prochain repas.

« Après plus de 900 jours de guerre au Yémen, le système de santé est au bord de l'effondrement, ce qui augmenterait les souffrances des Yéménites », a expliqué Abdoul-Hakim al-Kahlani, porte-parole du ministère de la Santé.

« Plus de 55 % des établissements de santé ont cessé le travail, et les 45 % restants fonctionnent à un niveau minimum, selon des enquêtes menées par des organisations de l'ONU », a-t-il rapporté à Al-Mashareq.

La guerre empêche l'arrivée de médicaments et de matériel médical, a-t-il poursuivi, ajoutant que le Yémen ne reçoit que 30 % des médicaments et du matériel médical nécessaires, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Fermeture de l'aéroport de Sanaa

Mazen Ghanem, porte-parole de l'Autorité générale de l'aviation civile et de la météorologie, a appelé l'ONU a intervenir pour lever le blocus imposé à l'aéroport international de Sanaa, fermé depuis plus d'un an.

Cette fermeture a aggravé les souffrances à cause de l'arrêt des vols civils, a-t-il expliqué, ainsi que celui des vols médicaux nécessaires pour les patients ayant besoin d'un traitement à l'étranger.

L'Autorité générale de l'aviation civile et de la météorologie a appelé dimanche l'ONU et les organisations des droits de l'homme à rouvrir l'aéroport de Sanaa.

L'aéroport doit être rouvert pour des raisons humanitaires, pour sauver la vie des patients qui ont besoin d'un traitement à l'étranger, et pour permettre la livraison de médicaments et de matériel médical qui doivent en général être transportés par avion, a précisé Ghanem.

« Les statistiques du ministère de la Santé montrent que 13 395 patients sont morts depuis que l'aéroport international de Sanaa est fermé, une moyenne de 37 décès par jour », a-t-il rapporté.

Cela est principalement dû au fait que les patients n'ont pas pu se déplacer pour recevoir un traitement ou pour obtenir des médicaments ou du matériel qui devaient arriver par avion, a-t-il ajouté.

À l'heure actuelle, a-t-il poursuivi, le sort de 95 000 patients qui attendent est inconnu à cause de la fermeture de l'aéroport.

Beaucoup d'autres ont été touchés par la fermeture de l'aéroport, a-t-il signalé, dont des étudiants passant une année à l'étranger et d'autres qui souhaitent revenir, notamment car la nouvelle année scolaire a déjà commencé.

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1 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire
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Que Dieu punisse ceux qui ont imposé la fermeture de l'aéroport! Qu'ils aillent tous au diable! Ne vous impliquez pas dans des problèmes! Qu'est-ce que les maladies ont à voir avec vos conflits? Que Dieu ne leur pardonne pas et se vengent d'eux!

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