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Les Yéménites en manque d'argent trouvent des moyens de profiter de l'Aïd

Par Abou Bakr al-Yamani à Sanaa

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Des familles yéménites aux cascades de Wadi Bana dans la province d'Ibb lors de la fête de l'Aïd al-Adha. [Abou Bakr al-Yamani/Al-Mashareq]

L'insécurité et les difficultés économiques causées par la guerre ont poussé de nombreux Yéménites à rejoindre leurs villages natals ou les zones rurales célèbres pour leurs oueds et leurs cascades pendant l'Aïd al-Adha, plutôt que les villes de la côte.

Abdoul Latif Ali, employé du secteur public âgé de 32 ans, a expliqué à Al-Mashareq qu'il avait choisi de passer la fête de l'Aïd à Wadi Bana, dans la campagne de la province d'Ibb, avec ses frères.

Wadi Bana est connu pour ses paysages et ses nombreuses chutes d'eau, a-t-il ajouté.

« Je me suis également rendu dans mon village pour passer l'Aïd avec mon père, car les coûts y sont bas et nous faisons une réunion de famille », a-t-il poursuivi.

Salem Omar, employé du secteur public âgé de 37 ans, a déclaré à Al-Mashareq qu'il comptait passer cette fête dans sa province natale d'al-Mahwit, « connue pour ses oueds verdoyants, comme celui de Wadi al-Ahjar ».

Cela lui donnera « un espace pour respirer et un changement d'atmosphère et de routine quotidienne de la ville », a-t-il indiqué.

Les années précédentes, a-t-il précisé, je passais l'Aïd dans les provinces côtières d'Aden et d'al-Hodeida.

« Cependant, l'absence de paiement des salaires, la situation de sécurité et les conditions liées à la guerre m'ont contraint à amener ma famille passer la fête de l'Aïd al-Adha à Wadi al-Ahjar », a-t-il expliqué.

Inquiétudes financières et de sécurité

Morshed Saleh, employé d'une entreprise de télécommunications âgé de 42 ans, a indiqué à Al-Mashareq qu'il avait décidé de rester à Sanaa pour l'Aïd al-Adha cette année, alors qu'il était allé à Aden les fois précédentes.

Pour le deuxième jour de l'Aïd, a-t-il raconté, il compte emmener sa femme et ses deux enfants aux chutes de Bani Matar, à environ 70 km de la ville.

Saleh a fait part de son espoir de voir la guerre se terminer, et que la vie reprenne son cours normal, car il espère passer à nouveau l'Aïd à Aden.

L'économiste Abdoul Jalil Hassan a expliqué à Al-Mashareq que beaucoup de Yéménites ont choisi de passer l'Aïd al-Adha dans des régions rurales, surtout celles connues pour leur beauté naturelle, à cause des problèmes financiers et de sécurité.

« Le Yémen est caractérisé par son climat varié qui change d'une région à l'autre, et ses nombreux oueds qui sont verts presque toute l'année », a-t-il rapporté.

Parmi ceux-ci se trouve Wadi Bana, dans la province d'Ibb, Wadi al-Ahjar à al-Mahweet, Wadi Sardoud à al-Hodeida et Wadi al-Dabab à Taez, a-t-il ajouté.

Selon Hassan, le non-versement des salaires aux fonctionnaires au cours des dix derniers mois a poussé de nombreuses personnes à revenir dans leurs villages ou leurs zones rurales.

Beaucoup de Yéménites privilégient la campagne plutôt que les villes de la côte en raison des problèmes de sécurité et du moindre coût des vacances à la campagne, a expliqué l'économiste Abdo al-Wajihi à Al-Mashareq.

Dans de nombreux cas, ils peuvent rester chez de la famille et réduire le coût de cette fête en partageant les dépenses, a-t-il ajouté.

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