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Les agriculteurs d'Arsal commencent à récupérer leurs vergers

Par Nohad Topalian à Beyrouth

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Soixante-quatorze agriculteurs d'Arsal ont pu récupérer leurs vergers d'abricotiers et de cerisiers dans les zones entourant la ville après que l'armée libanaise les eut reprises à « l'État islamique » le mois dernier. [Photo tirée de la page Facebook d'Arsal al-Hadara]

Pour la première fois depuis l'été 2014, des dizaines d'agriculteurs libanais ont pu accéder à leurs terres dans les environs d'Arsal.

Beaucoup d'exploitants d'Arsal avaient été coupés de leurs terres agricoles depuis les affrontements d'août 2014 entre l'armée libanaise, « l'État islamique » (Daech) et l'ancien Front al-Nosra (FAN).

Ces terres, où poussent des vergers d'abricotiers et de cerisiers, servaient de sources principales de revenus pour de nombreux habitants.

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Jusqu'à la mi-août 2014, les vergers de la région entourant Arsal produisaient environ 60 000 tonnes d'abricots et de cerises. [Photo tirée de la page Facebook d'Arsal al-Hadara]

Mais les batailles de 2014 et l'expansion du FAN et de Daech dans les zones autour d'Arsal avaient empêché les agriculteurs d'accéder à leurs vergers et de les cultiver.

Les agriculteurs constatent les dégâts

Mohammed al-Hujairi, exploitant à Arsal, est l'un des 74 fermiers qui ont pu récupérer leurs vergers après que l'armée libanaise eut rétabli la sécurité dans la zone.

« J'ai été profondément attristé en entrant dans mon verger, où sont plantés 400 cerisiers et abricotiers, car la plupart d'entre eux avaient séché », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Une grande partie des arbres restants avaient été coupés par les éléments de Daech et du FAN pour être utilisés comme bois de chauffage ou pour être vendus, a ajouté al-Hujairi.

« Je n'ai pas pu aller sur mes terres pour m'occuper de mes arbres depuis le début des événements entre l'armée libanaise et les groupes terroristes pendant l'été 2014 », a-t-il précisé.

« J'ai perdu la source principale de mes revenus, car mon verger générait entre 5 000 et 10 000 dollars par an et en fonction de la saison », a-t-il expliqué.

Maintenant qu'il a récupéré ses terres, al-Hujairi a déclaré qu'il comptait y planter de nouveaux arbres.

Les agriculteurs d'Arsal ont pu revenir sur leurs terres grâce au travail acharné du commandement de l'armée, des agences de sécurité et des politiciens, qui ont travaillé ensemble pendant près d'un an pour parvenir à ce résultat, a commenté pour sa part Bassel al-Hujairi, le maire d'Arsal.

« Nous voyons le retour de ces 74 exploitants dans leurs vergers comme une première étape qui, nous l'espérons, se poursuivra », a-t-il déclaré à Al-Mashareq, notant que la zone récupérée représente moins de 5 % de la superficie totale des terres agricoles.

Des mesures de sécurité strictes accompagnent le retour des agriculteurs sur leurs terres, a-t-il ajouté, « car la menace sécuritaire existe toujours et émane de plusieurs sources qui pourraient s'opposer à leur retour et les exposer à des tirs de snipers ».

L'heure est venue de replanter

L'ancien maire d'Arsal Abdel-Hamid Ezzeddine a déclaré à Al-Mashareq que tous les abricotiers et les cerisiers de son verger avaient été détruits ».

« L'armée a dû les détruire avec un bulldozer pour des raisons de sécurité, à cause de son emplacement stratégique », a-t-il fait savoir. « J'ai senti une énorme boule dans ma gorge, mais je n'ai pas eu de chagrin, parce que la sécurité de ma ville et de mon pays est plus importante que des arbres. »

Les arbres peuvent être replantés, a-t-il indiqué.

Ezzeddine a accompagné l'armée libanaise le 15 juin pour identifier des terrains agricoles au sud et au sud-ouest d'Arsal.

Jusqu'ici, seuls soixante-quatorze exploitants « ont bénéficié de la décision de l'armée de permettre aux agriculteurs d'accéder à leurs vergers, où ils contrôlent tristement les quelques cerises et abricots encore accrochés aux branches », a-t-il raconté.

La zone des vergers récupérés est petite « et offre un débouché aux agriculteurs, qui n'y étaient pas retournés depuis août 2014 », a-t-il fait savoir.

Mais le processus de récupération sera long, a ajouté Ezzeddine, car les vergers doivent être réhabilités, faire l'objet de soins intensifs, et de nouveaux arbres doivent être plantés.

« Nous devons attendre deux ans avant qu'ils aient récupéré », a-t-il annoncé.

Jusqu'à mi-2014, ces arbres produisaient environ 60 000 tonnes d'abricots et de cerises, a indiqué Ezzeddine, exprimant l'espoir que la réhabilitation des terres qui ne sont pas encore accessibles aux exploitants d'Arsal se poursuivra et permettra l'augmentation des récoltes.

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1 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire
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70% des terres agricoles d'Arsal sont sous le contrôle du Hezbollah. Pourquoi ne disons-nous pas que ce parti nous empêche de notre terre et de la source de nos moyens de subsistance?

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