Réfugiés

Des incendies dans un camp de réfugiés alimentent le débat libanais sur le retour des Syriens

Par Tamer Abou Zaid à Beyrouth

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Des réfugiés syriens regardent les dégâts après un incendie ayant ravagé le 4 juillet une partie du camp de réfugiés de Tel al-Sarhoun près de la ville de Bar Elias, dans la vallée de la Bekaa. [Hassan Jarrah/AFP]

Des incendies dans deux camps de réfugiés de la vallée de la Bekaa cette semaine se sont déclenchés alors qu'un débat fait rage à Beyrouth sur le rôle que le gouvernement libanais doit jouer dans le retour des réfugiés dans les zones sûres en Syrie.

La question actuelle est de savoir si cela doit être fait en dialoguant avec le régime syrien, comme le suggère le Hezbollah et la coalition du 8 mars, ou en coordination avec l'ONU, comme suggéré par le premier ministre Saad al-Hariri et le mouvement du 14 mars.

Une fillette de sept ans est morte, et plusieurs personnes ont été blessées lorsqu'un incendie s'est déclenché dans un camp de réfugiés près de Bar Elias mardi 4 juillet, tandis qu'un autre s'était déclenché dimanche près du village de Qab Elias, tuant une personne et en blessant six.

L'incendie de Bar Elias, probablement causé par une explosion de gaz dans une tente, a détruit 22 tentes sur les 185 que compte le camp, selon le service libanais de la défense civile.

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Des réfugiés syriens nettoient les dégâts provoqués par un incendie ayant frappé le 4 juillet une partie du camp de réfugiés de Tel al-Sarhoun près de la ville de Bar Elias, dans la vallée de la Bekaa. [Hassan Jarrah/AFP]

À Qab Elias, le feu n'a épargné que trois tentes sur les 193 du camp.

Lors de la réunion ministérielle de mercredi, al-Hariri a affirmé que le retour des réfugiés syriens dans leur pays était la responsabilité de l'ONU.

L'organisation mondiale doit créer à cet effet un plan sûr, a-t-il souligné, notant que cette question est « controversée et qu'elle doit être débattue par le cabinet ».

Entre-temps, le retour d'un deuxième groupe d'environ 500 réfugiés syriens dans leurs villages d'Assal al-Ward, al-Jabba, al-Maara et Yabrud a échoué.

Le premier convoi de 53 familles avait précédemment traversé la frontière libano-syrienne. Une escorte de l'armée libanaise avait accompagné le groupe jusqu'au dernier poste frontalier, et ils ont ensuite franchi la zone sous le contrôle du Hezbollah jusqu'à la partie ouest d'al-Qalamoun.

« Il y a environ 100 000 Syriens déplacés à Arsal, et c'est un nombre important quand on le compare à la population d'Arsal, qui est d'environ 30 000 », a déclaré le maire d'Arsal Bassel al-Hujairi à Al-Mashareq.

« Nous encourageons les Syriens déplacés à retourner en toute sécurité en Syrie, surtout étant donné que l'aide et les services fournis aux réfugiés par les donateurs ont diminué, et les réfugiés et la communauté hôte sont maintenant confrontés à des conditions difficiles », a-t-il indiqué.

Le retour doit être volontaire et sûr

« L'Etat libanais doit prendre une décision aussi vite que possible quant au retour des personnes déplacées vers les zones sûres et stables en Syrie, qui sont nombreuses, sans chercher de gains politiques pour tel ou tel camp », a déclaré le député libanais Amal Abou Zaid, du bloc Changements et réforme.

« Nous devons plutôt examiner le réel gain dont bénéficiera notre pays pour chaque étape à laquelle les Libanais conviennent », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

« Le document Baabda portait sur la préservation des composantes structurelles de l'Etat libanais, surtout au niveau démographique et géographique, et sur la lutte contre l'installation de tout groupe non libanais sur le territoire du Liban », a-t-il ajouté.

« Le retour des réfugiés est une priorité pour le secrétaire général de l'ONU António Guterres, et l'envoyé spécial de l'ONU en Syrie Staffan de Mistura », a affirmé Sigrid Kaag, coordinatrice spéciale de l'ONU pour le Liban.

« Cependant, tout retour des réfugiés dans leur pays doit être volontaire et doit se faire dans des conditions de sécurité et de dignité », a-t-elle souligné.

« C'est un principe central du droit international, et il est impossible de dire aujourd'hui s'il existera des zones sûres en Syrie dans un futur proche où les réfugiés voudront retourner », a-t-elle indiqué.

« La situation est toujours extrêmement fragile et le conflit fait toujours rage », a-t-elle ajouté.

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2 COMMENTAIRE (S)

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Allah me suffit en tant que protecteur contre vous!

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Quelle est cette logique? Jusqu'à quand resteront-ils dans notre pays et suspendront nos moyens de subsistance.

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