Terrorisme

Les Yéménites cherchent à protéger leur héritage contre l'EIIL

Par Abou Bakr al-Yamani à Sanaa

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Le tombeau et la mosquée de l'important érudit soufi Ali al-Rumaimah avant et après que « l'Etat islamique en Irak et au Levant » les ait attaqués le 31 mars. [Photo fournie par le ministère yéménite de la Culture]

Le récent bombardement de la mosquée et du tombeau d'un important érudit soufi à Taez, qui fait partie d'une série d'attaques menées par des extrémistes, a déclenché une forte condamnation et des appels à l'aide à la protection de l'héritage du Yémen.

Le 31 mars, « l'Etat islamique en Irak et au Levant » a fait exploser la mosquée et le tombeau de l'important érudit soufi Ali al-Rumaimah, dans le directorat de Mashraa wa Hadnan de la province de Taez.

Cette mosquée historique, vieille de 600 ans, qui servait de centre d'enseignement et avait été la première école du directorat, a été endommagée dans l'attaque.

Les ministères yéménites de la Culture, du Tourisme et des Dotations et des Conseils, ainsi que le Conseil de la promotion du tourisme et d'autres organisations religieuses et sociales ont fermement condamné cette attaque.

Dans une déclaration publiée par des organes de presse yéménites, le ministère des Dotations et des Conseils a décrit cette attaque contre l'histoire, le patrimoine et la civilisation du Yémen comme un acte de vandalisme perpétré par « des gangs et des terroristes ».

Aide à la protection du patrimoine

Dans cette déclaration, le ministère a indiqué que les temples et les monuments historiques étaient de plus en plus pris pour cibles, ce qui vise à éliminer l'identité culturelle du peuple yéménite.

Le ministère a appelé le peuple yéménite, l'armée, la communauté et les organisations internationales intéressées par la protection du patrimoine humain à criminaliser ces actions destructives et à aider à les empêcher de se reproduire.

Le ministère du Tourisme et le Conseil de promotion du tourisme ont également condamné la destruction du tombeau d'Ali al-Rumaimah par l'EIIL, ajoutant que c'était l'un des sites historiques de la province.

Dans une déclaration publiée par des organes de presse yéménites, le ministère du Tourisme et le conseil ont condamné les « actes criminels visant l'identité et l'histoire du peuple yéménite en attaquant des temples et des dômes historiques ».

Il y a eu d'autres attaques contre le patrimoine dans les provinces d'Hadramaout, Lahj, Aden et Daleh, et plus récemment le bombardement et la destruction totale du tombeau de l'imam al-Sudi dans la province de Taiz province, a-t-il précisé.

« Ce groupe continue de mener ses actes terroristes belliqueux contre le patrimoine du Yémen sans motivation religieuse ou morale », a affirmé le ministère.

Une attaque contre des lieux saints musulmans

Le Forum soufi islamique a indiqué dans une déclaration que le bombardement avait endommagé la mosquée historique du tombeau, qui avait servi de première école pour le directorat de Mashraa wa Hadnan.

« Cet acte destructeur fait partie d'une série de crimes commis dans le directorat par le groupe qui se fait appeler EIIL, comprenant des meurtres, des massacres et l'incendie et la démolition de maisons et de tombeaux », a précisé le communiqué.

Le bombardement du tombeau et les dégâts causés à la mosquée adjacente « sont une attaque contre des lieux saints musulmans et les mosquées et les maisons de Dieu », a affirmé Cheikh Yahya al-Najjar, membre de l'Association yéménite des érudits.

« Ces actes sont condamnés par les imams musulmans et leurs congrégations, car ils enfreignent les interdictions édictées par la charia », a-t-il fait savoir à Al-Mashareq.

Al-Najjar a qualifié les coupables de « criminels et de terroristes ».

Les attaquants « ont pensé qu'il était acceptable de verser le sang de musulmans et ils les massacrent quand ils sont vivants, alors comment pourraient-ils s'empêcher de les attaquer lorsqu'ils sont dans leurs tombes ? », a-t-il demandé.

Un crime contre l'islam et le Yémen

Le ministre adjoint au Tourisme, Abdoul-Jabbar Saeed, a qualifié pour Al-Mashareq l'attaque contre le tombeau et la mosquée de « crime contre la religion et le pays ».

C'est un crime contre l'islam, parce qu'il « a pris pour cible la tombe d'un érudit vertueux et une mosquée de Dieu », a-t-il indiqué, « et c'est un crime contre le pays, car il s'en est pris à un tombeau historique ».

Il a appelé les organisations internationales et de la société civile a s'opposer à la destruction et au vandalisme des sites islamiques au Yémen par les groupes armés extrémistes.

Akram al-Jawlahi, agent des médias du Conseil de promotion du tourisme a également appelé les organisations internationales à « adopter une position claire » contre les attaques sur le patrimoine yéménite et à le désigner comme étant en danger.

Il a appelé les belligérants au Yémen à mettre fin au conflit en cours, lequel a permis aux groupes extrémistes de s'étendre, et les a exhortés à mettre fin à toute intervention contre les sites historiques et archéologiques.

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1 COMMENTAIRE (S)

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En tant que citoyen yéménite, je rejette toute la barbarie qui est apportée au Yémen.

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