Sécurité

Les résidents de Bekaa coopèrent avec l'armée pour repousser l'EIIL

Nohad Topalian à Beyrouth

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Les résidents de la ville frontalière d'al-Qaa dans la vallée de Bekaa travaillent en collaboration avec les forces libanaises pour sécuriser leur ville contre l'infiltration de 'l'Etat Islamique en Irak et au Levant'. [Al-Shorfa]

Au lendemain d'une série d'attentat-suicides, les résidents des villes nord de la vallée de Bekaa à al-Qaa et Ras Baalbek travaillent avec les forces libanaises pour mettre en place de nouvelles mesures de sécurité.

Ces mesures, qui incluent les tâches de garde et de patrouilles civiles, surviennent suite à huit explosions qui avaient secoué al-Qaa le 27 juin, laissant cinq morts et plusieurs autres blessés.

Le ministre de l'intérieur Nohad al-Machnouq a déclaré que les attaquants étaient venus d'al-Raqqa, bastion syrien de « l'Etat Islamique en Irak et au Levant » (EIIL).

Les attaques ont poussé les résidents locaux à prendre les armes, organiser des patrouilles et monter la garde à travers la ville pour surveiller toute activité suspecte, et la ville voisine de Ras Baalbek a emboité le pas.

Le maire d'Al-Qaa Bachir Matar a indiqué à Al-Shorfa que les résidents ont « commencé à prendre une série de mesures afin de protéger la ville des actes terroristes et prévenir une répétition de ce qui s'est passé la semaine dernière ».

Cela implique aussi une augmentation du nombre de gardes surveillant les routes, a-t-il précisé.

« Nous ne permettrons à personne d'empiéter notre territoire », a-t-il dit. « Pour cela, nous gardons un œil vigilant sur la sécurité de notre ville et tous ses quartiers et maisons. »

« Nous coopérons avec les services officiels de sécurité », a-t-il ajouté. « Si nous suspectons quelqu'un, nous le signalons immédiatement à l'armée qui réagit sur le coup .»

Les nouvelles mesures de sécurité sont modestes, dit Matar, « car nous ne pouvons pas fournir la protection pour chaque maison et chaque quartier, mais elles réassurent les résidents que nous sommes vigilants ».

« Nous comptons sur l'application de mesures de sécurité officielles intensifiées dans la région », ajoute-t-il.

Sécurité renforcée à Ras Baalbek

A Ras Baalbek avoisinante, les résidents ont créé leurs propres comités de protection et de garde en réponse à la violence récente qu"a connue la ville d'al-Qaa.

De nouvelles mesures ont été mises en place au lendemain des attaques d'al-Qaa « et le choc qu'elles ont crée en termes de la façon utilisée par les terroristes pour entrer dans la ville et le nombre de victimes tuées », a dit Rifaat Nasrallah, le responsable chargé de la mission de garde.

« La manière dont les huit kamikazes se sont infiltrés dans la ville fut un signal pour les résidents pour ouvrir les yeux», a-t-il dit.

Les mesures spéciales sont appliquées en coordination avec les services de sécurité pour «renforcer notre posture de sécurité dans le but de prévenir une répétition de ce qui s'est passé à al-Qaa», ajoute-t-il. « La sécurité est notre choix, et aujourd'hui, nous la considérons une ligne rouge, puisque les résidents croient qu'ils sont menacés par le danger à tout moment. »

« Nous voulons rester dans nos maisons et sur nos terres, nous sommes alors contraints de prendre les armes tout en souhaitons que nous n'avions pas à le faire », a-t-il dit.

Al-Qaa revêt une importance stratégique

« La situation d'Al-Qaa est différente de toutes les autres zones frontalières car elle est située sur la frontière syrienne enflammée et à l'intersection entre les parties au conflit en Syrie », a indiqué le journaliste Pierre Atallah à Al-Shorfa.

Outre les combats entre le régime syrien et les factions modérées de l'opposition telles que l'Armée syrienne libre, a-t-il dit, il y a aussi des combats avec et entre les groupes extrémistes tels que l'EIIL et le front Al-Nosra (FAN).

En vertu de la présence de toutes ces parties, dit-il, al-Qaa a gagné une importance stratégique et nécessite « plusieurs couches de sécurité pour assurer la stabilité et la tranquillité de ses résidents, d'autant plus qu'elle est situé à six kilomètres seulement de la position la plus proche des terroristes de l'EIIL ».

Il a souligné le besoin de renforcer la présence de l'armée libanaise sur tous les fronts, avec le personnel et les armes.

L'équipement de surveillance sophistiqué et les dispositifs de vision nocturne sont particulièrement en demande pour repousser les tentatives d'infiltration de l'EIIL, a-t-il remarqué, vu l'étendue des zones surveillées par l'armée.

Atallah a précisé que l'armée a déployé la 8e brigade expérimentée en combats et le Régiment terrestre frontalier dans cette zone, en plus des unités de renfort d'artillerie qui possèdent une artillerie lourde à longue portée et de lance-roquettes lourdes.

Il a aussi remarqué que l'aide du Régiment Commando, qui est « capable de monter des embuscades et mener la surveillance de nuit et des raids », a-t-il dit.

Toutes les villes frontalières de la vallée de Bekaa ont maintenant une salle d'opérations liée à la salle centrale de commande des opérations de l'armée qui assure la coordination de la sécurité entre toutes les parties sous la supervision de l'armée, a-t-il précisé.

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