Économie |

2018-03-09

Le Liban à la recherche d'investissements du secteur privé dans les infrastructures


Le Premier ministre libanais Saad al-Hariri ouvre la conférence « Investir dans l'infrastructure au Liban » à Beyrouth, le mardi 6 mars. [Jounaid Salman/Beyrouth]
Le Premier ministre libanais Saad al-Hariri ouvre la conférence « Investir dans l'infrastructure au Liban » à Beyrouth, le mardi 6 mars. [Jounaid Salman/Beyrouth]

Le Premier ministre libanais Saad al-Hariri a ouvert mardi 6 mars à Beyrouth la conférence « Investir dans l'infrastructure au Liban », qui vise à tracer la voie à la reprise économique et à aider le Liban à regagner sa position économique et financière.

Cette conférence intervient en préparation à la conférence CEDRE pour soutenir le Liban, qui sera organisée à Paris le 6 avril.

Cette conférence de Beyrouth était destinée à renforcer le rôle du secteur privé, en ouvrant la voie à sa participation dans le financement de 40% des projets, conformément à la loi sur le Partenariat public-privé (PPP) de 2017, ont expliqué ses organisateurs.

Plus de 600 participants venus de 20 pays de la région et au-delà ont participé à cette conférence du 6 mars, représentant plus de 200 entreprises, banques, organisations économiques, fonds de développement et fonds d'investissement direct.

La communauté internationale devrait apporter son soutien au Programme d'investissement en capital sur dix ans du Liban à hauteur de 16 milliards de dollars lors de la conférence CEDRE.

Ce programme prévoit des investissements dans les secteurs de l'énergie, de l'eau, des transports, des télécommunications, des eaux usées et des déchets solides, plus de 40% de ces projets devant être financés par des investissements privés.

Il vise à améliorer les perspectives de l'économie du Liban et à mobiliser les investissements privés, des emplois et à stimuler la croissance.

Il permettra d'améliorer la compétitivité de l'économie, de stimuler les échanges et de développer les voies d'exportation entre le Liban et les marchés voisins.

Investissements du secteur privé

Le Liban est entré dans une nouvelle ère, marquée par l'implication du secteur privé dans la mise en œuvre des projets d'infrastructure, a expliqué al-Hariri.

« Le succès de la conférence CEDRE dépend principalement de l'intention sérieuse de la communauté internationale de se tenir aux côtés du Liban pour soutenir sa stabilité économique », a-t-il ajouté.

Il dépend également de « la volonté réelle de tous les partis politiques de poursuivre la réforme financière et d'exécuter les réformes sectorielles et structurelles qui renforceraient l'activité du secteur privé », a-t-il poursuivi.

Le Liban met en œuvre les réformes nécessaires pour encourager le secteur privé et permettre à l'État de mettre un terme à la gabegie financière et à la corruption, a-t-il déclaré.

Les projets abordés lors de cette conférence relèvent du champ d'application de la loi PPP de 2017, a expliqué Mohamed Choucair, président de la Fédération des chambres de commerce, d'industrie et d'agriculture du Liban.

« Ces projets comportent d'importantes dimensions pour le développement, qui sortiront l'économie libanaise de sa torpeur, stimuleront les taux de croissance, créeront des emplois et amélioreront les [infrastructures essentielles] », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

« Chaque milliard de dollars dépensé dans les investissements au Liban génère 1 % de croissance et crée environ 15 000 emplois », a-t-il ajouté.

Il est vital que les partis politiques libanais s'accordent sur les types de projets mis en avant, pour faciliter le travail et assurer le succès du programme, a poursuivi Choucair.

Des infrastructures bien développées

« Le Liban connaît une situation économique délicate, et il a donc un besoin urgent de ces projets d'infrastructures pour redémarrer et revigorer l'économie », a déclaré l'ancien ministre de l'Industrie Vrej Sabounjian.

« Des infrastructures bien développées sont essentielles pour garantir une abondance de projets, faciliter l'activité, attirer les investissements et créer des emplois pour aider au renouveau de l'économie libanaise », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

« Si tout se passe bien, les investissements [dans les infrastructures] revitaliseront l'économie du Liban, dont les infrastructures n'ont pas connu de développement depuis plus de 20 ans », a pour sa part déclaré l'économiste Kamel Wazne.

Le Liban a besoin d'investissements massifs dans les secteurs de base pour stimuler le taux de croissance, créer des emplois, et améliorer la qualité des services publics et la compétitivité de l'économie, a-t-il conclu.

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