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Économie |

Les projets « Cèdre » visent à créer des emplois pour les Libanais et les réfugiés syriens

Junaid Salman à Beyrouth

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Un agriculteur syrien travaille dans une ferme de Zahle, dans la vallée libanaise de la Bekaa. La législation libanaise permet d'employer des réfugiés syriens dans trois secteurs : les infrastructures, l'environnement et l'agriculture. [Junaid Salman/Al-Mashareq]

Le Liban a entamé les préparatifs à la mise en œuvre des projets approuvés lors de la conférence Cèdre d'avril 2018 à Paris, qui ont pour but de dynamiser son économie.

Lors de la conférence, les bailleurs de fonds internationaux se sont engagés à consentir des prêts bonifiés pour la création de projets d'investissement, pour une valeur totale de 11,8 milliards de dollars.

Le 18 février, le Premier ministre Saad al-Hariri a organisé une réunion consultative initiale avec des institutions financières donatrices arabes et internationales pour discuter des mesures nécessaires pour accélérer la mise en œuvre des décisions de la conférence.

Cette réunion a été suivie d'une visite au Liban de Pierre Duquesne, délégué interministériel français pour la région méditerranéenne, chargé du suivi de la mise en œuvre des résolutions de la conférence Cèdre.

« Le gouvernement libanais n'a pas le luxe du temps et doit agir rapidement », a déclaré Duquesne lors d'une conférence de presse le 1er mars.

Les projets approuvés par la conférence Cèdre, près de 250 au total, créeront des milliers d'emplois pour les jeunes Libanais et pourront également faire appel à la main-d'œuvre que représentent les réfugiés au Liban.

Ces projets contenaient des dispositions estimant les opportunités d'emploi que chacun d'entre eux apportera aux Libanais et aux réfugiés syriens.

« La législation libanaise autorise l'emploi de réfugiés syriens dans trois secteurs : les infrastructures, l'environnement et l'agriculture », a précisé Nadim al-Manla, conseiller aux affaires économiques d'al-Hariri, après la réunion du 18 février.

Création d'emplois

L'un des objectifs principaux de la conférence Cèdre est « la création d'emplois grâce aux projets d'investissement approuvés », a précisé Nasser Yassin, directeur de recherche à l'Institut Issam Fares de politique publique et d'affaires internationales, à Al-Mashareq.

« Ces projets nécessitent de la main-d'œuvre, et les réfugiés syriens en font bien sûr partie », a-t-il déclaré, ajoutant que le secteur des infrastructures constituait la majeure partie des projets d'investissement devant être mis en œuvre.

« Il est de notoriété publique que les travailleurs syriens constituent la majeure partie de la main-d'œuvre du secteur [libanais] de la construction, et les réfugiés peuvent donc bénéficier des opportunités qui seront proposées », a-t-il poursuivi.

Le travail sur les projets de la conférence Cèdre a débuté, et d'autres réunions seront organisées entre les institutions internationales, les institutions bancaires libanaises et les entreprises privées participant au financement des projets d'investissement approuvés, a fait savoir Maurice Matta, directeur du service économie au quotidien An-Nahar.

La première réunion a permis d'aborder chaque projet séparément et a tenté d'élaborer un plan de mise en œuvre, a-t-il indiqué, notant que les effets des projets sur le terrain ne seront visibles que dans un an ou plus.

Cependant, a ajouté Matta, « certains projets attireront par leur nature les travailleurs de la population réfugiée, comme les projets d'infrastructure ».

Les projets d'infrastructure mis en avant

« La plus grande partie des projets présentés dans le document soumis par le gouvernement libanais à la conférence Cèdre concernent les infrastructures », a indiqué l'économiste Jassim Ajaka.

Ceux-ci incluent des projets dans le secteur du transport (8,8 milliards de dollars), de l'eau (4,9 milliards de dollars), de l'assainissement (2,7 milliards de dollars), de l'électricité (5,6 milliards de dollars), des télécommunications (700 millions de dollars), du traitement des déchets (1,4 milliard de dollars), et de la culture, du tourisme et de l'industrie (1,2 milliard de dollars).

« La plupart des emplois qui seront créés conviennent aux réfugiés syriens et peuvent en attirer des milliers », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Mais l'objectif principal des investissements est de stimuler la croissance économique locale et de créer des emplois, a expliqué Ajaka.

« Le Premier ministre Saad al-Hariri a déclaré que les projets Cèdre créeront 900 000 emplois sur une période de dix ans », a-t-il poursuivi.

« La croissance économique ne peut qu'être stimulée par l'augmentation des revenus du plus grand nombre de ménages au Liban », a-t-il affirmé, ajoutant que les investissements ne peuvent être efficaces s'ils ne profitent pas aux ménages.

« Le Liban ne peut sortir [de sa crise économique] autrement qu'en obtenant les prêts et les subventions accordés par Cèdre », a déclaré l'économiste Kamel Wazne.

Il existe un consensus entre les partis politiques pour la mise en œuvre des mesures de Cèdre, qui permettront à terme le développement des infrastructures requises, contribueront à revitaliser le pays et stimuleront l'économie nationale, a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

L'avantage que ces prêts offrent, selon Wazne, est qu'ils seront dépensés dans des projets de développement, ce qui signifie « qu'ils constitueront des dépenses d'investissement, et non pas des dépenses courantes ou destinées à payer le service de la dette ».

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