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Politique |

2019-02-01

Le Liban annonce un nouveau gouvernement


Le Premier ministre désigné Saad al-Hariri s'adresse aux médias après avoir annoncé le nouveau cabinet, lors d'une conférence de presse organisée le 31 janvier au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth. [Anwar Amro/AFP]
Le Premier ministre désigné Saad al-Hariri s'adresse aux médias après avoir annoncé le nouveau cabinet, lors d'une conférence de presse organisée le 31 janvier au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth. [Anwar Amro/AFP]

Après huit mois d'impasse à cause de débats politiques, le Premier ministre désigné Saad al-Hariri a annoncé jeudi 31 janvier un nouveau gouvernement.

Les politiciens libanais avaient auparavant accusé le Hezbollah d'avoir bloqué la création d'un nouveau gouvernement en créant de toutes pièces une impasse, demandant que six législateurs sunnites du bloc du 8 mars soient représentés dans le futur cabinet.

Le nouveau cabinet, dévoilé lors d'une conférence de presse au palais présidentiel, comprend 30 ministres de clans politiques libanais rivaux.

La nouvelle formation comptera quatre femmes, y compris au sommet des ministres de l'Intérieur et de l'Énergie.

Des contacts de dernière minute et des réunions ont précédé l'annonce de cette création.

Certaines de ces réunions ont été annoncées, tandis que d'autres se sont tenues à huis clos, entre le palais Baabda, résidence officielle du président Michel Aoun, et Beït al-Wassat, la résidence d'al-Hariri.

Elles ont compris un appel entre al-Hariri et Samir Geagea, leader des Forces libanaises, pour discuter de la composition du gouvernement.

Nouvelle composition

Al-Hariri est arrivé jeudi au palais Baada et a remis à Aoun la composition du nouveau gouvernement. Berri est arrivé plus tard pour une rencontre tripartite, après laquelle le nouveau cabinet a été annoncé.

Une première lecture de la composition du nouveau gouvernement révèle qu'Aoun et le bloc Liban Fort ont reçu dix portefeuilles, dont celui du ministère des Affaires étrangères.

Une onzième place a été accordée à un législateur sunnite indépendant, lequel est censé être dans la partie d'Aoun, mais est en fait contrôlé par le Hezbollah.

Le Hezbollah et le Mouvement Amal ont reçu six portefeuilles, al-Hariri et le Courant du futur cinq, les Forces libanaises quatre, le Parti socialiste progressiste deux, et le Mouvement Marada un.

Un dernier portefeuille a été réservé pour un ministre indépendant, destiné à être partagé entre al-Hariri et le parti Azm du député et ancien Premier ministre Najib Mikati.

Le gouvernement longuement attendu sera confronté à un ensemble de difficultés politiques, économiques et financières.

« Il devra mettre en place les réformes convenues lors de la conférence Cèdre », a confirmé al-Hariri, suite à l'annonce du nouveau gouvernement, soulignant « l'importance de la coopération entre toutes les parties. »

Le président français a salué la formation du nouveau gouvernement.

« Le président Emmanuel Macron affirme à nouveau son engagement envers la souveraineté, la stabilité et la sécurité du Liban, soulignant l'importance de la politique de dissociation et la lutte contre le terrorisme », a fait savoir un communiqué du palais de l'Élysée.

L'annonce a soulagé

Les Libanais ont été soulagés par l'annonce du nouveau gouvernement. Un indicateur positif initial a été l'augmentation des obligations libanaises en dollars américains.

Tous les regards sont désormais tournés vers la déclaration ministérielle du nouveau gouvernement, compte tenu des divergences quant aux relations avec la Syrie et l'équation tripartite controversée du Hezbollah, « l'armée, le peuple et la résistance ».

« Notre position sur les armes du Hezbollah est une position de principe, et le concept de l'armée, du peuple et de la résistance n'a plus cours », a affirmé Geagea.

« Si les armes ne sont pas confinées au contrôle de l'État, et si les décisions militaires stratégiques et de sécurité ne reviennent pas à l'État, nous ne pourrons pas construire cet État. »

« La lecture initiale de la composition du nouveau gouvernement montre qu'il complète le précédent, avec seulement une légère différence dans la taille des [...] blocs », a déclaré à Al-Mashareq le politologue George Shahin.

« Les composants politiques essentiels restent les mêmes, mais l'un d'eux peut avoir perdu un portefeuille tandis qu'un autre en aura gagné un », a-t-il ajouté.

« Les défis que le gouvernement rencontrera sont les mêmes qu'il a hérité du précédent cabinet », a-t-il poursuivi.

« Certains des portefeuilles principaux restent entre les mêmes mains », a-t-il fait savoir, notant que le ministère des Finances est toujours contrôlé par Amal, le ministère de l'Intérieur est toujours aux mains du Courant du futur, et celui de la Défense entre celles du Courant patriotique libre.

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