Économie |

2018-08-08

La situation financière du Liban est positive malgré les difficultés, affirment des experts


La Banque centrale du Liban à Beyrouth a réussi à surmonter les défis liés aux turbulences de l'arène politique dans le pays. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]
La Banque centrale du Liban à Beyrouth a réussi à surmonter les défis liés aux turbulences de l'arène politique dans le pays. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

Le secteur bancaire du Liban et la monnaie locale affichent des signes de fermeté malgré les difficultés politiques et sécuritaires au niveau national et régional, et la Banque centrale maintient des réserves suffisantes d'avoirs étrangers, ont indiqué des experts à Al-Mashareq.

Les banques connaissent un taux de croissance de 5 à 6 %, ce qui a permis à leurs réserves de devises étrangères d'atteindre un total de 45 milliards de dollars.

La livre libanaise « a été grandement renforcée parce que les réserves en devises étrangères des banques ont augmenté en six mois, passant de 42 à 45 milliards de dollars », a expliqué à Al-Mashareq l'économiste Ghazi Wazni.

De plus, les obligations libellées en devises étrangères du Liban, qui s'élèvent à 4,5 milliards de dollars par an, sont couvertes pour 2018, a-t-il ajouté.

Le secteur bancaire a connu en 2018 une croissance comprise entre 5 % et 6 %, alors qu'elle n'était que de moins de 3 % en 2017, a précisé Wazni.

Les envois de fonds des Libanais expatriés ont également augmenté, passant de 7,5 à 8 milliards cette année à ce jour, a-t-il poursuivi.

La croissance atteinte par les banques « finance les besoins de l'État et de l'économie », a déclaré Wazni, ajoutant que la formation du gouvernement sera un catalyseur supplémentaire pour la stabilité et la reprise économique.

Le Liban n'a plus de gouvernement depuis la fin des élections législatives du pays le 6 mai, car les partis rivaux n'ont pas pu se mettre d'accord sur la formation du gouvernement, y compris la répartition des ministères.

« Main de fer »

La politique monétaire adoptée par la Banque centrale libanaise est basée sur l'acquisition de réserves d'avoirs étrangers et la garantie de la stabilité monétaire en termes de taux d'intérêt et de taux de change de la livre, a indiqué l'économiste Jassim Ajaka à Al-Mashareq.

En plus des 45 milliards de dollars en devises fortes, les réserves d'avoirs étrangers comprennent 12 milliards de dollars en or et 12 milliards en avoirs libellés en dollars américains auprès des banques libanaises à l'étranger, a-t-il ajouté.

« L'effondrement de la livre libanaise est techniquement impossible. »

Riad Salameh, gouverneur de la Banque centrale, « dirige le secteur bancaire d'une main de fer, et il ne permettra pas son effondrement », a affirmé Ajaka.

Mais il a prévenu que le retard de formation du gouvernement perturbe la mise en place des dispositions de la conférence CEDRE 1, « qui était la seule chance de salut de l'économie face à la récession et à l'état désastreux des finances publiques », a-t-il indiqué.

Le 6 avril, les bailleurs de fonds internationaux participant à la conférence CEDRE 1 ont promis 11 milliards de dollars en prêts à termes privilégiés et en dons visant à soutenir le plan d'investissement du Liban, à condition qu'il mette en œuvre une série de réformes.

Celles-ci incluent la réduction du déficit budgétaire, la lutte contre la corruption et contre le gaspillage dans le secteur public.

Impact des conflits régionaux

Le Liban « connaît une crise politique, pas une crise économique ou monétaire », a fait savoir Violette Ghazal al-Balaa, rédactrice en chef d'Arab Economic News.

« Depuis 2011, l'économie libanaise est impactée par la guerre en Syrie et ses répercussions au Liban, et l'économie est menacée par une série de facteurs non favorables à la croissance », a-t-elle déclaré à Al-Mashareq.

Mais malgré l'instabilité qui touche la région, le taux de croissance global du Liban au cours des cinq dernières années a été stable, entre 1 et 1,5 %, et il devrait même passer à 2 % cette année, a-t-elle indiqué.

Le secteur libanais de la production souffre cependant d'une crise que seule une « réelle stabilité interne » peut aider à résoudre, a-t-elle confié.

C'est pour cela que la formation d'un « gouvernement de consensus national capable de mettre en œuvre les dispositions de CEDRE 1 » apportera un soulagement économique et aidera à créer une croissance stable correspondant aux capacités du Liban, a-t-elle conclu.

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