L'économie libanaise est stable malgré les troubles politiques


Le président libanais Michel Aoun dirige une rencontre avec des responsables des finances le 6 novembre. [Photo fournie par Dalati et Nohra]

Le président libanais Michel Aoun dirige une rencontre avec des responsables des finances le 6 novembre. [Photo fournie par Dalati et Nohra]

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Bien que la récente démission du Premier ministre libanais Saad al-Hariri ait envoyé des ondes de choc dans toute la région et soulevé des interrogations sur son impact sur l'économie nationale, des experts indiquent à Al-Mashareq que le Liban peut relever le défi.

Al-Hariri a annoncé sa démission à la télévision saoudienne le 4 novembre, un an après un accord politique qui a fait de Michel Aoun le président et d'al-Hariri le Premier ministre.

Les marchés financiers au Liban sont surveillés de près en prévision des retombées de cette décision, mais des garanties données par le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salameh, et par des responsables gouvernementaux ont aidé à maintenir la stabilité.

En clôture d'une réunion le 6 novembre avec des responsables des finances, Aoun à indiqué que « la situation financière et monétaire du Liban est stable, et il n'y a pas d'activités de retrait inhabituelles ».

Le ministre des Finances Ali Hassan Khalil a affirmé à l'issue de cette réunion que l'économie du Liban est capable d'absorber les récents événements politiques, soulignant le fait que « la situation financière et monétaire est stable, malgré les défis actuels ».

Joseph Tarabay, président de l'Association des banques du Liban, a déclaré que les capacités du secteur bancaire libanais et de la Banque centrale ainsi que la gestion des finances du pays permettent de garder la situation stable.

Répercussions sociales

Il n'y a eu aucune répercussion négative consécutive à la démission d'al-Hariri sur le taux de change de la livre libanaise, a rapporté l'économiste Jassem Ajaka.

« Mais il y aura un certain niveau d'instabilité économique, financière, et bien sûr politique », a-t-il précisé à Al-Mashareq.

Les répercussions sociales sont liées à l'augmentation du salaire des fonctionnaires récemment approuvée, et à la préparation d'un plan pour répondre à la crise des réfugiés syriens, a-t-il poursuivi.

« Il n'y a aucun impact sur les citoyens à court terme, grâce à la stabilité de la devise libanaise et aux prix faibles du pétrole », a ajouté Ajaka.

Mais il y aura des répercussions pour l'État dans un avenir proche pour ce qui est de l'augmentation du coût des contrats d'assurance pour les titres libanais proposés à la bourse internationale, a-t-il déclaré.

« Cela signifie que les intérêts payés sur ceux-ci devront être relevés pour convaincre des investisseurs de les acheter, augmentant ainsi le service de la dette publique », a-t-il expliqué.

Ajaka a affirmé que toute baisse de la note de crédit attribuée au Liban par des agences internationales ferait beaucoup de mal en termes d'investissement.

Mais il a affirmé que « la Banque centrale et les banques commerciales sont capables de financer l'État libanais, car une fois combinées, elles disposent de près de 250 milliards de dollars en dépôts, actifs et réserves, soit cinq fois la taille de l'économie libanaise ».

« Les garanties ont apaisé les inquiétudes »

« La démission d'Al-Hariri s'est produite à la fin de la semaine, ce qui a donné aux banques et aux marchés financiers le temps de se préparer aux possibles réactions auxquelles elles pourraient être confrontées », a expliqué Antoine Farah, rédacteur économique du journal al-Joumhouriya.

Cela inclut les gens se précipitant dans les banques pour changer leurs dépôts et leurs économies en dollars, augmentant ainsi la pression sur la monnaie libanaise, a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Les garanties données par les autorités financières ont apaisé les inquiétudes des gens, a-t-il affirmé.

« La démission d'Al-Hariri ne chamboulera pas la situation financière et économique du jour au lendemain, parce que la Banque centrale dispose d'énormes réserves monétaires qui peuvent être utilisées pour défendre la livre libanaise », a indiqué Farah.

Au cours des dix dernières années, a-t-il poursuivi, le Liban a surmonté la démission d'un gouvernement et le manque de président, des problèmes de sécurité, des opérations militaires et l'assassinat de figures du monde de la politique et de la sécurité.

La livre libanaise a réussi à maintenir sa stabilité à travers ces turbulences, a-t-il souligné, insistant sur le besoin de garder confiance dans le système financier libanais.

« Si les événements qui ont frappé le Liban n'ont pas encore réussi à saper la stabilité monétaire, ils ont en revanche contribué à affaiblir les conditions économiques et financières », a-t-il rapporté.

La faiblesse de l'économie ne signifie pas qu'elle est sur le point de s'écrouler, a-t-il ajouté, bien qu'elle pourrait avoir un impact sur le taux de change de la livre libanaise et le pouvoir d'achat des Libanais.

Les entreprises attendent de la clarté

« La scène reste trouble », a rapporté à Al-Mashareq Fouad Zmokhol, président du Rassemblement de dirigeants et chefs d'entreprise libanais dans le monde (RDCL Monde).

Des investissements directs et à court terme sont actuellement en attente, a-t-il indiqué, car le problème est politique et a également des implications régionales.

« Les chefs d'entreprise au Liban attendent les décisions des leaders politiques du pays pour y voir plus clair », a-t-il indiqué, ajoutant que « ce n'est pas la première fois que le Liban connaît une crise ».

Il a ajouté que le Liban a déjà connu « toutes sortes de crises politiques, économiques et de sécurité ».

Lors d'une réunion le 8 novembre avec Aoun, le directeur régional de la Banque mondiale Saroj Kumar Jha a affirmé que la banque continuera à apporter son soutien au Liban dans tous les domaines et qu'elle s'engage à poursuivre le travail avec son gouvernement.

Kamar Jha a déclaré que la Banque mondiale « travaille sur une série de nouveaux projets pour aider la réforme dans plusieurs secteurs, y compris des réformes intelligentes dans le développement de l'infrastructure et le secteur de l'eau au Liban ».

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