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Élections |

2018-05-07

Faible participation aux élections législatives au Liban


Des responsables libanais procèdent au comptage des bulletins le 6 mai dans un bureau de vote de Beyrouth à l'issue de la fermeture des bureaux, lors des premières élections législatives organisées dans le pays en neuf ans. [Anwar Amro/AFP]
Des responsables libanais procèdent au comptage des bulletins le 6 mai dans un bureau de vote de Beyrouth à l'issue de la fermeture des bureaux, lors des premières élections législatives organisées dans le pays en neuf ans. [Anwar Amro/AFP]

Les urnes des élections législatives du Liban ont été fermées dimanche 6 mai, avec une participation inférieure à la moitié du nombre d'électeurs inscrits.

Dans l'ensemble du pays, la participation s'est établie à 49,2 %, a détaillé le ministre de l'Intérieur Nohad al-Machnouk, critiquant ceux qui ne se sont pas déplacés pour voter lors d'une conférence de presse organisée pratiquement à minuit, à l'issue d'une longue journée.

« Les citoyens qui ne sont pas rendus aux urnes ne pourront pas se plaindre de ce qui se passera à l'avenir », a-t-il déclaré. « Ils avaient l'occasion d'exprimer leur vote, mais ils ne l'ont pas saisie. »


Un Libanais insère son bulletin dans l'urne lors des premières élections législatives depuis neuf ans, dans la ville côtière de Byblos, le 6 mai. [Joseph Eid/AFP]
Un Libanais insère son bulletin dans l'urne lors des premières élections législatives depuis neuf ans, dans la ville côtière de Byblos, le 6 mai. [Joseph Eid/AFP]

Ce faible taux de participation a été enregistré alors même que l'on assistait à un afflux de nouveaux électeurs, qui avaient obtenu le droit de vote par leur âge ou en vertu du nouveau code électoral.

« Les complexités administratives de ce nouveau code se sont reflétées dans le grand nombre d'appels reçus au centre des opérations, avec 7 000 demandes concernant des problèmes et des détails, et 90 messages concernant des problèmes de sécurité », a expliqué al-Machnouk.

« En 2009, nous avions reçu un total de 4 500 appels. »

Plusieurs problèmes administratifs ont été enregistrés lors de ces élections, les premières depuis 2009, et le vote a dû être interrompu dans certains bureaux, notamment Choueifat, bien que l'on ait constaté au total peu de fraudes et aucun incident majeur.

« Il s'agit d'un nouveau code, et les électeurs ne le connaissaient pas encore bien, pas plus que les présidents des bureaux de vote », a poursuivi al-Machnouk. « Les opérations de vote ont été très lentes. »

Les résultats officiels seront connus lundi

Les résultats officiels du scrutin devaient être connus lundi vers midi.

Une lecture préliminaire montre toutefois que l'alliance entre le Parti socialiste progressiste (PSP) et les Forces libanaises est arrivée en tête dans certaines circonscriptions, tandis que le Mouvement patriotique libre (MPL) s'est implanté dans de nouvelles circonscriptions, notamment Batroun, Akkar, Zahle et la 1e circonscription de Beyrouth.

Mais le MPL a perdu du terrain dans certaines autres, par exemple Keserouan, Jbeil, Baabda et Jezzine, remportée par le président du parlement Nabih Berri, qui a pu récupérer le siège qu'il avait perdu en 2009.

Le Hezbollah et Amal ont remporté l'ensemble des 27 sièges chiites, notamment à Beyrouth, dans le sud, dans la vallée de la Bekaa et à Zahlé.

Les Forces libanaises ont toutefois remporté le siège maronite de Baalbek-Hermel, tandis que le Courant du futur a décroché le siège sunnite dans cette circonscription.

Dans la 2e circonscription de Beyrouth, le Courant du futur de Saad al-Hariri a perdu un siège sunnite et un siège chiite. Sa représentation a également baissé à Tripoli, à Sidon et dans la Bekaa-Ouest.

Dans la 1e circonscription de Beyrouth, les candidats indépendants issus des mouvements de la société civile ont réussi à empiéter sur les listes rivales.

Premières élections depuis 2009

Il s'agissait des premières élections législatives au Liban depuis 2009.

Elles ont été organisées dans quinze circonscriptions. Selon les listes électorales, le nombre total d'électeurs inscrits dans l'ensemble des circonscriptions était de 3,7 millions.

Les 77 listes alignaient 597 candidats, dont 86 femmes.

Selon les observateurs de ces élections et la nouvelle loi électorale à la proportionnelle basée sur listes, ce scrutin a montré la taille réelle des blocs, dont certains avaient été gonflés et d'autres minimisés selon l'ancien code électoral.

Une ironie électorale est que de nombreux partis se sont alliés dans certaines circonscriptions et se sont affrontés dans d'autres.

Ainsi, le MFP s'est-il allié au Courant du futur à Batroun, Koura, Zahlé et dans la 11e circonscription de Beyrouth, mais s'est opposé à lui à Sidon-Zahrani, dans la 2e de Beyrouth et à Akkar.

Le MFP s'est également allié au Hezbollah et à Amal dans la 2e circonscription de Beyrouth et dans la Bekaa-Ouest, mais les a affrontés à Jezzine-Sidon, Zahrani-Tyr, Marjayoun-Hasbaya et Jbeil.

« Rendre l'espoir possible »

En dépit de cette participation décevante, le nouveau code électoral, qui permet à des petits partis de se présenter, a permis à une liste de la société civile de faire son entrée au parlement.

Au moins l'une des deux femmes du mouvement devrait entrer au parlement, où celui-ci a promis d'étendre sa fougueuse campagne contre les dynasties politiques qu'elles accusent d'être incompétentes, égoïstes et corrompues, a fait savoir l'AFP.

Alexandre Salha, bénévole âgé de 30 ans sur la liste de la société civile « Kulluna Watani », a retrouvé d'autres militants de son parti dans un café de Beyrouth à l'issue du scrutin, et expliqué que le plus important était d'avoir mis un pied dans la porte.

« Nous attendons désormais 2022 avec impatience, et nous sommes convaincus que le changement est en marche. Si nous avons un ou deux députés aujourd'hui, nous espérons en avoir dix dans quatre ans. Nous avons rendu l'espoir possible », a-t-il conclu.

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1 COMMENTAIRE (S)

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جميل القادري | 2018-05-20

C'est une loi électorale inappropriée. Elle est sectaire par excellence.

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